Alors que les épisodes de canicule sont de plus en plus fréquents et de plus en plus précoces, vous vous inquiétez à juste titre pour votre parent vivant en EHPAD. Depuis la vague de chaleur de 2003 qui a occasionné une importante surmortalité chez les seniors, des mesures ont été prises. En établissement, dès qu’un épisode de fortes chaleurs est annoncé, une organisation spécifique se met en place, reposant sur la prévention, la vigilance, la surveillance médicale et l’adaptation de la vie quotidienne. En voici les principaux éléments.
Dès l’alerte météo : activation du plan canicule
Les équipes suivent les informations de Météo France et les consignes sanitaires. Lorsqu’un niveau d’alerte canicule (vigilance orange ou rouge) est annoncé, l’établissement renforce son organisation interne. On parle de plan canicule, intégré au plan bleu des établissements médico-sociaux.
Le dispositif prévoit la conduite à tenir en période de fortes chaleurs :
- L’identification des résidents les plus exposés : personnes très âgées, résidents atteints de maladies chroniques, troubles cognitifs, dépendance importante, difficultés à boire ou traitements sensibles à la chaleur ;
- Le personnel vérifie tous les équipements liés à la prévention contre la canicule : pièces rafraîchies, ventilateurs autorisés selon les règles internes, climatisation, stores, volets, thermomètres, fontaines à eau, brumisateurs, linge léger, réserves de boissons et aliments adaptés ;
- La mise en place du plan repose aussi sur une répartition des rôles. Les soignants surveillent l’état de santé. Les équipes hôtelières adaptent les repas et les boissons. L’animation modifie les activités. La direction organise les informations aux familles si nécessaire.

Le matin : anticiper les effets de la chaleur
C’est dès les premières heures de la journée que les établissements d’hébergement pour personnes âgées s’activent, afin de protéger leurs résidents.
Hydratation et surveillance dès le réveil
Lorsque la température redevient plus ou moins supportable sous l’effet de la nuit, les équipes anticipent la remontée de chaleur.
Dès le réveil, elles proposent de l’eau, ou des boissons fraîches selon les habitudes du résident. Cette distribution est d’autant plus indispensable que beaucoup de personnes âgées ressentent moins la sensation de soif. Les soignants encouragent les résidents à boire, les accompagnent et vérifient les quantités réellement consommées.
Les aides-soignants et les infirmiers font une rapide évaluation de l’état général des résidents : fatigue inhabituelle, bouche sèche, somnolence, agitation, confusion, vertiges ou maux de tête peuvent être des signes de déshydratation ou de mauvaise tolérance à la chaleur.
Cette surveillance est renforcée pour les personnes préalablement identifiées comme les plus à risque, du fait de leur fragilité.
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Adaptation des soins et des activités
Pendant une période de fortes chaleurs, la vie de l’EHPAD se met au ralenti afin que les résidents puissent limiter les efforts. La toilette, les déplacements ou les séances de rééducation peuvent être avancés plus tôt le matin, lorsque l’air est plus frais.
Les animations sont adaptées. Les sorties sont évitées aux heures les plus chaudes. Les activités physiques sont réduites. Les ateliers calmes, en salle fraîche, sont privilégiés.
Les professionnels de santé restent aussi attentifs aux médicaments. Certains traitements peuvent favoriser la déshydratation, modifier la régulation de la température corporelle ou augmenter les risques de malaise.
Les repas : un levier essentiel contre la déshydratation et la chaleur
Le temps des repas est particulièrement important : éviter la déshydratation et veiller à ce que les personnes âgées ne se détournent pas de l’alimentation sont des enjeux majeurs dans le traitement de la canicule.
Des menus adaptés aux fortes chaleurs
En cas de canicule, l’alimentation joue un rôle important. Les menus sont donc souvent allégés, tout en restant suffisamment nourrissants.
Les nutritionnistes et cuisiniers privilégient les aliments riches en eau : fruits et légumes. Ces aliments complètent l’hydratation, surtout chez les résidents qui ont des difficultés à boire.
Les textures sont aussi ajustées. Une personne ayant des troubles de la déglutition aggravée par la chaleur et la sécheresse recevra une eau gélifiée ou des préparations adaptées. L’objectif est d’éviter les fausses routes tout en maintenant un bon apport hydrique.
Surveillance de l’alimentation et de l’hydratation
Pendant les repas, les équipes observent les quantités consommées. Un résident qui mange peu, boit peu ou refuse son plateau est identifié. Un membre du personnel vient alors l’accompagner pour l’aider à s’alimenter.
Les soignants relancent les petits mangeurs avec douceur. Ils proposent de petites quantités plus fréquentes, des boissons variées ou des aliments qu’ils savent appréciés du senior.
Ce suivi est important, car une baisse d’appétit peut aggraver rapidement la fragilité du résident et produire de graves complications.
L’après-midi : la période la plus critique
La période allant de l’après-déjeuner au soir est celle où la température est la plus chaude, ce qui exige une surveillance accrue.
Surveillance renforcée des signes de déshydratation
L’après-midi, la température extérieure atteint son maximum. Même climatisées, ce qui n’est pas le cas systématique, les chambres peuvent se réchauffer. Les organismes fatigués supportent moins bien l’épisode de fortes chaleurs.
Les équipes surveillent la température corporelle si nécessaire, mais aussi d’éventuels signes cliniques : grande fatigue, faiblesse, peau chaude, bouche sèche, maux de tête, nausées, confusion, crampes, baisse de tension ou malaise.
Le passage des personnels de santé dans les chambres est plus soutenu, certains résidents pouvant faire l’objet d’un accompagnement constant.
Le « coup de chaleur » est une urgence absolue. Il peut se manifester par une forte fièvre, des troubles neurologiques, une confusion importante ou une perte de connaissance. En cas de doute, les équipes contactent rapidement le médecin ou les secours.
Maintien de la fraîcheur dans l’établissement
Tout l’établissement est organisé pour limiter la chaleur à l’intérieur. Volets et fenêtres sont fermés en journée du côté exposé au soleil. L’aération se fait plutôt tôt le matin, tard le soir ou la nuit, lorsque l’air est plus frais.
- Les résidents sont orientés vers les zones les plus fraîches : salle climatisée, pièce rafraîchie, salon ombragé ou espace commun mieux ventilé. Les déplacements inutiles sont limités.
- Les équipes peuvent aussi proposer des brumisateurs, des linges frais sur le visage ou les avant-bras, des vêtements légers.
Le soir et la nuit : éviter les complications tardives
Une personne âgée peut souffrir des effets de la grande chaleur, mais son corps n’en montre les signes qu’en fin de journée. C’est pourquoi la vigilance des soignants reste constante même la nuit.
Surveillance des résidents fragiles
Même lorsque le soleil baisse, les risques liés à la canicule ne disparaissent pas. Les nuits restent très chaudes. L’organisme récupère mal. Les personnes vulnérables peuvent alors se dégrader tardivement.
- Le soir, les équipes vérifient que les résidents ont bu suffisamment. Elles les incitent à le faire, et laissent une boisson fraîche à leur chevet.
- Elles observent leur fatigue, leur respiration, leur état de conscience et leur confort. Pour les personnes les plus fragiles, température et tension complètent cette surveillance.
- Une attention particulière est portée aux résidents qui ne demandent rien. Certains ne se plaignent pas, même lorsqu’ils ont trop chaud. D’autres ne peuvent pas exprimer clairement leur malaise.

Vigilance nocturne renforcée
La nuit, les équipes assurent des rondes. En période de vigilance canicule, ces passages sont renforcés, en particulier pour les résidents les plus à risque. Infirmiers et aides-soignants vérifient la température des chambres, l’accès à l’eau, l’état général et l’absence de malaise de chaque personne âgée.
Si le résident est confus, très somnolent, fiévreux ou inhabituellement agité, l’équipe peut agir immédiatement. La rapidité de réaction (réhydratation, appel du médecin coordonnateur ou aux services d’urgences) est essentielle pour éviter une complication.
Quels sont les principaux risques surveillés en période de canicule ?
Les effets d’une canicule sur le corps humain sont multiples. Chez les personnes âgées tout particulièrement, il faut surveiller les symptômes suivants :
- La déshydratation : chez une personne âgée, elle peut entraîner confusion, infection urinaire, malaise ou hospitalisation ;
- Le coup de chaleur : il correspond à une incapacité du corps à réguler sa température corporelle. C’est une urgence médicale.
- Malaises et chutes peuvent également en être la conséquence. La fatigue, la baisse de tension, les vertiges augmentent le danger. De même, les pathologies chroniques peuvent s’aggraver.
Pourquoi les personnes âgées sont-elles particulièrement vulnérables ?
Avec l’âge, le corps régule moins bien la chaleur. La transpiration peut être moins efficace. La sensation de soif diminue. La mobilité est parfois réduite. Une personne âgée peut donc rester dans une chambre chaude sans penser à demander de l’aide.
Les maladies chroniques augmentent aussi les risques. Les troubles de mémoire, comme la maladie d’Alzheimer, compliquent la compréhension des consignes.
Enfin les traitements médicamenteux nombreux pris par les seniors peuvent influencer l’équilibre hydrique, la tension ou la température.
FAQ
Le plan canicule est-il obligatoire en EHPAD ?
Les EHPAD sont préparés aux situations sanitaires exceptionnelles. Le plan Canicule pour les EHPAD s’inscrit dans cette structure et offre cette possibilité. De prévoir les actions à mettre en œuvre.
À partir de quelle température les mesures sont-elles renforcées ?
Il n’existe pas un seuil unique valable partout. Les niveaux sont définis par Météo France selon les températures locales, la durée de l’épisode, les nuits chaudes et les risques pour la population.
Comment les équipes détectent-elles une déshydratation ?
Elles surveillent la baisse des apports en eau, la fatigue, la bouche sèche, les vertiges, la confusion, la fièvre, la baisse de tension et les urines moins fréquentes.
Les familles peuvent-elles être informées des mesures prises ?
Oui. Les familles peuvent demander quelles mesures sont appliquées. Le dialogue avec l’établissement est important.
Que faire si l’on s’inquiète pour un proche pendant une canicule ?
Il faut contacter l’EHPAD, demander des nouvelles précises et signaler tout changement connu : traitement récent, fatigue, refus de boire, antécédents médicaux.





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