Un de vos proches est atteint de la maladie d’Alzheimer et vous vous posez la question d’un placement en unité de vie protégée (UVP) en EHPAD. Or les familles manquent souvent d’informations claires sur ces établissements : qui peut entrer en unité protégée, quels sont les critères d’admission, comment se déroule l’évaluation, combien coûte ce type d’établissement d’hébergement ? Ce guide vous permet de comprendre, étape par étape, le fonctionnement des UVP.

UVP en EHPAD : c’est quoi exactement ?

Si tout le monde sait ce qu’est un EHPAD ou une maison de retraite, l’unité de vie protégée reste moins connue. En voici les principales caractéristiques.

Le principe de l’unité vie protégée pour troubles cognitifs sévères

Une unité de vie protégée (UVP) est un espace sécurisé au sein d’un EHPAD, dédié aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les patients peuvent présenter des troubles cognitifs importants, entraînant désorientation, risques de fugue, voire problèmes de comportement sévères

Ces UVP sont des structures sécurisées, dotées de personnel formé à la prise en charge des patients Alzheimer et de leurs symptômes. 

Senior en UVP

Sécurité, apaisement et accompagnement des malades

L’objectif principal de la vie en UVP est de préserver la qualité de vie des résidents, et tout particulièrement de :

  • Limiter leur angoisse liée à la désorientation ;
  • Sécuriser leur circulation dans une unité de vie à taille humaine ;
  • Leur permettre de se repérer dans tous les espaces de vie ; 
  • Proposer un plan de soins personnalisé centré sur la vie sociale, grâce à un accompagnement et de nombreuses activités adaptées à leur condition. 

Les unités de vie offrent généralement un salon, une salle à manger, parfois un jardin sécurisé, où les résidents peuvent évoluer librement dans un environnement rassurant.

UVP, PASA, UHR, EHPAD Alzheimer : quelles différences ? 

La prise en charge de la dépendance est très majoritairement effectuée dans les EHPAD. Lorsque les personnes âgées présentent des formes déjà avancées de la maladie d’Alzheimer, des établissements spécifiques sont les mieux à même de les prendre en charge : 

  • L’UVP, qu’on appelle aussi unité Alzheimer, propose un hébergement temporaire ou, le plus souvent, permanent.
  • Le PASA (Pôle d’activités et de soins adaptés) est un accueil de jour au sein de l’EHPAD, pour les résidents d’EHPAD classique avec troubles du comportement modérés. Il est également ouvert aux malades vivant à leur domicile. Ces personnes viennent chaque jour de la semaine ou certains jours, afin d’être accompagnés, soignés et de profiter d’activités destinées à ralentir la progression de la maladie.
  • L’UHR (unité d’hébergement renforcée). C’est une structure d’hébergement temporaire pour troubles du comportement sévères altérant fortement la sécurité et la qualité de vie de la personne.

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Les 4 types d’unités Alzheimer expliquées simplement

  • UVP : petite unité avec hébergement permanent, sécurisé, pour malade Alzheimer modérés
  • Unité Alzheimer : autre appellation de l’UVP
  • PASA : unité de vie de jour pour patients souffrant de troubles cognitifs modérés
  • UHR : hébergement renforcé pour malades présentant des troubles cognitifs et du comportement sévères

Qui peut entrer en UVP ?

Niveau de dépendance et gravité des symptômes sont les deux critères essentiels dont dépend la prise en charge en unité de vie protégée.

Des troubles cognitifs sévères

Premier critère d’admission en unité protégée, des problèmes cognitifs invalidant comme :

  • Une désorientation spatiale majeure ;
  • Une errance fréquente, des déambulations incessantes ;
  • L’incapacité d’accomplir des tâches quotidiennes (hygiène, repas, démarches…).

Des troubles du comportement inquiétants

La maladie d’Alzheimer ou les maladies apparentées induisent par ailleurs des comportements de plus en plus préoccupants à mesure que la maladie évolue. Les UVP gèrent ces manifestations, comme : 

  • Une agitation importante ;
  • Des angoisses nocturnes ;
  • Des cris répétés ;
  • Une agressivité verbale ou physique croissante ;
  • Des hallucinations ; 
  • Des comportements inadaptés et/ou désinhibés…

Surveiller les comportements dangereux pour la personne

Les unités protégées prennent en charge les patients Alzheimer nécessitant une surveillance permanente afin d’éviter : 

  • Des fugues potentiellement dangereuses (disparition) ;
  • Des risques de chute majeurs ;
  • Des gestes et comportements dangereux pour leur santé et celle des personnes les entourant.

Ce qui n’est pas un critère pour entrer en UVP

À l’inverse, ne justifient pas forcément une admission unité protégée :

  • Des pertes de mémoire liées à l’âge ou à la phase précoce de la maladie d’Alzheimer (affection de la mémoire récente, oublis légers…) ;
  • L’âge : on peut avoir 85 ans, avoir des pertes de mémoire, et rester chez soi ou vivre en EHPAD classique ;
  • Un diagnostic de maladie d’Alzheimer ou apparentée, dans une forme ou une phase légère.

Critères d’admission en UVP

SymptômeCritère UVP ?Indice de sévérité
Oublis légersEn général nonFaible
80 ans et plusNon, si peu de symptômesFaible
Angoisses vespérales, agitation sans autres troubles de comportementNon, une prise en charge en EHPAD classique ou un maintien à domicile avec aides reste la meilleure solution
Fugues répétéesOui, priorité UVPTrès élevé
Agressivité avec mise en dangerOui, voire UHRTrès élevé

Le rôle du GIR dans l’admission en UVP

Avant d’avoir le feu vert pour entrer dans une unité de vie protégée, la personne âgée doit d’abord être évaluée sur de nombreux critères.

Pourquoi le GIR ne suffit pas pour en tirer en UVP ?

Le rôle du GIR en EHPAD est important : son niveau, qui mesure la dépendance physique et cognitive, doit être compris entre 4 (dépendance modérée) et 1 (dépendance très lourde) pour que la personne âgée bénéficie de l’APA et soit admise dans un EHPAD. 

Toutefois, le niveau de GIR n’est pas un passeport automatique pour une admission en unité de vie protégée. Par exemple, une personne très lourdement dépendante, restant alitée en permanence et évaluée GIR 1 n’aura pas sa place en UVP, alors qu’un senior GIR 3 présentant de forts troubles du comportement comme de l’agressivité ou des risques de fugues importants pourra y être admis.

L’évaluation médico-psychologique préalable

L’admission en UVP repose non seulement sur le fait que le patient est bien évalué entre GIR 4 et GIR 1 pour sa dépendance, mais également sur un avis médical spécifique :

  • Celui du médecin traitant ou gériatre,
  • Éventuellement renforcé par celui d’un psychiatre, 
  • Confirmé par celui du médecin coordonnateur de l’EHPAD.

L’objectif de cette évaluation multiple est de bien comprendre :

  • La nature et la gravité des troubles du comportement, 
  • L’état de santé du futur résident,
  • Et les besoins de soins et d’accompagnement.

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L’importance du diagnostic d’ Alzheimer 

L’UVP est un endroit conçu spécifiquement pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. D’autres pathologies aux effets proches, comme la démence à corps de Lewy ou la démence fronto-temporale par exemple, peuvent être concernées. 

Un diagnostic précis permet d’envisager l’évolution de la maladie et de ses conséquences sur le comportement de la personne âgée. Il est donc fondamental pour déterminer l’utilité pour le patient d’intégrer une unité protégée.

Comment se déroule l’évaluation en pratique ?

L’évaluation médico-psychologique repose sur plusieurs éléments : 

  • Un bilan médical sur l’état de santé,
  • Un diagnostic et un bilan neuropsychologique (mémoire, attention, comportements).
  • Des échanges avec la famille sur la qualité de vie de la personne actuellement à domicile.
  • À l’issue de l’évaluation, l’équipe fait une proposition d’orientation vers l’UVP, un PASA ou une autre solution.

Processus d’admission en unité protégée

Comment s’effectue concrètement le parcours du patient, du moment où il est envisagé un placement en UVP et le placement effectif ? Quatre étapes suffisent.

Étape 1 : la demande d’admission du médecin traitant

Le médecin traitant de la personne atteinte d’Alzheimer, ou à défaut un gériatre ou un médecin hospitalier, alerte la famille sur la nécessité d’une vie protégée en établissement : chutes, errance, épuisement de l’aidant… Il rédige un courrier pour une admission en unité protégée d’EHPAD.

Étape 2 : la transmission du dossier admission à l’UVP

La famille constitue un dossier d’admission en EHPAD comprenant :

  • Les éléments administratifs requis : identité, ressources, impôts etc ;
  • Le volet médical rédigé par le médecin ayant alerté sur l’état du patient et détaillant la maladie d’Alzheimer, les traitements actuels, les troubles comportement.

Ce dossier d’admission doit être rempli une seule fois et peut être transmis à plusieurs unités vie protégée, afin d’augmenter les chances d’avoir une place.

Étape 3 : visite d’évaluation dans l’unité Alzheimer 

L’établissement organise souvent une visite de pré-admission qui consiste en :

  • Une rencontre entre le futur résident et l’équipe ;
  • Une rencontre avec sa famille (proche, aidant…) ;
  • Une observation de son comportement dans la vie sociale de l’UVP ;
  • Des échanges autour d’un plan de soins personnalisé afin d’organiser son accompagnement pour assurer une bonne qualité de vie au résident

Étape 4 : la décision de l’UVP

L’admission dans un UVP est enfin décidée en commission interne : direction, cadre de santé, médecin coordonnateur réunis vérifient :

  • La compatibilité du profil du demandeur avec celui des autres résidents dans l’EHPAD ;
  • La capacité de l’UVP à assurer un accompagnement adapté ;
  • La cohérence du projet de vie protégée avec les valeurs et les capacités de l’unité.

Délais d’admission : pourquoi les unités protégées sont souvent saturées

Les unités de vie protégées ont peu de lits (10 à 20 en moyenne) et ciblent une population très spécifique. Du fait de l’allongement de la durée de vie en France, les cas de maladie d’Alzheimer sont de plus en plus nombreux (ils se déclarent tardivement, après 80 ans). D’ailleurs, près de 40% des résidents d’EHPAD (toutes structures confondues) sot atteints de dégénérescence cognitive liée à cette maladie.

Les délais d’attente en UVP peuvent donc être plus longs qu’en EHPAD classique : peu de lits, beaucoup de demandes.  

Que faire si la personne âgée ou l’établissement refuse son admission ?

Il peut arriver que la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ne donne pas son consentement à une entrée en EHPAD Alzheimer. De même, un établissement peut ne pas accepter une demande d’admission. Des solutions existent pour remédier à ces blocages.

Personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ne donne pas son consentement à une entrée en EHPAD Alzheimer

Dialoguer avec le malade Alzheimer pour le convaincre

Le refus d’entrer en EHPAD Alzheimer n’est pas rare : peur de quitter son cadre de vie, méfiance, incompréhension liée aux troubles cognitifs… Discuter et chercher à convaincre la personne doit être le premier réflexe. On peut par exemple : 

  • Passer par le médecin ou un psychologue pour expliquer l’accompagnement proposé ;
  • Présenter l’UVP comme une nouvelle vie sociale plus sécurisée ;
  • Organiser plusieurs visites courtes pour que le senior s’adapte à son nouvel environnement.

Quand le refus met en danger la personne Alzheimer

Si son comportement met clairement en danger la personne âgée ou ses proches (fugue, agressivité, violence physique…), l’entrée en EHPAD devient une nécessité urgente. Dans ces cas, une hospitalisation en gériatrie ou en psychiatrie peut être une étape avant l’UVP.

L’entrée en EHPAD sans consentement 

Si la personne refuse, malgré toutes les tentatives d’intégrer une UVP, la loi permet, à des conditions très strictes, une entrée en EHPAD sans consentement. La procédure met le juge du contentieux de la protection dans l’équation.

Refus d’EHPAD : les 3 options réellement possibles

  • Poursuivre le maintien à domicile avec des aides renforcées.
  • Passer par une hospitalisation puis une orientation vers UVP.
  • En dernier recours, envisager une entrée sans consentement encadrée par la loi.

Financement et aides pour UVP Alzheimer 

Afin de garantir à toutes les personnes âgées un accès dans les EHPAD et les UVP, le système social français met à disposition des aides financières. Celles-ci doivent permettre à tous de vivre décemment dans un établissement adapté à leurs besoins.

Quel est le coût moyen d’une UVP ?

Le prix moyen d’une UVP en 2025 est compris entre 2 500 et 2 800 €/mois avec des variations importantes selon les départements et l’environnement. 

Comment sont calculés les tarifs d’une UVP ?

Comme pour tout EHPAD, la répartition du paiement en EHPAD est la somme de deux tarifs :

  • Le tarif hébergement (chambre, repas, cadre vie) ;
  • Le tarif dépendance (lié au niveau de GIR) ;
  • Le tarif des soins courants, qui lui est entièrement pris en charge par l’Assurance maladie.

Les aides financières possibles : APA, ASH, APL, participation familiale

Plusieurs aides financières permettent d’alléger le coût d’une chambre en unité de vie protégée :

  • L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), exclusivement dédiée au tarif dépendance, est ouverte à toute personne hébergée en EHPAD, de plus de 60 ans, évaluée à un niveau de GIR 1 à 4. Son montant dépend des ressources de la personne.
  • L’ASH (aide sociale à l’hébergement) concerne les personnes âgées hébergées dans une UVP habilitée à l’aide sociale, et dont les ressources ne suffisent pas à payer l’intégralité de l’hébergement.
  • L’aide personnalisée au logement (APL) ou l’allocation de logement sociale selon les cas  sont accessibles sous conditions de ressources et permettent de payer une partie de l’hébergement.

Exemple du coût d’une UVP pour une personne GIR 2 dont les revenus mensuels sont de 3 000 €

ÉlémentMontant type
Prix mensuel UVP (hébergement + dépendance)2 700 €
APA-700 €
APL-150 €
Reste à charge estimé1 850 €

Quand l’UVP Alzheimer n’est pas adaptée, quelles alternatives ?

Il est des cas pour lesquels l’UVP n’est pas la solution pour une personne présentant déjà des troubles sévères liés à sa maladie. D’autres établissements peuvent paraître plus adaptés.

PASA, l’accueil de jour pour personnes atteintes d’Alzheimer

Le pôle d’activités et de soins adaptés (PASA) accueille, en journée, des personnes souffrant de troubles cognitifs modérés, pour des activités thérapeutiques adaptées à leur condition. Les patients viennent de l’EHPAD voisin, moins sécurisé, mais aussi certaines personnes vivant à domicile y sont également acceptées. 

Pour les troubles très sévères, les UHR 

Quand les troubles du comportement deviennent très lourds, ils peuvent dépasser les capacités de prise en charge de l’UVP. L’unité d’hébergement renforcée offre un encadrement plus intensif, dans l’objectif d’atténuer l’intensité des troubles. Un séjour en UHR est toujours temporaire.

Séjour temporaire sécurisé et vie protégée 

Dans certaines situations (crise familiale, retour d’hospitalisation), un séjour temporaire en unité de vie protégée peut être proposé, avant de décider d’une entrée définitive ou d’un retour à domicile.

En résumé : les points essentiels à retenir sur l’UVP

5 critères déterminants pour être admis en UVP

  • Atteintes maladie Alzheimer ou démence avec troubles cognitifs importants.
  • Risques concrets pour la sécurité (fugue, chutes, gestes dangereux).
  • Troubles du comportement impactant la qualité de vie du résident.
  • Être dépendant et évalué GIR 1 à GIR 4.
  • Faire l’objet d’une évaluation médico-psychologique.

Mini-checklist pour les familles avant admission 

  • Diagnostic de maladie d’Alzheimer ou autre démence posé
  • Évaluation médico-psychologique et dossier administratif complet
  • Estimation du tarif de l’UVP et des aides financières possibles
  • Visite de préadmission et  discussion avec l’équipe sur la qualité de vie des résidents

FAQ

Qu’est-ce qu’une unité de vie protégée (UVP) en EHPAD ?

L’unité de vie protégée se situe en général au sein d’un EHPAD. Elle est sécurisée et adaptée aux personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou d’autres démences avec des troubles cognitifs importants.

Qui peut entrer en UVP ?

Les personnes âgées présentant désorientation, risques de fugue ou troubles du comportement sévères qui nécessitent un environnement sécurisé et un accompagnement spécifique.

Quelle différence entre UVP, unité Alzheimer, PASA et UHR ?

L’UVP, comme l’unité Alzheimer dont c’est l’autre nom, propose un hébergement permanent et sécurisé. Le PASA est un accueil de jour et l’UHR une unité renforcée pour les situations les plus complexes.

Peut-on demander  une admission en UVP sans diagnostic Alzheimer ?

Oui, si la personne présente des troubles cognitifs sévères, mais un bilan est indispensable pour confirmer l’indication.

Comment se passe l’admission en UVP ?

Elle passe par un dossier d’admission, une évaluation médicale et psychologique, une visite d’observation et une décision de l’établissement.

Le GIR joue-t-il un rôle dans l’admission en UVP ?

Oui, mais il n’est pas le seul critère : les troubles cognitifs et comportementaux sont souvent déterminants et doivent faire l’objet d’une évaluation médico-psychologique..

Quel est le prix d’une UVP en EHPAD ?

Le coût est proche de celui d’un EHPAD classique, en moyenne entre 2500 et 2800 euros par mois.

Quelles aides pour financer une UVP ?

Principalement l’APA, l’ASH, les aides au logement et, parfois, des aides complémentaires de caisses de retraite ou mutuelles.

Que faire si mon proche refuse d’entrer en UVP ?

Discuter avec le médecin, envisager des séjours temporaires et, en cas de danger majeur, se renseigner sur les possibilités légales d’entrée sans consentement.