Votre mère est hébergée dans un EHPAD proche de chez vous depuis bientôt trois ans. À l’époque, le choix avait été difficile : vous aviez opté pour une maison de retraite un peu chère, mais adaptée à ses besoins. Mais cette année, entre la hausse des tarifs et la très faible réévaluation de sa pension, sa place en maison de retraite devient trop chère pour ses moyens. Que faire ? Vous trouverez ici des solutions pour garantir à votre mère une prise en charge digne et confortable en EHPAD.
Pourquoi une maison de retraite devient « trop chère » pour les familles ?
Même si le tarif paraît correct, une maison de retraite peut vite devenir trop chère. Souvent, le problème vient d’un écart entre ressources et dépenses.
Écart entre retraite et reste à charge réel
Souvent, la pension de retraite ne suffit pas à couvrir le tarif de l’hébergement. À cela s’ajoute le tarif dépendance, lié au niveau d’autonomie (GIR). Même avec l’APA, le reste à charge peut atteindre plusieurs centaines ou milliers d’euros.
Ainsi, lorsque la personne âgée accueillie dispose de peu de ressources, la maison de retraite peut devenir un poste de dépense insoutenable.
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Augmentation progressive des frais
Quand l’autonomie diminue, les besoins augmentent : aide humaine, soins supplémentaires, et parfois équipements spécifiques. Le tarif dépendance, calculé selon le niveau GIR, peut fortement évoluer : passer de GIR 3/4 à GIR 1/2 entraîne une hausse d’environ 60 %, soit plus de 300 € par mois. Ce coût devient difficile à assumer pour beaucoup de familles.
De plus, les structures pour personnes âgées proposent des services en option ; blanchisserie, WIFI et télévision, options de repas, certaines activités…, qui viennent alourdir la facture. Si les tarifs de dépendance et d’hébergement sont généralement encadrés et augmentent peu, les prix des options restent libres et peuvent varier fortement.
Quand la famille commence à compléter tous les mois
Si la personne ne peut plus payer seule son hébergement, la famille intervient souvent. Cette aide peut poser problème si elle dure longtemps.
L’obligation alimentaire, prévue par le Code civil, n’impose pas un financement illimité. Pour certaines familles, elle n’est tout simplement pas viable.
Ajuster le projet EHPAD avant d’abandonner
Avant de quitter l’EHPAD, certains ajustements peuvent rendre le séjour plus abordable et durable.
Changer de statut : public, associatif ou privé
Tous les établissements n’appliquent pas les mêmes tarifs.
Les maisons de retraite publiques ou associatives proposent souvent un tarif hébergement plus accessible que certains groupes privés. En moyenne, en 2026 :
- le coût d’un EHPAD public est estimé entre 1 800 € et 2 000 €,
- celui d’un EHPAD privé serait de l’ordre de plus de 3 000 €, soit un écart de 50 % ou plus.
Comparer les maisons de retraite permet souvent de réduire significativement le coût sans dégrader la qualité de la prise en charge.
Accepter une chambre double ou un établissement moins central
Deux autres éléments peuvent sensiblement diminuer les prix :
- La chambre : les chambres individuelles sont souvent optionnelles, et font l’objet d’un supplément. Si partager son environnement avec un autre résident ne lui est pas désagréable, la chambre double est une solution financièrement efficace ;
- La localisation de l’EHPAD : choisir un établissement un peu moins facile d’accès, plus éloigné d’un grand centre urbain, peut également aboutir à une différence significative du tarif hébergement.

Réévaluer les options et services facturés
Faire des économies sur certains services dits de confort permet aussi d’alléger la facture :
- Passez en revue les services facturés dans l’établissement.
- Supprimez ou réduisez les options de confort non indispensables.
Les alternatives à l’EHPAD quand le budget ne suit plus
Lorsque l’EHPAD reste trop cher, il existe des alternatives à la maison de retraite.
Maintien à domicile renforcé
Maintenir ou faire revenir une personne âgée à son domicile peut être une solution adaptée. L’APA à domicile permet de financer un plan personnalisé, incluant une aide humaine quotidienne et les aménagements nécessaires du logement. Pour les personnes aux revenus modestes, cette allocation peut couvrir l’ensemble du plan.
Attention : le maintien à domicile est pertinent pour une personne âgée en perte d’autonomie modérée. Cette solution n’est pas indiquée pour les personnes en GIR 2 ou en GIR 1.
Accueil de jour pour réduire les coûts tout en soulageant l’aidant
L’accueil de jour permet à la personne âgée de bénéficier d’activités et d’une prise en charge en journée tout en revenant à domicile le soir. Cela réduit le coût par rapport à un hébergement complet et soutient l’aidant dans la durée.
Hébergement temporaire ou séquentiel
Le senior vit à son domicile avec des aides et une présence régulière de ses proches, et peut emménager provisoirement dans un EHPAD, jusqu’à trois mois dans l’année. Cela donne du repos aux aidants et permet au senior de bénéficier régulièrement d’un accompagnement professionnel adapté à son état.
Solutions spécifiques quand les ressources de la personne sont limitées
Si la personne âgée a peu de ressources, des aides sociales peuvent permettre de couvrir les frais.
L’APL
Il est indispensable de se renseigner sur l’éligibilité de la personne âgée à une aide au logement. L’aide personnalisée au logement (APL) est compatible avec un séjour en EHPAD si :
- L’EHPAD est conventionné,
- La personne a des revenus modestes.
L’APL peut couvrir une partie des frais d’hébergement.
Aide sociale à l’hébergement (ASH) : conditions et limites
L’ASH finance une partie du coût de la maison de retraite pour les personnes âgées aux moyens limités. Elle est attribuée par le conseil départemental, sous conditions de ressources.
L’ASH n’est accordée que dans des établissements habilités à l’aide sociale. Les maisons de retraite publiques sont très majoritairement dans ce cas, de même que certaines structures associatives.
Cette aide complète les autres financements (APA, APL…) et ce que peut payer le résident ou sa famille.
Rôle et participation éventuelle des obligés
Si la personne âgée ne veut pas payer, les enfants peuvent être sollicités au titre de l’obligation alimentaire.
Cette contribution est encadrée par le Code civil et tient compte des capacités financières de chacun. En cas de désaccord, le juge des affaires familiales peut être saisi pour fixer la participation.
Quand aucune alternative ne suffit : comment éviter l’urgence ?
Il arrive qu’aucune alternative à la maison de retraite ne soit pleinement satisfaisante, notamment en cas de perte d’autonomie sévère. Dans ces situations, l’enjeu est d’éviter une rupture brutale de prise en charge.
Anticiper avant la rupture financière
Dès que le coût de l’EHPAD approche le budget disponible, agissez vite. Les besoins peuvent augmenter et les imprévus réduire encore les ressources.
- Rechercher et comparer les solutions éventuelles
- Ajuster le projet actuel
- Solliciter les aides financières, APA, APL et autres aides sociales
Se faire accompagner dans la recherche de solutions
Les assistantes sociales, le conseil départemental, les CCAS, les associations d’aidants peuvent conseiller et orienter vers des aides financières, et aider à monter les dossiers. Ce soutien permet souvent de trouver une solution sans renoncer à l’EHPAD.
Ne pas attendre l’impayé ou la crise familiale
Se trouver en situation d’impayé sans l’avoir anticipé risque :
- De stresser énormément la personne âgée,
- D’aboutir à des solutions insatisfaisantes prises dans l’urgence,
- De créer une crise familiale : qui doit ou peut aider la personne hébergée ?
D’où l’intérêt évident de réfléchir en amont aux solutions éventuelles.
FAQ
Que faire quand une maison de retraite est trop chère ?
Comparer d’autres établissements, évaluer les aides financières, et envisager des alternatives à l’EHPAD : maintien à domicile renforcé, accueil de jour, hébergement temporaire.
Existe-t-il des alternatives à l’EHPAD moins coûteuses ?
Oui, avec des limites. Maintien à domicile, accueil de jour ou hébergement temporaire réduisent les coûts, mais ne conviennent pas à tous les niveaux de perte d’autonomie.
Peut-on changer d’établissement après l’entrée ?
Oui, un changement de maison de retraite est possible si les tarifs deviennent trop élevés.
L’aide sociale peut-elle couvrir une maison de retraite trop chère ?
L’ASH peut prendre en charge une partie du coût, mais uniquement dans des établissements habilités.
Faut-il renoncer à l’EHPAD si le budget ne tient pas ?
Ce n’est pas conseillé. Il existe souvent des solutions avant de renoncer à l’EHPAD. L’important est d’anticiper, de se faire accompagner et de choisir la solution la plus adaptée.





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