Votre père va prochainement quitter son domicile pour emménager dans un EHPAD. Vous avez réglé la question du financement de sa place, entre ses ressources propres et les aides possibles. Mais une question demeure : lui restera-t-il suffisamment d’argent pour vivre au quotidien ? Autrement dit, quel sera son reste à vivre ?

Comment est calculé le reste à vivre en EHPAD ?

Le budget de l’hébergement en EHPAD pour une personne âgée dépendante est assez conséquent. De fait, pour un grand nombre de résidents, après paiement de la facture mensuelle, leur compte est presque vide. Leur reste à vivre est donc très faible.

Qu’est-ce que le reste à vivre ?

Le reste à vivre désigne la somme mensuelle dont peut disposer la personne âgée après paiement de sa participation aux frais d’hébergement et de dépendance en établissement.

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Senior qui regarde son reste à vivre

Ce que coûte l’EHPAD aux résidents

En EHPAD, la facture remise au résident comprend deux grandes parties :

  • Le tarif hébergement : loyer de la chambre, restauration, entretien, activités et animations ; 
  • Le tarif dépendance : accompagnement de la personne dans les actes du quotidien.

Le calcul du reste à charge prend en compte : 

  • d’un côté : les ressources du résident et les aides financières qui peuvent s’appliquer ;
  • Et de l’autre les frais de l’EHPAD. 

Le rôle de l’ASH dans le financement

Les personnes dont les revenus sont inférieurs au coût de l’EHPAD sont éligibles à l’Aide sociale à l’hébergement (ASH). Elle couvre l’entièreté des frais restants après paiement par le résident, aides financières et, éventuellement, participation des obligés alimentaires.

Quelles aides influencent le montant restant ?

Chaque aide permet de réduire le montant global à payer par le résident et sa famille.

L’ASH (Aide sociale à l’hébergement)

L’ASH est l’aide la plus importante lorsque les personnes n’ont pas assez de revenus pour financer leur séjour. Elle peut prendre en charge tout ou partie du tarif hébergement, sous conditions de ressources et à condition que l’établissement soit habilité à l’aide sociale.

Délivré par le conseil départemental, le montant de l’ASH est calculé pour laisser à la personne âgée un minimum de 10 % de ses revenus mensuels, ou a minima 125 €.

Attention : L’ensemble des sommes versées par le département à la personne âgée peuvent faire l’objet d’une récupération ultérieure, notamment sur succession.

L’APA (Allocation personnalisée d’autonomie)

L’APA en établissement est ouverte à toute personne de 60 ans et plus, évaluée en GIR 1 à 4 uniquement sur l’échelle AGGIR de la perte d’autonomie. Son rôle est de financer une partie du tarif dépendance facturé en EHPAD ou en USLD. 

Plus le GIR traduit une dépendance importante, plus le tarif dépendance peut être élevé. L’APA vient alors réduire celui-ci sans en couvrir l’intégralité. Son montant est calculé en fonction du niveau de GIR et des ressources du résident. 

L’obligation alimentaire familiale

Lorsqu’une personne âgée demande l’ASH, le département examine sa situation financière, mais également celle de ses obligés alimentaires, à savoir ses enfants et beaux-enfants. 

Dans bien des cas, l’ASH est attribuée, charge aux obligés alimentaires de participer également au paiement des frais d’EHPAD. 

Pourquoi le montant d’argent de poche varie-t-il autant ?

D’une personne à l’autre et d’une situation à l’autre, le montant d’argent de poche disponible et/ou nécessaire peut être très différent. Voici pourquoi.

Le niveau de ressources du résident

Une personne ayant une petite retraite et bénéficiant de l’ASH ne disposera souvent que du minimum légal laissé par l’allocation, soit 10 % de ses revenus avec un plancher de 125 €. De même le senior dont les revenus dépassent étroitement le coût résiduel de l’EHPAD après aides ne pourra également bénéficier que d’une somme marginale. 

Par contre, les résidents aux revenus largement supérieurs au coût mensuel de l’établissement auront tout loisir de puiser sans contrainte dans leurs ressources.

Le patrimoine et l’épargne peuvent aussi jouer : une personne dont les revenus mensuels suffisent à couvrir son hébergement en EHPAD, mais qui dispose d’un patrimoine mobilier et/ou immobilier bénéficie de ressources complémentaires.

Le niveau de dépendance (GIR)

Le degré de GIR a une incidence sur le coût du séjour en EHPAD, puisqu’il détermine le tarif dépendance que doit acquitter la personne âgée.

Il existe trois tarifs, fixés par le conseil départemental :

  • Un tarif équivalent au ticket modérateur : GIR 5 – GIR 6 : celui-ci est, en moyenne, de 180 € par mois, et dû par tout résident.
  • Un tarif pour les personnes GIR 3 – GIR 4, aux alentours de 450 € mensuels ;
  • Un tarif GIR 1 – GIR 2, d’environ 700 € par mois.

Un résident d’EHPAD dont les ressources sont inférieures à 2 846,77 € ne paie que le ticket modérateur, grâce à l’allocation personnalisée d’autonomie. Les personnes aux revenus plus importants s’acquittent de sommes plus élevées, le montant de l’APA étant lié aux ressources.

La politique du département

C’est le conseil départemental qui fixe le montant du tarif dépendance dans tous les établissements du département. Les variations, d’un département à l’autre, sont réelles, quoique limitées (plus ou moins 20 %).

L’ASH est également de la responsabilité du département. Les conditions d’attribution, la rapidité d’instruction et certaines pratiques d’évaluation peuvent aussi varier d’un conseil départemental à l’autre.

Senior qui se renseigne sur le tarif dépendance

Des restes à vivre très éclatés

Le reste à vivre en EHPAD varie très fortement selon ces trois critères. Voici trois exemples pour des personnes en GIR 3 – GIR 4 :

  • A : Un résident aux revenus modestes, hébergé dans un établissement habilité à l’aide sociale, qui reçoit l’ASH, l’APA et l’APL ;
  • B : Un résident d’un EHPAD public, aux ressources confortables, qui bénéficie de l’APA ;
  • C : Un résident d’un EHPAD privé, dont les revenus sont importants et qui reçoit le montant minimum de l’APA pour son niveau de dépendance.
ABC
MONTANT EHPAD220027003200
REVENUS MENSUELS RÉSIDENT150035004500
APA SUR TARIF DÉPENDANCE270150100
ASH480
APL100
PAYÉ PAR LE RÉSIDENT1350 (90 % DE SES REVENUS)25503100
RESTE À VIVRE150 (1500 -1350)9501400

Quel est le montant moyen d’argent de poche en EHPAD ?

Compte tenu des différents critères entrant dans le calcul du reste à vivre des personnes âgées en établissement, Il n’existe pas un montant moyen d’argent de poche. Celui-ci peut largement varier en fonction : 

  • Des besoins des résidents,
  • De leurs capacités financières,
  • De l’aide apportée par leur famille.

Toutefois, il faut rappeler que l’on peut vivre en EHPAD sans rien dépenser d’autre que le montant de l’hébergement. L’argent de poche permet simplement d’améliorer la vie quotidienne et de s’offrir certains services de confort. Il peut ainsi donner accès à :

  • Des séances de coiffure ou d’esthéticien,
  • Certaines animations et sorties payantes,
  • L’accès à la télévision, voire à internet, 
  • Des en-cas

En pratique, le reste à vivre laissé par l’ASH (soit un minimum de 125 €) est largement suffisant pour la grande majorité des seniors en EHPAD. 

Peut-on améliorer le reste à vivre en EHPAD ?

On peut chercher à maximiser son reste à vivre en établissement :

  • En optimisant les aides existantes ;
  • En demandant une révision de l’ASH si ses revenus diminuent ou si les coûts de l’EHPAD augmentent ; 
  • En vérifiant l’exactitude et la validité des ressources prises en compte dans l’attribution de l’ASH et des autres aides. Une erreur peut affecter l’attribution et le montant d’une aide ;
  • En se tournant vers la caisse de retraite complémentaire, la mutuelle santé, le CCAS qui, tous, peuvent délivrer des aides à l’hébergement en établissement.

FAQ

Combien d’argent reste-t-il en EHPAD après l’ASH ?

En général, la personne âgée doit conserver au minimum 10 % de ses revenus mensuels, sans jamais descendre sous 125 € par mois en 2026. 

L’APA réduit-elle le reste à vivre ?

Pas directement. L’APA réduit surtout une partie du tarif dépendance, ce qui allège la facture globale et protège indirectement le budget du résident. 

Le département peut-il tout prendre ?

Non. L’ASH doit laisser un minimum légal au résident pour ses dépenses personnelles. Le département ne peut donc pas réduire ce reste à zéro. 

Existe-t-il un minimum d’argent de poche obligatoire ?

Oui. En 2026, ce minimum est en général de 10 % des revenus mensuels, avec un plancher de 125 € par mois. 

Qui décide du montant restant au résident ?

Le montant dépend du calcul global des aides, notamment de l’ASH et de l’APA, selon les règles légales et l’instruction du conseil départemental.