« Il disait toujours non » : non à la toilette, non aux activités, parfois même à l’aide de l’équipe. Pour vous, voir votre parent refuser presque tout peut être déstabilisant, surtout lorsque vous savez qu’il n’était pas ainsi auparavant. Face aux troubles cognitifs, la méthode Montessori en EHPAD propose de changer de regard : plutôt que de chercher à faire faire, elle cherche à comprendre ce que la personne peut encore faire et à lui redonner une place dans sa vie quotidienne.
Pourquoi certaines personnes atteintes de troubles cognitifs refusent-elles l’aide ou les activités ?
Un refus n’est pas toujours un simple « non » : chez une personne présentant des troubles cognitifs, il peut traduire une difficulté, une peur ou un besoin de garder la main sur ce qui lui arrive.
Imaginez votre mère à qui l’on propose une activité qu’elle ne reconnaît pas. Si elle ne comprend pas la consigne ou ne sait plus comment commencer, elle peut préférer refuser plutôt que de se retrouver en situation d’échec.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ces réactions :
- difficulté à comprendre ce qui est demandé ;
- impression de perdre le contrôle de sa vie quotidienne ;
- peur de ne plus réussir un geste autrefois familier ;
- fatigue ou surcharge liée aux troubles cognitifs ;
- besoin de conserver ses habitudes et son identité.
Dans la maladie d’Alzheimer, certaines capacités diminuent progressivement, tandis que d’autres restent présentes. Une personne peut avoir du mal à suivre une conversation et savoir encore plier du linge, arroser une plante ou mettre la table.
Le refus peut alors être considéré comme une information. Il invite l’équipe à se demander : qu’est-ce qui rend cette situation difficile pour cette personne ?
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Qu’est-ce que la méthode Montessori adaptée aux personnes âgées ?
La méthode Montessori adaptée aux personnes âgées reprend certains principes de la pédagogie Montessori en les transposant à l’accompagnement des seniors, notamment ceux qui vivent avec des troubles cognitifs. Elle s’appuie sur trois valeurs fondamentales : le respect, la dignité et l’égalité.
L’idée centrale est de partir de la personne, de ses capacités encore présentes et de son histoire, plutôt que de se concentrer uniquement sur ce qu’elle ne peut plus faire. L’approche Montessori en EHPAD ne consiste donc pas à multiplier les jeux ou les ateliers : une activité n’a de sens que si elle correspond aux possibilités, aux goûts et aux habitudes du résident.
Imaginons que votre père a travaillé pendant des années dans un atelier. Lui proposer de trier des vis, des écrous ou différents petits objets peut faire appel à des gestes qu’il connaît encore. L’objectif n’est pas de tester sa mémoire : il s’agit de lui permettre de retrouver une action familière et valorisante.
Les principes Montessori pour les seniors reposent notamment sur :
- le respect du rythme de la personne ;
- la valorisation des capacités restantes ;
- le choix laissé au résident ;
- l’adaptation de l’environnement ;
- la recherche d’une participation réelle à la vie quotidienne.
Bon à savoir : la méthode Montessori en EHPAD, inspirée des travaux de Maria Montessori, a été adaptée aux personnes âgées par le Dr Cameron J. Camp dans les années 1990 pour mieux répondre aux besoins liés aux troubles cognitifs et aux démences.
Comment la méthode Montessori est-elle appliquée en EHPAD ?
L’application de la méthode Montessori commence par une observation attentive du résident et une compréhension de son histoire de vie. L’équipe peut chercher à connaître ses anciennes habitudes, ses métiers, ses loisirs, les tâches qu’il aimait accomplir ou encore les moments de la journée où il se sent le plus disponible. Une personne qui refuse une activité peut ainsi recevoir une proposition différente, plus proche de ce qu’elle connaît.
Donner le choix plutôt qu’imposer
Au lieu de dire : « Venez faire cette activité », le professionnel peut proposer deux possibilités. « Vous préférez plier les serviettes ou m’aider à ranger les magazines ? ». Ce choix simple permet au résident de conserver une part de décision.
S’appuyer sur les habitudes
Votre mère a toujours aimé cuisiner ? Elle peut participer à une tâche adaptée, comme laver quelques légumes ou mélanger une préparation. Elle aimait jardiner ? Manipuler de la terre, arroser une plante ou retirer quelques feuilles peut avoir davantage de sens qu’une activité choisie uniquement pour occuper son temps.
Adapter l’environnement
L’environnement joue aussi un rôle important. Des objets faciles à identifier, des indications visuelles ou un rangement organisé peuvent permettre à un résident de retrouver plus facilement ses repères. L’objectif est de réduire les obstacles qui empêchent la personne d’agir seule.
Faire évoluer la posture des professionnels
La méthode Montessori modifie aussi la manière d’accompagner. Le professionnel ne cherche pas systématiquement à faire à la place du résident. Il peut décomposer un geste, montrer la première étape, laisser le temps nécessaire et intervenir uniquement lorsque cela est utile.
Quelles activités Montessori peuvent être proposées aux résidents ayant des troubles cognitifs ?
Les activités Montessori pour les personnes atteintes de démence s’appuient sur des gestes qui ont avant tout du sens pour la personne. Quelques exemples peuvent être proposés :
- plier des serviettes ou des vêtements ;
- trier des objets par taille, forme ou couleur ;
- préparer une table ;
- arroser des plantes ;
- classer des photos ou des cartes ;
- manipuler des objets familiers ;
- participer à une préparation culinaire simple ;
- ranger du matériel selon des repères visuels.
Les manipulations sensorielles peuvent aussi être intéressantes : toucher différentes matières, reconnaître des odeurs familières ou manipuler des objets du quotidien. Une activité liée aux souvenirs et aux habitudes anciennes peut également favoriser la participation. Un ancien boulanger pourra, par exemple, manipuler des ustensiles associés à son métier.

Méthode Montessori : quels bénéfices pour les personnes atteintes d’Alzheimer ou de troubles cognitifs ?
La méthode Montessori ne guérit pas la maladie d’Alzheimer et ne permet pas de restaurer les capacités perdues. Son intérêt se situe dans la façon d’adapter l’accompagnement à ce que la personne peut encore réaliser.
Il faut savoir qu’une activité trop difficile peut provoquer frustration et découragement. À l’inverse, une tâche adaptée peut permettre au résident de participer sans être placé face à ses difficultés.
Les bénéfices recherchés peuvent notamment concerner :
- le maintien des capacités restantes ;
- la diminution des situations d’échec ;
- une meilleure participation aux activités et à la vie quotidienne ;
- le sentiment d’être utile ;
- la préservation de l’identité ;
- le bien-être du résident.
Pour une personne atteinte de troubles cognitifs, réussir une tâche simple peut avoir une véritable valeur.
Votre mère ne sait peut-être plus préparer seule un repas, comme elle le faisait autrefois. Toutefois, elle peut encore mélanger une préparation, éplucher un fruit ou disposer les couverts. Ce geste lui permet de participer à une activité qu’elle se sent capable de faire et qui lui apporte un sentiment d’utilité et de satisfaction.
L’approche Montessori en maison de retraite peut donc contribuer à maintenir l’autonomie fonctionnelle et la participation du résident atteint de la maladie d’Alzheimer, en s’appuyant sur ce qu’il est encore capable de faire.
Quelle place pour la famille dans une approche Montessori ?
Votre connaissance de votre parent peut aider l’équipe à mieux personnaliser son accompagnement. La famille peut transmettre des informations qui ne figurent pas toujours dans le dossier médical : métier exercé, habitudes du matin, musique appréciée, tâches réalisées à la maison, objets familiers ou activités auxquelles la personne attachait de l’importance.
Vous pouvez par exemple préciser que votre père a toujours commencé sa journée par un café et la lecture du journal, ou que votre mère aimait ranger son linge elle-même. Ces détails peuvent aider les professionnels à comprendre certaines réactions et à trouver des activités adaptées.
Vous pouvez notamment partager :
- les anciennes habitudes de votre proche ;
- ses goûts et ses centres d’intérêt ;
- son métier et les gestes qu’il maîtrisait ;
- les activités qu’il refusait déjà avant la maladie ;
- les situations qui semblent l’apaiser ou au contraire l’agacer.
Cette continuité entre la vie passée et la vie en établissement peut aider votre parent à conserver des repères. Au fond, la question n’est donc pas seulement de savoir comment faire participer votre parent. Il s’agit aussi de comprendre ce qu’il essaie de vous dire lorsqu’il refuse, puis de chercher une autre manière de lui permettre d’agir, de choisir et de rester acteur de sa vie.
FAQ – Méthode Montessori en EHPAD
Qu’est-ce que la méthode Montessori en EHPAD ?
La méthode Montessori en EHPAD est une approche d’accompagnement qui cherche à favoriser la participation de la personne dans les activités et les gestes du quotidien, en s’appuyant sur ses capacités et ses habitudes.
La méthode Montessori est-elle adaptée aux personnes Alzheimer ?
Oui, la méthode Montessori en maison de retraite ou en EHPAD peut être adaptée aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles cognitifs. Elle tient compte des capacités restantes, du rythme et de l’histoire de vie de chaque résident.
Quelles activités Montessori peuvent être proposées aux seniors ?
Les activités peuvent inclure des tâches quotidiennes, du tri, du rangement, du jardinage, des manipulations sensorielles ou encore des activités liées à l’ancien métier et aux habitudes du résident.
Cette approche permet-elle de préserver l’autonomie ?
Elle cherche à maintenir les capacités encore présentes et à permettre au résident de participer aux gestes qu’il peut réaliser. Elle ne stoppe pas l’évolution d’une maladie neurocognitive.
Quelle différence entre Montessori et animation classique en EHPAD ?
Une animation classique peut être proposée à un groupe autour d’une activité commune. L’approche Montessori part davantage des capacités, des préférences et de l’histoire de chaque personne. Une activité peut alors être intégrée à la vie quotidienne plutôt que proposée uniquement comme un moment d’occupation.





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