Votre parent vient d’être diagnostiqué Alzheimer ou Parkinson, et on vous parle déjà du GIR pour mesurer son autonomie. Vous savez que cette échelle est importante, mais vous ne comprenez pas vraiment ce qu’elle évalue ni ce que cela change au quotidien. 

Cet article vous explique le fonctionnement de la grille AGGIR, comment elle est mise en œuvre chez une personne âgée atteinte d’Alzheimer ou de Parkinson et ce qu’elle peut apporter concrètement à votre proche.

Le GIR dans la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson : définition simple et rôle clé 

Le GIR est un élément central dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes. C’est pourquoi il est important d’en comprendre le principe et les répercussions sur leurs conditions de vie.

Le GIR, une définition

Le GIR signifie « Groupe Iso-Ressources ». C’est un classement sur une échelle en 6 niveaux de perte d’autonomie, de 6 pour une autonomie globalement préservée à 1 pour une perte d’autonomie très importante. Il ne décrit pas la gravité d’une maladie, mais mesure ce que la personne concernée peut faire, et ce qu’elle ne peut plus faire seule. 

À quoi sert concrètement le GIR ?

En pratique, l’évaluation du niveau de GIR chez un senior dépendant a plusieurs conséquences : 

  • Une personne évaluée GIR 4 ou moins est autorisée à séjourner dans un EHPAD (pour les personnes GIR 5 et 6, sauf exception, ce n’est pas le cas) ;
  • De même, le fait d’avoir un niveau de dépendance GIR 4 à GIR 1 détermine l’accès à l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
  • Guider l’orientation des personnes concernées, en particulier celles atteintes de la maladie de Parkinson ou de la maladie d’Alzheimer, vers des établissements ou pour un maintien à domicile, et définir le niveau d’accompagnement nécessaire.
Senior à qui on évalue le GIR

GIR et grille AGGIR

Le niveau de GIR est calculé à partir de la grille AGGIR, un outil national d’évaluation de l’autonomie utilisé en gérontologie. L’évaluation s’appuie sur plusieurs critères portant tant sur les capacités cognitives que physiques de la personne âgée.

À retenir

Le GIR mesure un degré d’autonomie, il n’est en aucun cas un diagnostic. Il n’évalue pas une maladie, mais un état physique et cognitif à un moment donné. 

Comment le GIR est évalué chez les personnes atteintes d’Alzheimer ou de Parkinson

La détermination du niveau de GIR chez une personne dépendante s’effectue selon des procédures précises et dans un cadre différent selon que celle-ci envisage un maintien à domicile ou un emménagement en EHPAD.

Qui réalise l’évaluation GIR ?

Si la personne âgée souhaite demeurer à son domicile et si cette volonté est validée par son médecin traitant, l’évaluation de son niveau de perte d’autonomie sera réalisée : 

  • À son domicile, afin de constater à la fois son état de dépendance, mais également la nature des locaux ;
  • Par l’équipe médico-sociale du conseil départemental.
  • Si le senior atteint de Parkinson ou d’Alzheimer doit rejoindre un hébergement en établissement, c’est le médecin coordonnateur de la structure qui réalise l’évaluation.

Les critères observés lors de l’évaluation du GIR

17 critères sont évalués sur la grille AGGIR, portant principalement sur les capacités physiques, intellectuelles et cognitives de la personne âgée. 

Plus précisément, la grille comprend deux séries de variables :

  • 10 éléments dits « discriminants » : capacité de la personne à effectuer des tâches quotidiennes comme la toilette, les courses, la préparation des repas, la prise des repas, etc., ainsi que d’avoir une activité physique (marcher, faire des exercices, sortir…).
  • 7 éléments « illustratifs » portant plus sur le mode de vie de la personne : socialisation, rapport à l’argent, occupations pendant le temps libre, etc.

Les éléments discriminants sont les seuls directement pris en compte pour déterminer le niveau de GIR. Les éléments illustratifs, contextuels, sont utilisés pour établir un plan d’aides (à domicile) ou de prise en charge (en établissement) personnalisé.

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Alzheimer, Parkinson : quelle différence pour l’évaluation du GIR ?

Si le GIR n’évalue qu’un degré de perte d’autonomie, celui-ci peut prendre différentes formes. 

Chez les personnes atteintes d’Alzheimer, les difficultés concernent surtout la mémoire et la compréhension, comme la désorientation, l’oubli des étapes ou les risques de mise en danger. 

Pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, l’évaluation se focalise plus sur son impact moteur (lenteur, rigidité, blocages), les risques de chute ou encore la capacité à réaliser les actes dans un temps raisonnable et en sécurité. 

Alzheimer et Parkinson, pourquoi le GIR peut évoluer rapidement 

Une fois déterminé, le niveau de GIR apparaît souvent comme immuable pour la personne âgée et sa famille. Or, en particulier concernant des maladies évolutives comme Alzheimer et Parkinson, la perte d’autonomie s’aggrave à mesure de l’avancée de la maladie.

La maladie de Parkinson connaît des phases de fluctuations, avec des jours où la personne est plutôt en forme, sans blocages ni trop de tremblements, et d’autres où elle est plus handicapée. Cela indique que la dépendance de la personne s’accentue au fil de la progression de la maladie. 

D’où l’importance de réévaluer le GIR. Cela permet à la fois :

  • De modifier la prise en charge de la personne avec un accompagnement mieux adapté : équipements, aides à domicile dans un cas, révision du projet de vie en établissement ;
  • De permettre au malade de bénéficier d’aides financières plus conséquentes afin de couvrir les frais liés à sa dépendance.

Quel GIR pour Alzheimer ou Parkinson ?

Parkinson et Alzheimer sont deux maladies différentes : la première provoque des symptômes de tremblements, d’akinésie (difficulté croissante dans l’exécution et la coordination des mouvements) et l’hypertonie (rigidité musculaire). 

La maladie d’Alzheimer, quant à elle, affecte rapidement la mémoire, produit entre autres une désorientation des patients, des difficultés de raisonnement, une altération du jugement. 

Repères indicatifs GIR – Alzheimer

Situation / SymptômesGIR
Petits oublis, perte épisodique de mémoire immédiate5-6
Épisodes confusionnels récurrents4
Crises d’anxiété vespérales5-4
Désorientation profonde, errances3
Phases d’agressivité et profonde dépression (la personne ne veut plus manger, bouger, s’isole totalement) / Démence profonde2-1

Repères indicatifs GIR – Parkinson

Situation / SymptômesGIR
Tremblements légers, atteintes unilatérales5-6
Pertes de mémoire, petits oublis5-6
Atteinte bilatérale sans trouble de l’équilibre5
Instabilité posturale, trouble de l’équilibre4
Incapacité de marcher sans aide, lenteur des mouvements2-3
Démence1-2

Ce que le GIR change concrètement pour la personne et sa famille 

L’évaluation de la dépendance par le GIR ne sert pas uniquement à indiquer un état de perte d’autonomie. Elle déclenche en effet un certain nombre de décisions ou rend possibles certains choix pour la personne âgée ainsi que pour sa famille.

1. L’orientation domicile ou EHPAD

Le GIR ne donne aucune obligation quant à l’hébergement de la personne. Toutefois, il permet d’indiquer si l’état de dépendance est compatible ou pas avec un maintien à domicile ou nécessite une prise en charge plus lourde. 

De plus, c’est également un sésame pour l’entrée en établissement : la plupart des EHPAD n’acceptent que les malades Alzheimer ou Parkinson évalués GIR 4 à 1. 

Senior en EHPAD

2. L’accès à l’APA et la détermination de son montant 

L’Allocation personnalisée dépendance (APA) est une aide financière accordée à toute personne de 60 ans et plus, dépendante, évaluée entre GIR 1 et GIR 4. Aucune autre condition n’est exigée pour y avoir droit.

Elle permet de financer soit une partie du volet dépendance dans le tarif d’un EHPAD, ou des aides et aménagements pour les personnes âgées restant à leur domicile.

Son montant varie selon :

  • Le niveau du GIR : il est plus élevé pour les personnes GIR 1 que pour les GIR 4 ;
  • Les ressources du senior.

3. Maintien à domicile et aides humaines et matérielles

Lorsque l’évaluation du GIR concerne une personne qui souhaite rester à domicile, elle s’accompagne de la proposition d’un plan d’aide personnalisé qui liste les services et les équipements nécessaires pour garantir son bien-être dans sa vie quotidienne.

L’APA à domicile couvre ainsi une partie de ces services et aménagements inclus dans le plan personnalisé. Un plafond de dépenses est fixé selon le niveau de GIR.

4. Le coût en établissement

Le coût d’un hébergement en EHPAD pour le résident repose sur deux volets : 

  • Le volet « hébergement », à savoir la chambre, les repas, les activités et l’encadrement de l’établissement ;
  • Le volet dépendance, concernant l’accompagnement adapté aux personnes hébergées : aide au lever, à la toilette, au repas, etc.

Si le tarif dépendance est fixé par le conseil départemental, il existe trois tarifs selon le niveau de GIR : un tarif de base (ticket modérateur) GIR 5-6, et deux tarifs plus élevés, GIR 3-4 et GIR 1-2.

Peut-on contester ou demander une réévaluation du GIR ?

L’évolution de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson peut conduire un établissement à réévaluer le GIR d’un résident. Ce peut être le cas de la cellule médico-sociale du département pour les seniors à domicile. Il existe des voies pour contester une nouvelle évaluation, ou, au contraire, pour en demander une.

Quand une contestation est-elle pertinente ?

La famille peut estimer que l’évaluation du GIR ne reflète pas la réalité, car :

  • la visite à domicile n’était pas représentative de l’état réel de la personne âgée (moment de la journée, journée où le senior était « en forme »…), 
  • les conclusions de la visite ne correspondent pas à la réalité.

Quelles démarches mettre en oeuvre ?

Pour une demande de réévaluation du GIR, il faut contacter l’équipe médico-sociale. Une nouvelle évaluation sera réalisée à domicile et pourra permettre de modifier le projet de vie personnalisé. Si l’évaluation n’aboutit pas à un nouveau GIR, il est possible d’engager un recours administratif. 

Il faut adresser dans les deux mois suivants la décision, une lettre recommandée au président du conseil départemental expliquant les raisons de la contestation, accompagnée de justificatifs.

Si la demande est refusée, la famille peut alors engager un recours contentieux devant le tribunal administratif, dans les deux mois suivant la décision du conseil départemental.

FAQ

Le GIR dépend-il du diagnostic Alzheimer ou Parkinson ?

Non. Le GIR dépend du niveau d’autonomie mesuré avec la grille AGGIR. Deux personnes avec la même maladie peuvent avoir des GIR différents. 

Peut-on avoir un GIR élevé avec une maladie grave ?

Oui. On peut avoir une maladie diagnostiquée, mais rester autonome sur les actes essentiels, surtout au début. Le GIR mesure l’impact fonctionnel.

À quelle fréquence le GIR est-il réévalué ?

Il n’y a pas de date spécifique. Une réévaluation peut être demandée si la situation de la personne âgée change suite à une dégradation de son état.

Le GIR est-il le même à domicile et en EHPAD ?

La méthode d’évaluation est la même. Mais le contexte diffère : à domicile, on évalue l’état de la personne et le moyen de le maintenir chez lui. En établissement, on se concentre uniquement sur son état de dépendance. 

Le GIR influence-t-il le coût de l’EHPAD ?

Oui, il influence la partie liée à la dépendance, ainsi que le montant de l’APA en établissement.

Comment préparer une évaluation GIR ?

Notez sur une semaine type, les aides nécessaires, les risques (chutes, oubli, errance), les événements vécus par la personne, à partir d’exemples concrets. Ne minimisez pas : l’objectif est d’obtenir un accompagnement adapté.