L’évolution de la maladie d’Alzheimer de votre belle-mère est pour l’instant sous contrôle. Elle peut encore rester à domicile avec quelques aides. Vous vous inquiétez du jour où vous devrez faire face à une dégradation brutale : mise en danger au domicile, fugue, crise violente… Existe-t-il une solution d’urgence pour gérer ce que vous redoutez ? Que faire dans les heures suivantes ? Qui appeler ? Quelles démarches lancer pour une hospitalisation d’Alzheimer en urgence ? Ce guide vous explique en détail toutes les étapes pour sécuriser et protéger rapidement votre proche.

Situation ingérable avec Alzheimer, quand parle-t-on d’urgence réelle ?

On parle d’urgence quand la situation rencontrée par la personne âgée la met en danger, elle ou son entourage. Les signaux suivants doivent vous alerter, car ils demandent une intervention immédiate :

  • La mise en danger au domicile :
    • Un proche complètement désorienté chez lui, en pleine errance ;
    • Le senior fait des chutes répétées ; 
    • Des oublis dangereux : oubli de fermer le gaz, laisser la porte d’entrée ouverte… ;
  • Une fugue : disparition, désorientation sévère ;
  • Une crise violente : hurlements, agitation extrême, gestes agressifs ; 
  • Le refus de soins ou de s’alimenter : la personne dépérit et est incapable de se prendre en charge ;
  • Un isolement extrême : détachée de toute contingence, la personne âgée n’a plus d’interaction avec personne.
Senior atteinte d'Alzheimer qui fait fait des chutes répétées

Que faire immédiatement (24–72 h) ?

L’objectif primordial est la mise en sécurité et l’orientation rapide du senior vers une solution de soins adaptée. Il faut agir de façon méthodique, sans céder à une panique qui pourrait faire perdre du temps.

1. Organiser en urgence une évaluation médicale

Il faut connaître précisément l’état de santé de la personne âgée. S’agit-il d’un épisode isolé ou du signe tangible d’une forte dégradation de son état de santé ?

La meilleure solution est de consulter son médecin traitant en urgence : il dispose en effet de l’historique de la maladie et connaît le patient.

Si cela s’avère impossible dans les délais, ou si la personne âgée est en danger immédiat, il faut recourir aux services d’urgence en appelant le 15.

2. L’hospitalisation en gériatrie

Une phase d’observation peut être organisée en urgence. Cela passe par une hospitalisation en service de gériatrie ou de psychiatrie gériatrique.

L’état général de la personne est évalué par des spécialistes. Elle est en sécurité et peut rester hospitalisée quelques jours ou quelques semaines, le temps, pour la famille, de s’organiser.

3. Prévenir les services sociaux

Il convient de contacter au plus vite le Centre communal d’action sociale (CCAS) du domicile du senior ou l’assistante sociale de l’hôpital, afin de déclencher immédiatement des démarches pour l’avenir : 

  • recherche d’un établissement, 
  • conseils sur les aides pour organiser une prise en charge à domicile, 
  • demande d’aides sociales, etc.

4. La mise en sécurité du domicile

Si un maintien à domicile est envisagé, il est indispensable de mettre en place une sécurisation du lieu de vie : pose de verrous, retrait des tapis, suppression des outils dangereux (couteaux et autres), etc.

Hospitalisation d’urgence, solution temporaire ou première étape vers un placement ?

L’hospitalisation d’une personne Alzheimer en urgence est la première étape pour stabiliser sa santé et évaluer sa perte d’autonomie. Elle permet :

  • De sécuriser immédiatement la personne âgée dans un environnement médicalisé ;
  • De réaliser une évaluation somatique et neuropsychiatrie de son état de santé ;
  • De parvenir à une stabilisation des troubles du comportement.

Après quelques jours d’hospitalisation, les médecins sont en mesure de poser un diagnostic précis et de préconiser l’étape suivante : 

  • Retour au domicile, et conditions nécessaires pour ce faire ;
  • Placement en établissement spécialisé : EHPAD, unité Alzheimer ou une unité protégée ;
  • Passage par un établissement de soins de suite et de réadaptation (SSR). 

Placement en EHPAD en urgence, comment accélérer l’admission ?

Si le stade de la maladie d’Alzheimer est trop avancé pour un retour à domicile, il faut trouver une place dans un établissement spécialisé. 

Pourquoi un placement en urgence ?

L’option privilégiée est souvent un hébergement en EHPAD.

L’urgence se justifie par deux situations :

  • Si la personne âgée est hospitalisée, l’hôpital ne peut pas la garder indéfiniment.
  • Si elle reste à domicile, elle ne peut plus vivre seule sans un accompagnement permanent.

Dans ces conditions, il est indispensable de lui offrir un environnement sécurisé et adapté à son état de santé.

Senior hospitalisée que l'hopital ne peut pas garder indéfiniment

Monter rapidement un dossier médical

Les EHPAD sont très demandés. Il est donc difficile de trouver une chambre en quelques jours.

Pour maximiser les chances, il faut aller vite. Dès la connaissance du diagnostic, la famille doit monter un dossier médical express, en quelques heures. 

Il doit contenir : 

  • Une lettre du médecin posant le diagnostic et justifiant la nécessité d’un placement en EHPAD ;
  • Un compte rendu détaillé de l’hospitalisation ;
  • Une évaluation à jour de sa perte d’autonomie.

Entreprendre les démarches de recherche

Il faut activer tous les réseaux possibles pour la recherche de places :

  • Le service social de l’hôpital, 
  • Le CCAS,
  • Solliciter le ou les médecins du senior,
  • En parallèle, la famille doit également prospecter directement, sur des plateformes et des annuaires de recherche.

L’admission temporaire

Trouver rapidement une place correspondant à tous les critères recherchés peut être difficile. La localisation, le standing, les activités, les tarifs et la prise en charge adaptée à l’état du senior sont autant d’éléments à considérer.

Lorsque le délai est très court, il est possible de choisir un établissement temporaire d’urgence. Ce type de solution ne répond pas toujours à tous les critères souhaités, mais il permet de sécuriser immédiatement votre proche.

L’admission temporaire offre plusieurs avantages :

  • Elle permet de gagner du temps pour trouver un établissement correspondant parfaitement aux besoins du senior.
  • Elle assure la sécurité et le confort immédiats du résident.
  • Elle donne aux familles l’opportunité d’évaluer le fonctionnement de l’établissement avant un éventuel placement permanent.

Refus du malade, que permet la loi en cas de danger ?

Le refus d’entrée en EHPAD n’est pas rare. D’autant plus si ce placement doit se faire en urgence, sans en avoir discuté auparavant avec la personne âgée. Or, le consentement reste la règle pour une admission en établissement. À l’entrée dans la structure, le senior doit signer un contrat de séjour, actant de son accord.

Les conditions nécessaires à un placement sans consentement

Il est cependant possible de passer outre le refus dans plusieurs cas : 

  • La mise en danger manifeste de la personne ;
  • Une altération importante de ses facultés mentales, notamment en cas de maladie d’Alzheimer ;
  • L’existence de troubles sévères du comportement, portant atteinte à leur sécurité ou à celle de leur entourage.

Comment placer son proche en EHPAD sans son accord

Pour se passer de l’accord du patient, il est nécessaire de suivre une procédure officielle. Cela passe, en général, par une demande de mise sous tutelle ou sous curatelle. La demande doit être effectuée par un membre de la famille ou par un professionnel de santé, au juge du contentieux de la protection.

Une fois un tuteur ou un curateur désigné, celui-ci peut alors décider du placement en EHPAD, avec l’aval du juge.

Aides financières mobilisables immédiatement

Quand la situation de la personne âgée devient ingérable, le frein financier peut retarder des décisions pourtant indispensables. Il existe des aides financières dont certaines peuvent être activées rapidement pour sécuriser sa prise en charge.

  • L’APA : l’allocation personnalisée autonomie peut être mise en place en urgence, le premier versement intervenant très rapidement. C’est pourquoi, lors de la préparation du dossier d’admission en établissement, il est fortement conseillé de préparer tous les documents nécessaires à une demande d’APA.
  • Des aides exceptionnelles : certaines caisses de retraite et certaines mutuelles proposent des aides ponctuelles pour ce type de problème. Renseignez-vous auprès de vos organismes.
  • Des fonds d’urgence : le CCAS peut orienter vers une aide financière urgente pour couvrir des dépenses immédiates (transport, hébergement temporaire, matériel). Communes et départements prévoient des aides d’urgence. 

Et après l’urgence ? Organiser une solution durable

Une fois l’urgence passée, il faut organiser une solution qui protège la santé du malade et la vie des proches. 

Trois options principales existent, selon le niveau de perte d’autonomie de la personne :

  • Un maintien à domicile avec des aides humaines (auxiliaires de vie, aides ménagères) et des aménagements du domicile. Généralement, cette solution n’est pas tenable pour une personne dans un stade avancé de la maladie d’Alzheimer ;
  • Un hébergement dans une structure permanente pour personnes dont les troubles cognitifs restent modérés : les villages Alzheimer combinent sécurité, accompagnement et une bonne qualité de vie ;
  • L’emménagement pérenne en EHPAD, dans un établissement choisi selon les critères voulus.

FAQ

Que faire quand un malade Alzheimer devient dangereux ?

Appelez un médecin ou le 15 en cas de danger immédiat. Une hospitalisation permet d’évaluer la situation et de sécuriser la personne.

Peut-on hospitaliser une personne Alzheimer en urgence ?

Oui. En cas de risque pour la santé ou la sécurité, une hospitalisation en urgence est possible sur avis médical.

Peut-on placer une personne Alzheimer sans son consentement ?

Le consentement est la norme, mais en cas de danger, des mesures juridiques peuvent permettre une orientation sécurisée.

Combien de temps dure une hospitalisation en urgence ?

De quelques jours à quelques semaines, le temps de stabiliser la situation et d’organiser la suite.

Existe-t-il des aides financières immédiates ?

Oui. APA, aides exceptionnelles, et dispositifs d’aide financière urgente peuvent être mobilisés rapidement selon la situation.

Comment obtenir une admission rapide en EHPAD ?

En passant par l’assistante sociale hospitalière pour solliciter un hébergement d’urgence en EHPAD ou une admission temporaire pour agir vite.