Votre mère a très mal vécu son emménagement en EHPAD. Depuis, elle semblait avoir accepté cette nouvelle résidence. Mais depuis quelque temps, elle ne cesse de se plaindre à chacune de vos visites, vous suppliant de lui proposer une autre solution. Simple moment de fatigue, symptôme d’une pathologie, mauvais traitements subis… ? Vous trouverez dans cet article comment interpréter les réactions de votre parent ainsi que les solutions concrètes à mettre en œuvre pour y répondre.
Comprendre la situation de votre parent : identifier les signes et causes du mal-être
Une personne âgée qui se plaint fréquemment de son EHPAD peut présenter différents symptômes :
- Un mauvais sommeil, une grande fatigue,
- Une perte d’appétit,
- Une absence de motivation générale,
- Une attitude prostrée dans sa chambre…
La baisse d’engagement dans la vie quotidienne à l’EHPAD est un signal important. Cela peut être lié à une perte d’autonomie physique causée par une maladie ou une phase dépressive.
Il faut compter un temps d’adaptation de plusieurs semaines à plusieurs mois avant que le senior ne trouve ses repères. Certaines personnes supportent mal la vie en collectivité parce qu’elles ne trouvent pas leur place : elles n’ont pas encore de routine, peu de contacts, et ne se reconnaissent pas dans les activités proposées.
Dans certains cas, le problème est lié à un souci de santé mal repéré ou insuffisamment pris en charge : douleurs chroniques, constipation, troubles du sommeil, anxiété, dénutrition, dépression, confusion, ou encore baisse de l’audition ou de la vue.
LIRE AUSSI : Maison de repos et dépression de la personne âgée : tarifs, soins, aides… Et comment éviter le burn-out familial

Les actions concrètes à mettre en place immédiatement
Si votre mère ne supporte pas la maison de retraite, plusieurs leviers d’action peuvent être activés rapidement.
Maintenir le lien familial et social
Le simple fait de montrer une présence familiale soutenue et fréquente peut améliorer la situation. L’idéal est de s’organiser entre enfants et amis pour assurer :
- Des visites régulières à jours fixes, au moins une fois par semaine ;
- Des appels téléphoniques fréquents ;
- De petits rituels lors des visites (lecture, promenade, café, jeux) ;
- Des sorties ponctuelles si son état de santé le permet.
Adapter le quotidien et la chambre en EHPAD
Personnalisation et dé-médicalisation sont les éléments indispensables pour que le senior se sente chez lui dans sa chambre. Voici quelques conseils pratiques :
- Apporter ses photos, quelques objets familiers ;
- Installer une horloge, un calendrier, une lumière douce ;
- Prévoir des vêtements faciles à porter, mais agréables, correspondant à son style.
Triste, fatigué ou perdu, un résident a besoin d’un soutien et d’un accompagnement progressif. Vous pouvez demander :
- Quelles activités lui correspondent vraiment ;
- Si elle peut être accompagnée au début ;
- Si des ateliers plus personnalisés existent.
Rendre la vie en EHPAD plus proche de ce qu’elle vivait auparavant passe par des échanges avec l’équipe pour faire le point sur :
- Les repas : ce qui pourrait être modifié pour mieux lui convenir ;
- Le rythme des journées : comment mieux les adapter à ce qu’il connaissait ;
- Les gestes des aides-soignants autour de la toilette et de l’hygiène : comment peuvent-ils paraître moins intrusifs ou humiliants ?
- La possibilité de lui permettre de s’adonner à des activités appréciées : films, lectures, communication sur le net, en-cas sucrés…
Faire intervenir les bons professionnels (médecin, psychologue, ergothérapeute)
Le premier réflexe consiste à demander un point formel avec l’équipe soignante de l’établissement et de partager vos observations avec celles des médecins et infirmiers ;
- Vérifiez si des douleurs, des troubles du sommeil ou des signes de dépression ont été repérés ;
- Envisagez des examens approfondis ;
- Afin de mettre le senior en confiance, il est aussi possible de demander une visite chez son médecin traitant, qui connaît bien son historique.
Si votre proche manifeste des signes de dépression ou de démotivation, vous pouvez faire appel à un psychologue qui pourra travailler sur ses douleurs psychiques.
De même, si le problème vient d’une perte d’autonomie rapide, un ergothérapeute peut apporter des solutions pratiques, et redonner confiance au senior.

Alternatives et solutions de changement d’EHPAD
Dans certains cas, quitter l’EHPAD peut s’avérer la meilleure solution. Mais pour aller où ?
Maintien à domicile
Si la perte d’autonomie du senior n’est pas trop importante, il est possible de recourir à une panoplie de services à la personne :
- Auxiliaire de vie ;
- Aide au lever/coucher ;
- Ménage et repas ;
- Infirmier à domicile.
Ces prestations peuvent être financées en partie par l’APA à domicile.
Un retour à la maison ne peut être envisagé que si le logement est adapté :
- Prévention des chutes (plus de tapis, rampes de maintien…) ;
- Douche à l’italienne ;
- Lit médicalisé ;
- Monte-escalier…
Le changement d’établissement
Si le problème ne vient pas seulement de l’entrée en institution, mais du lieu lui-même, un changement peut être nécessaire.
Avant d’envisager un transfert, il faut visiter plusieurs EHPAD et évaluer :
- La taille de la structure ;
- L’ambiance générale ;
- Le niveau de médicalisation ;
- La fréquence des activités ;
- La proximité avec la famille.
LIRE AUSSI : Votre parent change d’EHPAD dans un autre département ? Voici les démarches à faire (mairie, APA, CAF, URSSAF)
FAQ
Que faire si mon parent refuse la maison de retraite ?
Il faut comprendre quel est son problème : le lieu, le rythme, la solitude, une maladie… puis agir sur les causes concrètes avant de conclure que l’établissement ne convient pas.
Quelles mesures légales permettent de protéger un parent en difficulté ?
On peut envisager une habilitation familiale, une sauvegarde de justice, une curatelle ou une tutelle, toujours dans l’intérêt de la personne.
Comment améliorer son quotidien dans un EHPAD ?
En renforçant le lien familial, en personnalisant la chambre, en adaptant les activités, en faisant intervenir les bons professionnels et en surveillant son état de santé.
Quand envisager un retour à domicile ou un autre établissement ?
Quand le mal-être persiste malgré les ajustements, et si la solution actuelle ne protège plus correctement la personne âgée ou nuit clairement à sa qualité de vie.
Quels professionnels peuvent aider ?
Le médecin traitant, l’équipe soignante, le psychologue, l’ergothérapeute, l’assistante sociale, les équipes gérontologiques selon la situation.
Comment préserver l’autonomie tout en protégeant le parent ?
En associant la personne aux décisions, en respectant ses habitudes, en adaptant l’accompagnement, et en recherchant une protection proportionnée, jamais plus lourde que nécessaire.





Laissez un commentaire