Votre père a moins de 70 ans et vous le voyez perdre du poids semaine après semaine. Il mange peu, se fatigue rapidement et n’a plus la force de préparer ses repas comme avant. Même avec votre aide, vous sentez que la situation devient difficile à gérer à domicile. Une prise en charge en établissement ou à l’hôpital peut être nécessaire pour éviter une aggravation de son état de santé. Voici les repères essentiels pour comprendre la gravité d’une dénutrition sévère et agir au bon moment.

Reconnaître la dénutrition et ses signes de gravité chez le senior

La dénutrition est une maladie qui touche près de 2 millions de personnes en France. Elle concerne 5 à 10 % des personnes de plus de 70 ans, et jusqu’à 25 % lorsqu’une aide professionnelle à domicile est nécessaire.

Une perte de poids importante et rapide

Le premier signal d’alerte est la perte de poids involontaire. Par exemple, votre parent, qui pesait 72 kilos il y a six mois, n’en fait plus que 61 aujourd’hui. Ses vêtements flottent, son visage se creuse et il dit régulièrement : « Je n’ai plus faim ». Une perte de plus de 10 % du poids en quelques mois doit toujours alerter. Plus la perte est rapide, plus le risque de complications augmente.

Senior qui a une perte de poids involontaire.

Des apports alimentaires insuffisants malgré les repas

Certaines personnes continuent de s’asseoir à table, mais mangent très peu :

  • quelques cuillères seulement ;
  • un yaourt dans la journée ;
  • des repas sautés ;
  • des collations inexistantes.

Les compléments nutritionnels oraux (CNO) ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins de l’organisme.

Une fonte musculaire et une fatigue physique importante

La dénutrition ne touche pas seulement la graisse : elle détruit aussi la masse musculaire. Concrètement, votre parent peut avoir du mal à :

  • monter les escaliers ;
  • porter un sac ;
  • marcher quelques minutes ;
  • se lever d’un fauteuil.

La fatigue devient visible. Certaines personnes restent couchées une grande partie de la journée, faute d’énergie.

Une diminution de l’appétit et des difficultés alimentaires

Le manque d’appétit peut cacher une situation plus sérieuse, comme :

  • des troubles de la déglutition ;
  • une altération du goût ;
  • une dépression ;
  • l’isolement.

Une mauvaise santé bucco-dentaire peut aussi empêcher une alimentation correcte. Une personne qui ne peut plus mâcher évite progressivement la viande, les légumes ou les aliments riches en protéines.

En cas de maladie comme une infection, un cancer ou une inflammation chronique, les besoins de l’organisme augmentent. Les repas du quotidien ne suffisent alors plus à les couvrir. Votre proche peut continuer à manger « un peu », sans pour autant atteindre ses besoins nutritionnels. 

Dans quels cas une prise en charge en établissement est nécessaire ?

Il n’existe pas un seul critère déclenchant l’hospitalisation ou l’entrée en EHPAD. La décision repose sur un ensemble de facteurs médicaux, nutritionnels et sociaux.

Dénutrition sévère persistante ou aggravée

Quand la perte de poids continue malgré les soins, nous pouvons dire que la situation devient préoccupante. Votre proche reçoit peut-être déjà :

  • des compléments nutritionnels oraux ;
  • une alimentation enrichie ;
  • des conseils de diététiciens ;
  • un suivi médical.

Malgré cela, son état continue de se dégrader. C’est à ce moment qu’une prise en charge médicalisée devient indispensable afin d’éviter :

  • une aggravation de la faiblesse physique ;
  • des infections répétées ;
  • des risques de chute ;
  • une perte d’autonomie irréversible.

Échec des compléments nutritionnels oraux (CNO)

Les CNO peuvent être très utiles, mais ils ont leurs limites. Certaines personnes :

  • refusent de les prendre ;
  • les supportent mal ;
  • ne consomment que quelques gorgées ;
  • continuent malgré tout à perdre du poids.

Quand les compléments nutritionnels ne suffisent plus, une prise en charge hospitalière peut permettre d’envisager d’autres solutions : nutrition entérale, surveillance rapprochée ou réalimentation médicalisée.

Risque médical ou complications associées à la dénutrition

La dénutrition fragilise tout l’organisme. Une personne dénutrie récupère moins bien après une infection ou une hospitalisation. Le risque de complications augmente fortement. Elle peut souffrir de :

  • infections respiratoires ;
  • escarres ;
  • troubles métaboliques ;
  • déshydratation ;
  • perte musculaire sévère.

Cela peut entraîner des risques de chute. Chez certaines personnes, une hospitalisation rapide devient nécessaire pour stabiliser l’état général.

Quelles solutions sont mises en place en établissement contre la dénutrition ?

Une prise en charge en EHPAD ou à l’hôpital ne consiste pas uniquement à « faire manger davantage ». L’objectif est de restaurer l’état nutritionnel, de préserver la masse musculaire et d’améliorer la qualité de vie.

Un suivi médical et nutritionnel renforcé

En établissement, l’avantage, c’est que le poids, l’état physique et les apports alimentaires sont surveillés régulièrement. Les équipes évaluent :

  • l’évolution de la dénutrition ;
  • l’hydratation ;
  • les capacités à manger seul ;
  • les besoins en protéines ;
  • les risques médicaux associés.
Senior suivie par le personnel médical de l'EHPAD

Une adaptation des repas

Les repas sont enrichis pour augmenter les apports énergétiques et protéiques :

  • beurre ;
  • crème ;
  • fromage ;
  • poudre de protéines ;
  • collations supplémentaires.

Les textures peuvent également être adaptées en cas de difficultés de mastication ou de déglutition.

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L’intervention de diététiciens

Les diététiciens en EHPAD jouent un rôle essentiel dans la prise en charge nutritionnelle. Ils élaborent des stratégies personnalisées pour :

  • enrichir l’alimentation ;
  • améliorer l’appétit ;
  • répartir les repas et collations ;
  • adapter les goûts et habitudes de la personne.

Une surveillance de l’évolution globale

La récupération ne se limite pas au poids. Les professionnels surveillent aussi :

  • la force musculaire ;
  • la reprise d’activité physique adaptée ;
  • l’autonomie ;
  • la capacité à marcher ;
  • l’état psychologique.

Quels professionnels interviennent dans la prise en charge ?

La dénutrition sévère nécessite une approche pluridisciplinaire. 

Le médecin traitant et les médecins hospitaliers évaluent la gravité de la perte de poids, les causes médicales, les risques associés et la nécessité d’une hospitalisation. Évaluer l’état nutritionnel est une étape essentielle lors d’un examen médical ou du suivi d’une maladie. Le médecin s’appuie notamment sur l’évolution du poids, l’IMC et certains outils d’évaluation. 

Les diététiciens et nutritionnistes adaptent les apports alimentaires et mettent en place des stratégies nutritionnelles ciblées. 

Infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes et ergothérapeutes participent également au suivi quotidien afin de prévenir les complications et maintenir une activité physique adaptée.

FAQ – Dénutrition sévère chez la personne âgée

À partir de quand parle-t-on de dénutrition sévère chez la personne âgée ?

La dénutrition sévère est évoquée lorsqu’il existe une perte de poids importante, une fonte musculaire marquée et des apports alimentaires très insuffisants. Le médecin évalue plusieurs critères médicaux pour confirmer le diagnostic.

Dénutrition sévère avant 70 ans : que faire ?

Il est important de consulter rapidement un médecin pour identifier la cause et mettre en place une prise en charge nutritionnelle adaptée. Un suivi diététique et médical est souvent nécessaire.

Quel traitement pour la dénutrition chez la personne âgée ?

Le traitement repose sur une alimentation enrichie, parfois complétée par des compléments nutritionnels oraux, et sur la prise en charge de la cause sous-jacente.

Quelles sont les conséquences de la dénutrition chez la personne âgée ?

Elle peut entraîner une perte de poids, une fatigue importante, une baisse de l’immunité et une perte progressive d’autonomie.

La dénutrition est-elle réversible ?

Oui, dans de nombreux cas, une prise en charge précoce permet d’améliorer l’état nutritionnel. Plus l’intervention est rapide, meilleures sont les chances de récupération.

Quand hospitaliser une personne dénutrie ?

L’hospitalisation devient nécessaire lorsque l’état général se dégrade, que la perte de poids s’aggrave, qu’il existe un risque médical important ou que le maintien à domicile n’est plus sécurisé.

Les compléments alimentaires suffisent-ils toujours ?

Non. Les compléments nutritionnels oraux peuvent aider, mais ils ne suffisent pas toujours en cas de maladie importante ou de dénutrition sévère chez une personne âgée de moins de 70 ans.

Quand envisager un placement en EHPAD ?

Un EHPAD peut être envisagé lorsque la personne ne peut plus assurer seule son alimentation, nécessite une surveillance quotidienne ou lorsque les aidants ne peuvent plus garantir un accompagnement sécurisé à domicile.