L’an dernier, votre frère aîné a commencé à présenter des signes visibles de la maladie d’Alzheimer. Il se rend trois fois par semaine en accueil de jour et jusqu’alors il en était plutôt heureux. Mais depuis quelques semaines, il en revient à la fois exténué et très agité. Cette solution est-elle toujours adaptée à sa situation ? Vous trouverez dans cet article l’explication des avantages, mais aussi des limites de l’accueil de jour pour les personnes en perte d’autonomie.
À quoi sert réellement l’accueil de jour (et ce qu’il ne fait pas)
L’accueil de jour s’inscrit dans une logique de maintien à domicile. Il s’adresse à une personne âgée vivant chez elle, en perte d’autonomie légère à modérée, souvent liée à des troubles cognitifs débutants.
Objectifs : stimulation, répit, socialisation
Les centres d’accueil de jour proposent une ou plusieurs journées par semaine, durant lesquelles les personnes accueillies participent à des activités encadrées par une équipe médico-sociale : ateliers mémoire, activités physiques adaptées, repas partagés, échanges collectifs. Les objectifs de ces structures sont multiples :
- Ralentir la perte fonctionnelle,
- Préserver le lien social,
- Stimuler les capacités cognitives et motrices,
- Offrir un répit aux aidants.

Ce que l’accueil de jour ne remplace pas
L’accueil de jour ne constitue ni une prise en charge globale, ni une solution de surveillance continue. Il ne remplace pas :
- Une présence 24 h/24 auprès de la personne âgée,
- Des soins médicaux pour des pathologies chroniques,
- Un hébergement sécurisé.
Il s’agit d’un dispositif complémentaire au maintien à domicile, et non d’une réponse complète à la perte d’autonomie.
Pourquoi il est souvent mal compris par les familles
De nombreux aidants attendent de l’accueil de jour :
- Qu’il les décharge en grande partie de leur implication dans le soutien à leur proche,
- Qu’il permette d’éviter sur le long terme un placement en EHPAD.
Or, dans la réalité :
- L’accueil de jour demande un engagement des aidants : organisation des trajets, rencontre avec l’équipe médico-sociale…
- La structure ne peut enrayer le cours d’une maladie neurodégénérative. Arrive donc un moment où le patient n’y a plus sa place.
Quand l’accueil de jour n’est plus adapté à l’autonomie
L’avancée en âge ou la progression d’une maladie rendent les limites de l’accueil particulièrement visibles.
Perte d’autonomie physique incompatible avec les trajets
Un élément sensible en accueil de jour est celui des déplacements. La personne âgée doit se rendre dans l’établissement puis retourner chez elle. Elle peut le faire par ses propres moyens, par une navette proposée par la structure, par taxi ou encore avec l’aide d’un proche.
Lorsque la perte d’autonomie s’accroît, les trajets peuvent entraîner :
- Une fatigue excessive,
- Des douleurs,
- Plus de désorientation,
- Voire une augmentation du risque de chute.
Aggravation des troubles cognitifs ou du comportement
L’évolution de la maladie neurodégénérative risque de rendre l’accueil de jour pour Alzheimer moins adapté. L’environnement collectif, les changements de rythme et les interactions multiples peuvent provoquer :
- Un surcroît d’agitation,
- Plus d’anxiété,
- Des comportements d’opposition,
- Des troubles du comportement difficiles à gérer.
Fatigue excessive après les journées d’accueil
Certains patients rentrent épuisés, désorientés, voire plus confus que les jours où ils restent chez eux. Lorsque la journée d’accueil désorganise davantage la personne qu’elle ne la stimule, cela doit interroger sur la poursuite du dispositif.
Les limites liées aux troubles cognitifs et à Alzheimer
L’accueil de jour pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées est souvent recommandé dans les phases légères à modérées de la maladie. Mais il ne convient pas à toutes les situations ni à tous les stades.
Désorientation accrue avant ou après l’accueil
Pour certaines personnes en situation de troubles cognitifs, le simple fait de changer de lieu peut provoquer une désorientation profonde. En perdant leurs repères, elles ne comprennent plus pourquoi elles doivent partir, où elles vont, ni quand elles rentreront.
Refus de s’y rendre, angoisse, opposition
Il peut arriver que la personne âgée refuse l’accueil de jour : crises d’angoisse, opposition, pleurs, colère. Si ces crises se répètent quotidiennement, pendant plusieurs semaines, il est inutile de continuer à insister : la structure est dans l’incapacité d’aider le senior.
Accueil de jour insuffisant face à l’évolution de la maladie
Lorsque la maladie d’Alzheimer progresse, les besoins en termes de surveillance et de prise en charge peuvent dépasser le cadre de l’accueil de jour. Ce type d’établissement n’est pas conçu pour gérer des crises ni contraindre les patients.
Les limites organisationnelles de l’accueil de jour pour l’aidant
Si l’accueil de jour se montre bénéfique pour la personne âgée, il peut devenir difficile à gérer pour l’aidant.
Contraintes horaires et logistiques
L’accueil de jour implique une organisation exigeante : lever et préparatifs tôt le matin, attente ou gestion du transport, retours parfois tardifs, accueil au retour à domicile. Chaque journée d’accueil peut devenir une épreuve logistique.
Un répit souvent partiel qui ne soulage plus vraiment
S’il est vrai que, pendant la présence de la personne Alzheimer en accueil de jour, l’aidant est libre, ce répit peut rester très ténu. Beaucoup d’aidants continuent à :
- Gérer les rendez-vous médicaux de leurs proches,
- Coordonner les aides à domicile,
- Organiser la logistique des jours d’accueil,
- Rester joignables en permanence,
Accueil de jour incompatible avec une activité professionnelle
Les horaires fixes de l’accueil de jour sont difficilement compatibles avec une activité professionnelle. Les aidants ont besoin de disponibilité pour gérer cette organisation. Poser des congés et des jours de RTT, aménager son temps, jongler avec les imprévus peut devenir rapidement intenable.
Les limites financières de l’accueil de jour
Le coût de l’accueil de jour n’est pas anodin, pouvant représenter plusieurs centaines d’euros par mois. Cet aspect financier peut être un handicap dans certaines familles.
Un reste à charge parfois important malgré l’APA
L’APA à domicile permet de financer le maintien à domicile des personnes dépendantes, ainsi qu’une partie de la facture de l’accueil de jour.
Avec des tarifs compris entre 25 € et 60 € par jour selon le statut de la structure d’accueil de jour et ses spécificités, une personne la fréquentant deux fois par semaine doit s’acquitter d’une facture mensuelle de 200 € à 480 €.
Même pour les seniors disposant de revenus modestes, l’APA laisse souvent un reste à charge non négligeable.

Une multiplication des coûts annexes
Il ne faut pas oublier qu’au tarif de l’hébergement en accueil de jour s’ajoutent souvent :
- Le coût du transport,
- Certains compléments d’activités : animations, sorties…
- Et parfois des heures d’aide à domicile supplémentaires pour préparer la personne âgée ou l’accueillir à son retour, lorsque l’aidant n’est pas disponible.
Autant de frais qui alourdissent la facture et rendent l’accueil de jour plus difficilement accessible.
Quand le rapport coût/bénéfice devient défavorable
Lorsque le patient ne semble plus tirer de bénéfices de ses séjours en établissement de jour, la question doit se poser de sa pertinence. C’est le moment de s’interroger sur des alternatives plus satisfaisantes pour le senior.
Les signaux montrant que l’accueil de jour atteint ses limites
Il est nécessaire de rester vigilant et de guetter les signes pouvant alerter sur la pertinence de l’accueil de jour.
La personne régresse malgré l’accueil
Si la personne âgée présente plus de fatigue, de confusion ou une aggravation des troubles cognitifs, l’accueil de jour n’est peut-être plus adapté. Il faut en parler avec l’équipe de la structure et prendre une décision éclairée
L’aidant reste en surcharge permanente
L’un des objectifs de l’accueil de jour est d’offrir du répit aux aidants. Si, malgré l’hébergement diurne plusieurs jours par semaine de leur proche, ceux-ci sont épuisés, il faut s’interroger sur l’intérêt de l’organisation mise en place.
L’accueil de jour devient un simple « pansement »
À un moment, l’accueil de jour ne remplit plus un rôle positif pour l’état de santé du patient. S’il paraît confortable de continuer par habitude ou par peur de l’étape suivante, il est plus judicieux de réfléchir à une nouvelle organisation.
Quelles alternatives quand l’accueil de jour ne suffit plus pour les personnes en perte d’autonomie ?
Quand l’accueil de jour ne semble plus suffisant pour votre proche, il est important de réfléchir ensemble à d’autres solutions.
Renforcer l’aide à domicile : une solution temporaire
La personne âgée devient plus dépendante ? Avec un GIR plus faible, elle peut bénéficier d’un meilleur montant d’APA pour financer des services à la personne supplémentaires. Mais au-delà d’un certain niveau de perte d’autonomie, la lourdeur du dispositif rend la recherche d’autres solutions inévitable.
Accueil temporaire ou hébergement de répit
L’hébergement temporaire en EHPAD permet une prise en charge de la personne dépendante plus globale que l’accueil de jour. C’est une solution particulièrement utile pour un vrai répit des aidants. Toutefois, elle reste occasionnelle et n’est pas adaptée si la personne âgée devient très dépendante.
Quand envisager un EHPAD ou une structure plus encadrée
Lorsque la perte d’autonomie devient trop importante, en particulier quand le senior est évalué GIR 1 ou GIR 2, le maintien à domicile n’est plus une option. Afin d’assurer à la fois la sécurité et le confort de la personne âgée, le placement en EHPAD devient impératif.
FAQ — Questions clés sur l’accueil de jour et ses limites
L’accueil de jour est-il adapté à toutes les personnes âgées ?
Non. Il convient surtout aux personnes âgées avec une perte d’autonomie légère à modérée.
Quand faut-il arrêter l’accueil de jour ?
Quand la personne n’en tire plus de bénéfice ou que l’aidant reste en épuisement.
L’accueil de jour suffit-il en cas de maladie d’Alzheimer ?
Souvent uniquement à un stade précoce de la maladie d’Alzheimer.
Que faire si l’accueil de jour n’apporte plus de répit à l’aidant ?
Explorer les alternatives : hébergement temporaire, puis, éventuellement EHPAD.
Quelles solutions après l’accueil de jour ?
Renforcement des aides à domicile, hébergement temporaire, puis séjour permanent en EHPAD.


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