Dans quelques semaines, votre parent va quitter son domicile pour vivre en EHPAD. Vous avez vu avec lui concernant le financement de l’établissement, et sa pension ajoutée à l’allocation personnalisée d’autonomie suffira à payer l’hébergement. La direction vous a alertée sur un point : l’argent de poche dont votre proche devra bénéficier pour payer les « extras ». Quel montant d’argent de poche lui laisser pour ses dépenses du quotidien ? Voici les principaux éléments qui vont vous permettre de prendre la bonne décision.
Quelle somme reste disponible pour les dépenses personnelles en EHPAD ?
L’EHPAD facture des frais d’hébergement (chambre et services hôteliers) et les frais liés à la dépendance (accompagnement de la personne âgée). Si cela suffit à mener une vie digne, restent des petits extras, des services utiles qui ne sont pas pris en charge.
Le principe du « reste à vivre »
Le « reste à vivre » en EHPAD désigne la somme qui reste à la personne âgée une fois ces frais d’hébergement et liés à la dépendance payés. Ce montant doit lui permettre de couvrir ses petites dépenses du quotidien.
Il ne faut pas le confondre avec le reste à charge. Ce dernier correspond à ce que le résident doit effectivement payer à l’EHPAD après déduction des aides sociales (APA, APL, ASH)… Le reste à vivre, lui, correspond à l’argent qu’il conserve pour lui.

Montants moyens constatés
En pratique, le montant d’argent de poche en hébergement spécialisé varie beaucoup selon la situation des personnes et de leur famille.
- Certains résidents disposent de 100 à 150 € par mois.
- D’autres peuvent garder davantage si leurs ressources le permettent.
Lorsque le résident bénéficie de l’aide sociale hébergement (ASH), une grande partie de ses revenus est reversée à l’établissement ou au conseil départemental. Mais la loi prévoit qu’une somme minimale lui reste. La personne doit conserver au minimum 10 % de ses revenus, et jamais moins de 125 € par mois.
Quelles dépenses sont concernées ?
Tout ce qui concerne le bien-être au quotidien du senior est intégré dans les tarifs hébergement et dépendance. Mais il existe des extras, souvent importants pour une personne vivant à demeure dans une chambre, que l’établissement ne prend pas en charge.
Dépenses personnelles du résident
Les dépenses que couvre l’argent de poche sont souvent plus nombreuses qu’on ne l’imagine. Elles peuvent inclure :
- Des produits d’hygiène ;
- Ses vêtements et ses chaussures ;
- Des services de coiffure ou de pédicure non médicale ;
- Certaines sorties et animations payantes ;
- Des cadeaux pour des proches ou des voisins d’établissement ;
- Des abonnements : presse, plateforme de streaming, internet…
- Des petits plaisirs alimentaires : sucreries, gâteaux…
Certains achats d’importance (vêtements, smartphone, etc.), doivent être comptabilisés en dehors de cet argent de poche. Coûteux, ils peuvent faire l’objet d’un retrait du livret d’épargne ou être pris en charge par un proche de la famille.
Ce qui est déjà inclus dans l’EHPAD
La facture d’un EHPAD comprend plusieurs volets.
Le tarif hébergement, le montant le plus élevé dans la facture de l’EHPAD, recouvre généralement :
- La location de la chambre,
- L’éventuel supplément chambre seule,
- Le matériel et les équipements installés dans la chambre,
- Les repas et collations,
- L’entretien du linge de maison,
- L’animation de base,
- L’administration générale.
Le tarif dépendance correspond à tout ce qui concerne l’accompagnement de la perte d’autonomie, à savoir l’aide :
- À l’hygiène,
- À la toilette,
- Au lever et au coucher,
- À l’habillage et au déshabillage,
- Aux repas,
- À la promenade…
Ce tarif varie selon le niveau de GIR du résident. Plus celui-ci est important, plus le tarif est élevé.
Un troisième volet correspondant aux soins courants délivrés aux résidents est, quant à lui, entièrement pris en charge par l’Assurance maladie. Par contre, les maladies et pathologies spécifiques (visite chez le dentiste ou un médecin spécialiste) sont à la charge du patient, remboursées en fonction de son statut par la Sécurité sociale et sa mutuelle.

Pourquoi l’argent peut-il partir trop vite ?
Il est toujours difficile de définir une somme fixe mensuelle. Selon les occasions, ses envies ou l’état de santé du résident, ses dépenses peuvent fluctuer.
Mauvaise gestion ou manque de suivi
La première raison de dépenses plus élevées que prévu est leur manque de maîtrise. L’argent de poche d’un résident d’EHPAD peut disparaître rapidement lorsqu’il n’y a pas de suivi.
L’absence d’une comptabilité est d’autant plus propice à des dépenses trop élevées que le senior a une vie plutôt contrainte, et quasiment identique tous les jours. Perte de repères temporels, ennui et frustration peuvent conduire à une surconsommation inutile.
Le phénomène peut être aggravé en cas de troubles cognitifs. Une personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées va potentiellement oublier les achats déjà effectués, perdre ou donner son argent sans s’en souvenir…
Frais imprévus et besoins réels
Certaines dépenses sont légitimes et doivent être anticipées au risque de problèmes financiers : lunettes, appareils auditifs, vêtements adaptés, frais de transport, soins de confort, produits dermatologiques, complément de mutuelle…
Il faut aussi prévoir les situations particulières. En cas d’hospitalisation, l’EHPAD peut continuer à facturer certains frais selon les règles de l’établissement : le senior peut continuer à payer sa chambre, tout en supportant les frais d’hospitalisation.
Comment éviter une mauvaise gestion du budget ?
Il existe plusieurs solutions pour réduire les risques que la personne âgée dépense trop, selon son état de santé et l’implication des proches.
Mettre en place un suivi simple
Si le senior n’a plus la capacité de suivre ses dépenses, il est aisé de proposer une simple feuille sur laquelle sont notées toutes les dépenses. Avec l’accord et l’aide du personnel, chaque achat sera inscrit. Le proche lors d’une visite pourra vérifier la pertinence des dépenses.
Une somme fixe mensuelle peut être déterminée.
Certains établissements proposent un compte interne pour les achats courants. D’autres demandent que la famille fournisse directement les produits ou règle les factures. Cela permet un contrôle en amont de la dépense.
Solutions de protection financière
Quand une personne âgée n’est plus capable de gérer seule son budget, une mesure de protection peut être envisagée. Elle doit cependant répondre à une réelle nécessité.
- La curatelle permet d’assister la personne âgée dans les actes importants.
- La tutelle permet de la représenter de façon plus complète.
- L’habilitation familiale permet à un proche d’agir au nom de la personne âgée, lorsque la famille s’entend et que la situation le justifie.
Dans tous les cas, lorsqu’il s’agit d’une dépense importante, dont le seuil doit être fixé en amont, l’établissement est tenu de contacter le curateur ou le tuteur avant d’engager des frais pour le senior.
Quelles aides pour compléter le budget en EHPAD ?
Des aides sociales existent qui permettent de financer une partie des frais d’un EHPAD :
- L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) couvre une partie du tarif dépendance. Elle concerne toutes les personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4, soit en perte d’autonomie moyenne à très sévère. Son montant est calculé en fonction des ressources de la personne âgée.
- Les aides au logement peuvent aussi réduire le reste à charge. L’Aide personnalisée au logement (APL) est accessible sous conditions de ressources dans les établissements conventionnés. À défaut, le senior peut demander l’allocation de logement sociale (ALS).
- L’ASH (aide sociale à l’hébergement en EHPAD) aide les résidents dont les ressources sont insuffisantes, à payer le reste à charge de la facture. Le senior paie ce qu’il peut sur ses revenus, et ce qu’il reste à payer après les aides sociales est pris en charge par l’ASH. L’obligation alimentaire peut être prononcée si les proches ont des ressources suffisantes. Attention : cette allocation est une aide récupérable, dans certains cas, sur la succession.
FAQ
Combien d’argent de poche faut-il laisser en EHPAD ?
Il n’existe pas de montant unique. Avec l’ASH, le résident doit garder au moins 10 % de ses revenus, sans descendre sous 125 € par mois. Sinon, le montant dépend de ses ressources et besoins.
Qui gère les dépenses personnelles d’un résident ?
Le résident les gère s’il en a les capacités. Sinon, un proche, un tuteur, un curateur ou une personne habilitée peut l’aider dans le cadre d’une organisation claire.
Peut-on contrôler les dépenses en EHPAD ?
Oui, avec un suivi des retraits, des factures et des achats. Il faut toutefois respecter la dignité et l’autonomie du résident.
Que couvre l’APA en EHPAD ?
L’APA en établissement aide à payer une partie du tarif dépendance. Elle ne finance pas les dépenses personnelles ni le tarif hébergement.
Comment éviter que l’argent soit dépensé trop vite ?
Fixez une enveloppe mensuelle, limitez les espèces, suivez les achats, échangez avec l’EHPAD et envisagez une protection juridique si la personne n’est plus capable de gérer seule.





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