Ces derniers temps, quelque chose a changé chez votre mère ou votre père. Vous constatez que ses nuits sont plus agitées, ses gestes sont parfois imprévisibles, et vous sentez qu’il faut agir pour éviter que la situation ne s’aggrave. Pour sécuriser votre proche, vous pouvez faire une demande d’UVP en urgence. Voici ce qui justifie ce type de prise en charge et les démarches à entreprendre.

Quand une situation justifie-t-elle une UVP en urgence ?

Une UVP en urgence est envisagée lorsque la sécurité ou la santé de la personne âgée ou de son entourage est menacée. Les équipes médicales s’accordent sur quatre principaux signaux d’alerte.

1. Les troubles du comportement sévères

Votre proche souffre peut-être de troubles du comportement en EHPAD ou à domicile qui deviennent ingérables (agitation extrême, agressivité, cris, refus total de soins). Dans ce cas, une unité de vie protégée en urgence peut devenir indispensable.

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2. Un danger pour la personne ou l’entourage

Chutes répétées, gestes violents, menaces, comportements inadaptés : si votre proche met sa vie en danger ou celle des autres, c’est une urgence et l’UVP peut être envisagée.

Médecin qui évalue l'état de santé du senior avant une admission en UVP

3. L’errance nocturne

Lorsque votre parent ou l’un de vos proches se met à errer la nuit, la situation peut vite devenir préoccupante. Sorties sans surveillance, perte de repères, exposition au froid ou aux accidents… Autant de circonstances qui peuvent conduire à une admission en UVP en urgence.

4. L’épuisement total des aidants

Être aidant au quotidien est bien souvent source de stress et de fatigue. Si vous êtes à bout, physiquement et mentalement, ce n’est pas un échec. L’épuisement des aidants est un critère médical reconnu. Continuer sans relais peut aggraver la situation pour tout le monde, car pour bien aider, il faut aussi se sentir disponible en soi.

UVP en urgence : est-ce vraiment possible ?

C’est possible, mais il n’existe pas de « bouton urgence » garantissant une entrée immédiate en UVP au sein d’un EHPAD. Chaque demande d’UVP rapide est étudiée au cas par cas. Les places étant limitées, les établissements priorisent les situations les plus graves : danger immédiat, troubles du comportement sévères ou impossibilité de maintien à domicile. Ce sont les médecins (médecin traitant, gériatre, psychiatre) qui évaluent l’urgence et orientent vers la solution la plus adaptée, UVP ou autre.

Bon à savoir : même en cas d’admission en UVP en urgence, des aides financières comme l’APA, l’ASH ou les aides au logement peuvent réduire le reste à charge.

Qui contacter en priorité quand la situation se dégrade ?

En cas d’urgence, savoir agir dans le bon ordre vous permet de gagner du temps. Voici les étapes à suivre.

1. Médecin traitant ou gériatre

C’est votre premier interlocuteur. Il connaît l’histoire médicale de votre parent et peut établir un certificat médical détaillé, indispensable pour une entrée UVP rapide.

2. Hôpital, service de gériatrie ou urgences

Si la situation devient incontrôlable, n’attendez pas. Une hospitalisation peut être une étape nécessaire pour sécuriser votre proche et enclencher une orientation.

3. Assistante sociale

Souvent rattachée à l’hôpital ou au CCAS, l’assistante sociale connaît les circuits, les places disponibles et peut appuyer votre demande.

4. EHPAD disposant d’une UVP

Contactez directement les établissements qui disposent d’une unité de vie protégée. En effet, multiplier les appels augmente vos chances de trouver une place.

Comment faire une demande d’UVP rapidement

Pour engager une demande d’UVP en urgence, commencez par contacter le médecin traitant, le gériatre ou le médecin hospitalier qui suit votre parent.

Vous devrez constituer un dossier médical solide qui contient les diagnostics, traitements, comptes rendus récents et antécédents de votre parent. Le certificat médical doit mentionner explicitement :

  • les troubles du comportement ;
  • les risques encourus ;
  • l’urgence de la situation.

En parallèle, prenez contact avec :

  • les EHPAD disposant d’une UVP ;
  • le service social de l’hôpital ou de votre commune ;
  • la plateforme gérontologique ou le CLIC de votre secteur.

Expliquez concrètement ce que vous vivez : nuits blanches, incidents, fugues ou encore peur permanente. Le vécu des aidants compte beaucoup pour obtenir une place dans une UVP en urgence.

Conseil : ne misez pas sur un seul EHPAD. Pour une entrée en UVP rapide, il est préférable d’activer plusieurs pistes en même temps.

Aidante qui constitue le dossier d'entrée en UVP de son proche senior

Comment accélérer une admission en UVP

Il est parfois possible d’accélérer une admission en UVP. Pensez à : 

  • élargir le périmètre géographique : limiter la recherche à une seule ville réduit fortement les chances. S’élargir, même temporairement, peut débloquer une situation ;
  • accepter une solution temporaire : une UVP provisoire, une unité fermée ou un hébergement temporaire en EHPAD peuvent servir de relais ;
  • activer le réseau médical : les recommandations entre médecins, gériatres et établissements peuvent avoir un impact plus important qu’un dossier seul.

Et si aucune place en UVP n’est disponible ?

Parfois, il n’y a pas de place en UVP, mais il existe heureusement d’autres solutions pour sécuriser votre proche et assurer sa prise en charge :

  • hospitalisation en service de gériatrie ;
  • hospitalisation psychiatrique si nécessaire ;
  • unité fermée sécurisée ;
  • hébergement temporaire en EHPAD.

N’hésitez pas à demander conseil à l’équipe médicale ou aux professionnels de santé qui accompagnent déjà votre proche.

UVP, unité fermée, hospitalisation : quelles différences en urgence ?

Chaque option a ses spécificités, et il est important de comprendre leurs différences.

  • L’unité de vie protégée est pensée pour le long terme, avec un accompagnement pour les pathologies liées à l’âge comme Alzheimer.
  • L’unité fermée est plus sécuritaire, plus restrictive et utilisée en crise aiguë.
  • L’hospitalisation permet d’évaluer, de stabiliser et d’orienter, mais n’est pas une solution de vie durable.

N’oubliez pas : agir vite ne signifie pas agir seul. Face à une situation qui se dégrade, s’entourer de professionnels et accepter de demander de l’aide est souvent le premier pas pour protéger votre proche, et vous préserver aussi.

FAQ

Peut-on entrer en UVP en urgence ?

Oui, mais uniquement si la situation le justifie médicalement.

Qui décide de l’admission ?

La direction de l’EHPAD décide de l’admission, sur avis médical.

Faut-il une hospitalisation préalable ?

Pas toujours, mais elle est fréquente en cas de crise sévère.

Combien de temps pour obtenir une place ?

Il faut compter de quelques jours à plusieurs semaines, selon la gravité et les disponibilités.

Peut-on refuser une sortie ?

Les décisions se prennent toujours avec l’équipe médicale et la famille.

L’UVP est-elle temporaire ?

Elle peut l’être, mais devient généralement un lieu de vie sur le long terme.

Existe-t-il des alternatives ?

S’il n’y a pas de place, il est possible d’avoir accès à une unité fermée, une hospitalisation ou un hébergement temporaire sécurisé.

Qui peut aider la famille ?

Médecin traitant, assistante sociale, équipes hospitalières et plateformes d’orientation peuvent vous aider à formuler une demande d’UVP en urgence si besoin.