Votre mère s’est récemment fracturée le col du fémur. Après 20 jours à l’hôpital, elle a passé près de deux mois en service de soins de suite et de réadaptation. Si elle a pu récupérer une partie de ses capacités physiques, il est clair qu’elle en sortira plus dépendante qu’auparavant. Le temps d’aménager sa maison et d’organiser la prise en charge humaine de ses nouveaux besoins, un hébergement temporaire en EHPAD vous a été suggéré. Le placement temporaire en EHPAD est très encadré, cet article vous explique en détail de quoi il s’agit.
Qu’est-ce qu’un court séjour en EHPAD après hospitalisation ?
L’EHPAD est un établissement spécialisé dans l’accueil des personnes âgées dépendantes. La majorité des places sont aujourd’hui occupées de manière permanente, mais certains établissements proposent des chambres pour de courts séjours.
Court séjour en EHPAD, une définition
L’hébergement temporaire en EHPAD correspond à une admission limitée dans le temps. Il permet d’accueillir une personne âgée qui ne peut pas rentrer immédiatement à son domicile après une hospitalisation.
Court séjour ou EHPAD permanent : quelle différence ?
Le séjour permanent en EHPAD a comme principale conséquence le fait que l’EHPAD devient le domicile du résident :
- Il peut personnaliser son environnement, apporter des objets personnels dans sa chambre.
- Il bénéficie d’un accompagnement sur le long terme, en lien avec son niveau d’autonomie et ses pathologies.
À l’inverse, l’hébergement temporaire en EHPAD a une tout autre fonction. Transitoire, le passage en EHPAD permet à la personne d’être prise en charge sur le court terme, dans l’attente d’une autre solution d’hébergement. Son séjour ne peut excéder 3 mois.

Court séjour en EHPAD, pour quelles situations ?
L’hébergement temporaire s’adresse aux personnes âgées qui traversent une période de fragilité ou dont le maintien à domicile est momentanément impossible.
Hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation : pour qui et pourquoi ?
Le court séjour en EHPAD après hospitalisation concerne une grande diversité de situations :
1. Besoin d’une prise en charge même après un passage à l’hôpital. Cela concerne aussi bien les seniors ayant subi une chute avec une fracture ou une opération, et qui nécessitent une convalescence surveillée.
2. Des travaux dans le domicile : le domicile étant impraticable, un court séjour en résidence médicalisée permet à la personne de bénéficier d’un environnement adapté à son état de santé.
3. L’absence provisoire de l’aidant familial : après avoir organisé les soins en hôpital puis en SSR, il peut avoir besoin d’un répit avant de prendre de nouveau en charge son parent à domicile. Pendant son absence, l’accueil temporaire garantit sécurité et mode de vie adapté à son état. Dans certains cas, on peut privilégier un accueil de jour en EHPAD.
4. Le court séjour peut également être un moyen de « tester » l’EHPAD avant de prendre une décision.
Quelle est la durée maximale d’un hébergement temporaire en EHPAD ?
Le temps maximal de l’hébergement temporaire est strictement encadrée par la réglementation, mais une grande souplesse est possible dans l’organisation des temps de séjour dans l’année.
Accueil temporaire : la règle des 90 jours
La durée maximale d’un hébergement temporaire en EHPAD est fixée à 90 jours par an. Cette règle s’applique, quel que soit le motif de l’admission. Concrètement, une personne âgée ne peut pas bénéficier d’un accueil temporaire de plus de 3 mois au cours d’une année civile.
Toutefois, il peut exister des cas de dépassement des trois mois :
- si une personne âgée est placée en urgence en EHPAD, elle a droit à une place en urgence en établissement pendant 15 jours, renouvelable une fois, soit un mois ;
- si un hébergement temporaire est ensuite trouvé pour la personne, celle-ci peut être de 3 mois. Ainsi, le senior pourra bénéficier 4 mois d’un court séjour dans une année.
Bon à savoir :
- certains établissements privés ouvrent leur porte à de « longs » courts séjours, soit un accueil pendant 6 mois au maximum ;
- le plafond de 90 jours s’entend pour une année : un senior peut donc tout à fait être hébergé en accueil temporaire pendant 90 jours chaque année.
Un ou plusieurs courts séjours ?
Il est possible d’envisager des séjours fractionnés et répétés — longs week-ends, plusieurs fois un mois, etc. Bien évidemment, la longueur totale du séjour sur un an peut être inférieure à 90 jours.
Cette souplesse peut cependant se heurter aux réalités et contraintes des EHPAD : il faut prévoir à l’avance les dates des séjours, au risque de ne pouvoir disposer d’une chambre libre.
Hébergement temporaire d’urgence pour personnes âgées : est-ce possible ?
Dans certains cas, il faut trouver un hébergement temporaire d’urgence en EHPAD.
Les situations d’urgence pour l’hébergement temporaire en EHPAD
Dans la réalité, l’urgence arrive souvent après une sortie d’hôpital (fracture, infection, chute, décompensation), quand le retour à domicile jusque-là envisagé sereinement est impossible :
- Sortie d’hospitalisation avec perte d’autonomie temporaire (marche difficile, troubles de l’équilibre, besoin d’aide pour la toilette) et non anticipée ;
- Aidant brutalement indisponible ;
- Domicile inadapté (escaliers, salle de bain dangereuse) rendant le maintien à domicile risqué ;
- Situation de crise familiale (absence de solution immédiate, tension, isolement).
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Comment trouver un court séjour en urgence ?
Il faut rapidement repérer un EHPAD qui assure la sécurité de la personne âgée, le temps de stabiliser sa situation médicale ou familiale et d’organiser la suite. Plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider pour cela.
En sortie d’hôpital
Quand une hospitalisation est en cours ou vient de se terminer, l’assistante sociale peut :
- Évaluer l’urgence et formaliser la demande,
- Contacter les EHPAD disposant de chambres de court séjour,
- Aider à monter un dossier rapidement (identité, couverture maladie, ressources, niveau d’autonomie),
- Se coordonner avec le conseil départemental si une aide (ex. ASH) doit être envisagée.
Après l’hôpital
En sortie de SSR, ou après un retour d’hospitalisation à domicile qui s’avère impossible à gérer par la personne âgée, le centre communal d’action sociale (CCAS) ou un CLIC (Centre local d’information et de coordination) quand il existe peuvent orienter et parfois faciliter les démarches.
En urgence, l’objectif n’est pas de « trouver l’EHPAD parfait », mais un lieu sûr, avec des soins et une surveillance adaptés, pour passer le cap.
L’hébergement temporaire en EHPAD est-il gratuit ?
Non, dans l’immense majorité des cas, l’hébergement temporaire n’est pas gratuit. C’est même une idée reçue : certaines familles pensent que « comme c’est médical » ou « comme c’est provisoire », tout serait pris en charge. En réalité, les personnes âgées en court séjour font face aux mêmes tarifs que les résidents permanents.
Par contre, certaines aides peuvent fortement réduire le reste à charge.
LIRE AUSSI : Hébergement temporaire pour personnes âgées : prix par jour, aides possibles, reste à charge
Hébergement temporaire en EHPAD : combien ça coûte ?
Le court séjour en EHPAD n’est pas gratuit et suit les tarifs fixés par chaque résidence.
Les 3 blocs de facturation : hébergement, dépendance, soins
Les EHPAD facturent trois volets distincts :
- Un tarif hébergement, qui comprend le loyer de la chambre, les repas, l’entretien des locaux, la blanchisserie, une partie des animations et activités proposées. Il varie selon le secteur de l’EHPAD (public/associatif/commercial), sa localisation, le niveau de confort.
- Un tarif dépendance, lié au niveau du GIR (groupe iso-ressources), c’est-à-dire le degré de dépendance. Il est fixé par le conseil départemental. Plus le niveau de dépendance est important, plus le tarif est élevé.
- Un tarif soins, couvrant les soins courants de la personne âgée, ce coût est entièrement financé par l’Assurance Maladie.
Quel prix moyen pour un hébergement temporaire en EHPAD ?
Lors de son enquête EHPA de 2023, la DREES faisait état de tarifs moyens pour l’ensemble des EHPAD :
- Le prix journalier moyen pour l’hébergement se situait autour de 72 € ;
- Le tarif dépendance journalier est d’environ 6 € pour le tarif GIR 5-6, 14 € pour le tarif GIR 3-4 et jusqu’à 23 € par jour pour GIR 1-2.
Ainsi une personne GIR 3-4 paiera en moyenne par jour 86 €, et une personne plus lourdement dépendante 95 €.
Le coût total dépend alors de l’étendue du séjour.
Les « petits » coûts qui peuvent faire grimper la note
Même en hébergement temporaire, certains frais peuvent s’ajouter au prix de base :
- Un supplément chambre individuelle (si toutes ne le sont pas) ;
- Le service blanchisserie/repassage,
- Des services optionnels comme le coiffeur, le pédicure, des sorties, certaines animations ;
- Le téléphone, la télévision dans la chambre, des formules repas haut de gamme.
Quelles aides financières pour un court séjour en EHPAD ?
Si les résidents permanents en EHPAD bénéficient de plusieurs aides financières possibles pour financer une partie du prix, les personnes accueillies temporairement ont également le droit à certaines de ces aides (mais pas toutes).
L’APA
L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) sert à financer une partie des besoins liés à la dépendance. Les personnes âgées de 60 ans et plus bénéficiant déjà de l’APA à domicile pourront immédiatement en bénéficier dans l’établissement. En EHPAD, le montant de l’APA dépend du niveau de GIR et des ressources du senior.
Le court séjour ne supprime pas l’APA : en revanche, elle peut être ajustée par l’équipe médico-sociale du conseil départemental, car le contexte et les besoins changent.
Si la personne n’était pas bénéficiaire de l’APA, une évaluation de son niveau de GIR par le médecin coordonnateur de l’établissement en lien avec le conseil départemental permettra de lui ouvrir ses droits à l’APA.

L’ASH : l’aide sociale à l’hébergement
L’ASH est une aide qui peut prendre en charge tout ou partie du coût global de l’établissement. Elle est accordée sous conditions :
- Il faut résider dans un EHPAD habilité à l’ASH,
- La personne âgée ne peut pas payer l’ensemble des coûts de l’EHPAD pour cause de revenus insuffisants.
Après avoir éventuellement demandé aux proches une obligation alimentaire, le conseil départemental verse à l’établissement le complément entre ce que la personne âgée peut payer et ce que réclame l’EHPAD.
Pas d’APL en hébergement temporaire
Contrairement aux résidents permanents d’un EHPAD, les personnes hébergées à titre temporaire ne peuvent pas bénéficier d’une aide au logement, APL ou ALS.
Autres aides ponctuelles
Certaines mutuelles et certaines caisses de retraite peuvent apporter une aide financière pour un hébergement temporaire. Il convient de se renseigner auprès de ces organismes pour connaître l’existence ou non de ces aides, et le cas échéant les conditions d’attribution.
De même, le CCAS et le département peuvent, sur demande personnalisée et selon des conditions spécifiques, apporter une aide ponctuelle aux plus démunis.
Court séjour ou entrée définitive en EHPAD : comment décider ?
Lorsqu’une personne âgée devient très dépendante de manière durable après un passage à l’hôpital, les familles peuvent se demander s’il n’est pas plus judicieux de chercher une place permanente en EHPAD. Toutefois, le court séjour présente plusieurs avantages.
Quand l’hébergement temporaire a tout son sens
Le choix d’un court séjour est tout à fait pertinent quand son objectif est de permettre à la personne âgée de :
- Récupérer après un passage à l’hôpital ;
- Sécuriser la personne, le temps d’adapter son logement;
- Organiser des aides à domicile ;
- Soulager l’aidant et prévenir son épuisement.
Dans tous les cas, il est important de fixer dès le départ une date-butoir pour une réévaluation de l’état du senior. Si pendant le premier mois de son séjour en EHPAD, celui-ci reste lourdement dépendant sans promesse d’une amélioration, le court séjour peut être considéré comme une première expérience, un premier pas vers un hébergement permanent.
Quand le temporaire devient permanent
Ainsi, certains signaux pendant l’hébergement provisoire peuvent indiquer qu’une prise en charge permanente en établissement est nécessaire. Par exemple :
- Des chutes répétées,
- Une désorientation persistante malgré les aides,
- Des troubles cognitifs qui s’aggravent,
- Un besoin de surveillance 24 h/24,
Doivent conduire à anticiper un placement permanent en EHPAD.
Quel que soit l’état de santé de la personne, il est indispensable de s’interroger sur la meilleure solution pour lui et de choisir un EHPAD adapté à la situation.
FAQ : hébergement temporaire et court séjour en EHPAD
Qu’est-ce qu’un EHPAD en court séjour ?
Un EHPAD en court séjour propose un hébergement temporaire, souvent après une hospitalisation, lorsque le retour à domicile est impossible. Il permet une prise en charge sur un temps limité.
Quelle est la durée maximale d’un hébergement temporaire ?
La durée maximale d’un hébergement temporaire en EHPAD est généralement de 90 jours par an, consécutifs ou fractionnés, selon les règles appliquées par le département et l’établissement.
Peut-on rester plus de 90 jours en accueil temporaire ?
Oui, mais uniquement si l’on a suivi une procédure d’urgence pour l’hébergement. Dans ce cas, le séjour peut durer jusqu’à 4 mois. Certains EHPAD privés permettent également des séjours allant jusqu’à 6 mois.
L’hébergement temporaire est-il gratuit ?
Non. L’hébergement temporaire en EHPAD n’est pas gratuit. Le résident paie le tarif hébergement et une part du tarif dépendance, même si des aides peuvent réduire le reste à charge.
Quel est le prix d’un court séjour en EHPAD ?
Le prix d’un court séjour en EHPAD se situe en moyenne entre 70 et 100 € par jour, selon la région, le type d’établissement et le niveau de dépendance, hors aides financières.
Existe-t-il des hébergements temporaires d’urgence ?
Oui. En cas d’urgence, un hébergement temporaire d’urgence peut être organisé.
Qui fait la demande après l’hospitalisation ?
La demande est le plus souvent initiée par l’assistante sociale de l’hôpital, en lien avec la famille. Elle contacte les établissements et aide à constituer le dossier rapidement.
Le court séjour peut-il devenir définitif ?
Oui. Le court séjour en EHPAD peut servir de période de transition. Si l’état de la personne ne permet pas un retour à domicile et si l’EHPAD a des chambres disponibles, le séjour peut devenir permanent.


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