Depuis quelque temps, vous avez parfois des pertes d’équilibre chez vous. Vous vous rattrapez et n’êtes jamais tombée, mais à votre âge, cela vous inquiète. Simple fatigue, problème neurologique ? L’équilibre est un état éminemment complexe, qui tient à la bonne coordination de nos muscles, de nos os, de nos articulations et de notre système nerveux. Découvrez dans cet article les causes possibles des troubles de l’équilibre, les symptômes qui doivent réellement vous alerter, et les solutions pour y remédier.
Qu’appelle-t-on une perte d’équilibre ?
On parle de perte d’équilibre lorsqu’une personne éprouve de l’instabilité, des difficultés à se tenir droit, à marcher sans basculer ou un certain désarroi dans la posture. Ce phénomène touche particulièrement les personnes âgées. Augmentant le risque de chute, il doit être rapidement diagnostiqué et traité.
Ce trouble peut se manifester par :
- Un sentiment de tanguer,
- L’impression que le sol bouge,
- Une difficulté à se redresser,
- Une coordination moins précise,
- La peur de tomber.
Par ailleurs, il est à distinguer du déséquilibre ponctuel, qui dans la plupart des cas n’est lié à aucune pathologie, et du trouble de l’équilibre persistant, qui mérite une évaluation médicale.
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Perte d’équilibre avec ou sans vertige : quelle différence ?
L’association ou non de vertiges à la sensation de perte d’équilibre est un élément de diagnostic important, qui permet de mieux comprendre l’origine possible des troubles.
Vertige : une sensation de rotation
Le vertige se traduit par un sentiment de mouvement alors que l’on est immobile. Le senior a l’impression que son environnement se met à bouger ou qu’elle subit un déplacement d’elle-même dans l’espace.
Le mouvement ressenti est souvent circulaire (l’impression de tourner), vertical (sensation d’être dans un ascenseur), ou s’apparente à un balancement voire à une chute.

Les causes les plus fréquentes des vertiges
Trois maladies expliquent plus de la moitié des cas de vertiges :
- Les vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB). Déclenchés par les changements de position de la tête, ils durent moins de 30 secondes et se répètent souvent. Liés à un dépôt de petits cristaux dans l’oreille interne, ils peuvent être traités par quelques séances de manœuvres thérapeutiques.
- La névrite vestibulaire est une atteinte le plus souvent virale du nerf vestibulaire qui transmet l’information de mouvement jusque dans les centres nerveux correspondants. Cette maladie provoque une seule crise de vertige, qui dure plusieurs jours et est très invalidante : nausées, vomissements, anxiété. Des médicaments permettent de soulager les patients.
- Des crises de longs vertiges rotatoires de 20 minutes à 1 heure sont caractéristiques de la maladie de Ménière. Évolutive, elle peut entraîner des troubles de l’équilibre permanents et une surdité.
Les causes plus rares des vertiges
Beaucoup moins fréquemment, certaines pathologies peuvent également être à l’origine d’une sensation de vertige : otite chronique, intoxication, migraine vestibulaire, atteinte du nerf de l’audition.
Enfin, un traumatisme crânien ou, très rarement, un AVC peuvent également être responsables de vertiges.
Perte d’équilibre sans vertige
Le vertige n’est pas systématiquement à l’origine d’un trouble de l’équilibre. Les personnes âgées en particulier peuvent ressentir des perturbations liées à :
- Une sensation d’instabilité,
- Une faiblesse musculaire, en particulier des muscles des jambes,
- Un manque de coordination,
- Un déséquilibre postural.
Dans ce cas, le senior ne ressent pas d’effet de rotation ou de chute, mais se sent en permanence « mal assuré ». De nombreuses causes peuvent expliquer ces symptômes :
- Des troubles musculaires qui peuvent être liés à une fonte naturelle des muscles lorsqu’on vieillit, ou à des problèmes rencontrés par le système nerveux ;
- Des troubles neurologiques ;
- Une fatigue importante, dont la cause doit être recherchée ;
- Les effets secondaires de médicaments ;
- Des troubles de la vue ;
- Ou encore des troubles de l’oreille interne.
Ainsi, l’absence de vertige ne signifie pas que le problème est bénin, bien au contraire. C’est pourquoi il est important de voir un médecin en cas de répétition de la sensation de perte d’équilibre.
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Perte d’équilibre en marchant : les causes fréquentes
La perte d’équilibre en marchant est l’une des situations les plus fréquentes, notamment chez les seniors. Il existe trois grands types de causes pouvant provoquer des troubles de l’équilibre en marchant.
Des causes musculaires et articulaires
Avec l’âge, on observe une diminution progressive de la masse musculaire, conduisant à une perte de force, ainsi qu’à une plus grande raideur articulaire. Ces éléments peuvent entraîner des troubles de la marche et une mauvaise adaptation aux obstacles.
La pratique d’un exercice physique adapté à l’état de santé de la personne âgée est un moyen simple de renforcer la masse musculaire et de retrouver une certaine force.
Des causes neurologiques
Les premières manifestations de certaines maladies neurologiques peuvent provoquer :
- Une rigidité articulaire,
- Un ralentissement de tous les mouvements,
- Des défauts de coordination,
- Une difficulté à initier le mouvement.
On parle alors de trouble de l’équilibre neurologique, qui nécessite un avis spécialisé.
La maladie de Parkinson et la sclérose en plaques provoquent ainsi souvent des pertes d’équilibre.
Des problèmes de coordination
Le cerveau, les nerfs et les muscles doivent travailler ensemble pour conserver de façon permanente un équilibre. La transmission peut être perturbée par une pathologie ou un accident comme :
- Un traumatisme crânien ;
- Un AVC ;
- Une tumeur ou un kyste sur le cervelet ;
- Une infection virale (Epstein-Barr, varicelle…) ;
- Une maladie génétique (ataxie de Friedrich).
Lorsque cela advient, la personne concernée risque de souffrir d’ataxie, qui produit un manque de coordination, et altère l’équilibre de la marche.
La perte d’équilibre en marchant n’est jamais anodine si elle est répétée. Elle augmente fortement le risque de chute, surtout chez le senior, dont les conséquences peuvent être délétères.
Perte d’équilibre debout ou en se levant
Avoir la tête qui tourne en se levant brusquement est une sensation que tout le monde a sans doute déjà rencontrée. Cependant, ce phénomène peut alerter sur des troubles circulatoires ou des effets secondaires de médicaments. Identifier rapidement la cause aide à prévenir les chutes et à adapter le quotidien.
L’hypotension orthostatique
Touchant particulièrement les personnes âgées, le phénomène se produit lors du passage de la position couchée à la position assise ou de la position assise à la position debout.
- La tension chute durablement,
- Le cerveau est brièvement moins irrigué, le temps que le sang y afflue de nouveau
- Ce qui provoque un étourdissement, une faiblesse, voire un flou visuel, mais également une difficulté à réfléchir, des douleurs dans le cou et les épaules.
Si ce désagrément n’est pas grave en soi, il peut aboutir à des complications dangereuses pour la santé :
- Des chutes après syncopes,
- L’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires.
La déshydratation
La déshydratation est une cause importante d’hypotension orthostatique chez la personne âgée. Celle-ci ressent moins la soif, et a également moins d’appétit.
Le risque de troubles liés à ce phénomène s’accroît si le senior a de la fièvre, s’il est exposé durablement à la chaleur — par exemple à des épisodes de canicule — ou lors de maladie gastro-intestinale.
Les effets secondaires de médicaments
C’est la cause la plus fréquente d’hypotension orthostatique. Les personnes âgées sont en moyenne plus médicamentées que les jeunes. Or de nombreux médicaments peuvent produire des effets conduisant à des troubles de l’équilibre :
- les diurétiques,
- certains traitements de l’hypertension artérielle,
- certains antidépresseurs,
- des antidouleurs,
- des neuroleptiques,
- des chimiothérapies.
L’apparition de symptômes liés à l’équilibre nécessite de prévenir son médecin et, souvent, d’interrompre le traitement.
Des troubles circulatoires
L’insuffisance veineuse touche particulièrement les personnes de plus de 60 ans. Dans cette maladie, les veines des jambes perdent une partie de leur capacité d’assurer un retour sanguin efficace vers le cœur. Le résultat est une accumulation de sang dans les membres inférieurs, qui peut produire des pertes d’équilibre et des étourdissements.
Un dysfonctionnement du système nerveux autonome
De nombreuses maladies neurogènes, comme la maladie de Parkinson ou la maladie à corps de Lewy peuvent également provoquer ces troubles de l’équilibre : ces maladies limitent ou bloquent l’augmentation du rythme cardiaque lors d’un mouvement et placent les personnes en hypotension.
Perte d’équilibre en position assise : est-ce normal ?
Une perte d’équilibre assis est plus rare et reste préoccupante. La personne est dans une situation calme, de repos, sur une chaise ou un fauteuil, et a néanmoins l’impression qu’elle pourrait tomber. Elle peut être liée à :
- Des troubles du système nerveux. Ceux-ci peuvent affecter la capacité à maintenir une posture stable, même assise. C’est un signal d’alerte s’il est répété.
- Des troubles posturaux. Associés à un affaissement musculaire ou à des douleurs dorsales, ils peuvent perturber l’équilibre.
- Une fatigue extrême. Ce phénomène n’est pas rare chez les seniors et peut entraîner une difficulté à rester stable, même assis.
Une perte d’équilibre en position assise n’est pas à banaliser. Elle doit amener à prendre rendez-vous avec un médecin.

Perte d’équilibre et fatigue : quel lien ?
La fatigue est souvent sous-estimée pour expliquer une perte d’équilibre, notamment chez les seniors. Or, le corps d’une personne âgée peut être sujet à :
- Une fatigue musculaire. La diminution de la masse musculaire avec l’âge associée à un manque d’exercice pour l’entretenir produit une perte de tonicité et une moindre aptitude des muscles à assurer le maintien debout. Cela peut conduire à une perte d’équilibre en mouvement, des troubles de la marche, et parfois des chutes.
- Une fatigue mentale. Les seniors, surtout lorsqu’ils vivent seuls, sont sujets à des épisodes de stress ou d’anxiété qui s’ajoutent à des troubles du sommeil fréquents. Ces facteurs sont susceptibles de submerger le cerveau. Celui-ci peut mal interpréter certaines informations et causer des troubles de la concentration, augmentant le risque de chutes.
Jambes faibles et perte d’équilibre : que faut-il comprendre ?
Chez les personnes âgées, les troubles de l’équilibre sont souvent associés à une sensation de « jambes faibles ». Celle-ci peut être d’origine naturelle, mais également la conséquence d’une maladie.
La perte de force musculaire liée à l’âge
Après 50 ans, on observe une diminution progressive de la masse musculaire, qui peut devenir invalidante chez les personnes âgées. Ce phénomène naturel de sarcopénie conduit logiquement à une baisse de la puissance du corps. Si celle-ci n’est pas compensée par des exercices physiques réguliers, elle peut conduire à un amoindrissement de la force dans les jambes.
Résultat : une marche plus hésitante, et des troubles de l’équilibre.
L’immobilisation prolongée
Les seniors peuvent être immobilisés un certain temps pour une hospitalisation ou une maladie. Rester longtemps allongé sans bouger a pour conséquence une perte rapide de masse musculaire, en particulier dans les jambes.
Une fois rétablis, s’ils ne pratiquent pas de rééducation, ils risquent d’avoir des difficultés à se tenir debout, et de subir des pertes d’équilibre.
Des maladies chroniques
Certaines maladies favorisent la faiblesse des jambes :
- Le diabète peut provoquer une polyneuropathie diabétique, endommageant les nerfs qui se situent dans les jambes ;
- Des maladies cardiovasculaires associées à une insuffisance veineuse ;
- La maladie de Parkinson et d’autres pathologies neurologiques.
Perte d’équilibre et neurologie : quand consulter ?
Si la grande majorité des troubles de l’équilibre ont pour origine des problèmes musculaires, des causes liées à l’âge ou des vertiges provoqués par des dysfonctionnements dans l’oreille interne, les pertes d’équilibre peuvent, dans certains cas, être un signe de pathologie neurologique.
Quelles atteintes neurologiques ?
On peut observer des pertes d’équilibre en cas de :
- Accident vasculaire cérébral,
- Maladies neurodégénératives (Alzheimer et maladies apparentées),
- Des ataxies ou syndromes cérébelleux,
- Des neuropathies périphériques (polynévrites) qui peuvent attaquer certains nerfs dans les jambes.
Les signaux d’alerte
Il faut consulter en urgence si la perte d’équilibre est associée à :
- Une paralysie,
- Une confusion mentale,
- Une difficulté à parler,
- Une vision double,
- Une perte de coordination.
Quels traitements en cas de perte d’équilibre ?
On l’a vu, les troubles de l’équilibre peuvent avoir des explications très différentes. Il n’existe donc pas de solution universelle. Il faut en premier lieu identifier la cause de cette perte d’équilibre, avant d’envisager une prise en charge.
La rééducation vestibulaire
Si la cause est liée à l’oreille interne ou au système vestibulaire, une kinésithérapie vestibulaire peut être proposée.
Elle vise à :
- Rééduquer l’équilibre,
- Habituer le cerveau aux mouvements,
- Réduire les vertiges positionnels.
Une prise en charge médicale
Selon la cause des troubles, le médecin peut proposer :
- Un ajustement de médication (par exemple si les pertes d’équilibre sont liées à la prise d’un médicament),
- Un traitement de la tension (dans les cas d’hypotension orthostatique),
- Un suivi neurologique si les troubles de l’équilibre sont associés à une pathologie neurologique.
L’adaptation du quotidien de la personne âgée
Hormis ces prises en charge, il est toujours important de veiller à ce que l’environnement soit le plus sûr possible. Il est ainsi conseillé d’aménager son logement pour prévenir les chutes :
- Retirer les tapis,
- Améliorer l’éclairage,
- Fixer des barres d’appui,
- Installer une douche à l’italienne…
De même, afin de lutter contre la sarcopénie, la personne âgée peut pratiquer des exercices physiques régulièrement, ou, au grand âge, travailler avec un kinésithérapeute. Cela permet :
- De renforcer ses jambes,
- D’améliorer la posture,
- De travailler la coordination.
Quand faut-il consulter pour une perte d’équilibre ?
Pour résumer, il ne faut jamais hésiter à voir son médecin. Lorsqu’une personne âgée commence à ressentir des troubles de l’équilibre répétés, il est impératif qu’elle en parle à son généraliste.
Il faut ensuite consulter de nouveau dans l’urgence si :
- Les troubles de l’équilibre s’aggravent,
- La personne a chuté,
- Ces troubles sont associés à des vertiges, des nausées, des vomissements,
- La perte d’équilibre s’accompagne de troubles de la parole, de la vue ou de la mémoire.
FAQ : perte d’équilibre
Qu’est-ce qu’une perte d’équilibre ?
Cela se manifeste par une instabilité, une désorientation ou une incapacité à maintenir une posture stable.
Peut-on perdre l’équilibre sans vertige ?
Oui, c’est fréquent. L’absence de vertige n’exclut pas un problème.
La fatigue peut-elle provoquer une perte d’équilibre ?
Oui, la fatigue musculaire ou nerveuse est une cause fréquente, surtout chez les seniors.
Pourquoi a-t-on les jambes faibles ?
À cause de la fonte musculaire liée à l’âge, de maladies chroniques ou d’une immobilisation prolongée.
Une perte d’équilibre est-elle forcément neurologique ?
Non, la majorité des cas ne sont pas neurologiques, mais un avis médical est important.
Existe-t-il un traitement ?
Oui, mais il dépend toujours de la cause : rééducation, adaptation, traitement médical.
Faut-il consulter rapidement ?
Oui, surtout si la perte d’équilibre est répétée, brutale ou associée à d’autres symptômes.
Est-ce fréquent chez les personnes âgées ?
Oui, les troubles de l’équilibre touchent de nombreux seniors, mais ils ne doivent jamais être banalisés.


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