Votre parent commence à perdre en autonomie et vous envisagez peut-être une entrée en EHPAD. Très vite, vous découvrez trois sigles que tout le monde semble connaître et vous ne savez pas de quoi il s’agit : GIR, GMP et PATHOS. À quoi servent-ils ? Pourquoi influencent-ils autant le prix d’un établissement, alors que les chambres paraissent identiques ? Dans cet article, nous détaillerons chaque notion avec des exemples concrets pour bien comprendre.
Pourquoi ces 3 indicateurs existent ?
Ces indicateurs ont un objectif clair : permettre aux EHPAD de planifier les soins et le personnel nécessaires à chaque résident. Voici exactement à quoi ils servent :
- le GIR mesure l’autonomie individuelle ;
- le GMP reflète la dépendance moyenne de l’établissement ;
- le PATHOS permet de classifier le niveau de soins requis par le résident.
Ensemble, ils servent à déterminer le tarif dépendance et le tarif hébergement.
Le GIR : mesurer l’autonomie individuelle
Pour bien comprendre ce qu’est le GIR, visualisez votre parent au quotidien. Peut-il se lever seul ? A-t-il besoin d’aide pour se laver ou se nourrir ?
Le GIR est précisément ce qui mesure le niveau d’autonomie de votre proche. Plus le chiffre est bas, plus l’aide requise est importante. C’est ce chiffre qui sert de base au calcul de l’APA et du tarif dépendance.
LIRE AUSSI : 5 choses à savoir sur le rôle du GIR en EHPAD

Les 6 GIR
Les GIR vont de 1 à 6. Voici en détail ce que cela signifie.
| GIR | Niveau de dépendance | Ce que cela signifie concrètement |
| GIR 1 | Dépendance totale | La personne nécessite une assistance complète pour tous les gestes de la vie quotidienne. Elle ne peut plus se lever, s’habiller ou manger sans l’aide d’un tiers. |
| GIR 2 | Dépendance importante mais partielle | La personne a besoin d’aide pour plusieurs actes essentiels, tout en conservant certaines capacités. Elle peut parfois se déplacer en fauteuil roulant mais ne peut assurer seule sa toilette ou certains déplacements. |
| GIR 3 | Dépendance moyenne | La personne a besoin d’aide quotidienne pour se lever, se laver ou se déplacer, mais peut réaliser d’autres gestes seule. |
| GIR 4 | Dépendance légère | La personne peut encore vivre seule mais nécessite une aide pour la toilette, la préparation des repas ou certains déplacements. |
| GIR 5 | Autonomie avec aide ponctuelle | La personne est autonome dans la plupart des gestes, mais peut avoir besoin d’aide pour les tâches domestiques, les courses ou la sécurité du domicile. |
| GIR 6 | Autonomie complète | La personne ne nécessite aucune aide pour les actes de la vie quotidienne et gère seule l’ensemble de son quotidien. |
Bon à savoir : des aides financières peuvent être attribuées selon le niveau de GIR.
Comment est faite l’évaluation (grille AGGIR)
L’évaluation du GIR est réalisée par un professionnel formé (généralement un médecin ou un évaluateur habilité) à l’aide de la grille AGGIR, qui analyse dix activités de la vie quotidienne : alimentation, toilette, déplacements, orientation dans le temps et l’espace, etc. L’objectif est de déterminer exactement quelles actions nécessitent une assistance.
Le GMP : l’indicateur qui change le prix global de l’EHPAD
Un GMP élevé signifie que la plupart des résidents de l’EHPAD ont besoin d’un accompagnement important au quotidien. Cet indicateur sert à ajuster le financement versé à l’établissement pour les soins.
Dans les faits, un GMP élevé reflète un lieu où les équipes sont souvent très sollicitées et où l’accompagnement doit être plus présent.
Cela ne dit pas tout du tarif hébergement, qui dépend aussi de la localisation, des services proposés ou de l’organisation interne, mais cela donne une idée du niveau de besoins des personnes accueillies.
Comment le GMP est calculé
Le GMP est simplement la moyenne de tous les GIR des résidents. Plus l’établissement accueille de personnes très dépendantes, plus le GMP est élevé et les besoins en personnel et en soins importants.
Pourquoi un GMP élevé influence le coût
Même si votre parent est autonome, le tarif hébergement reflète la moyenne des besoins de tous les résidents. Dans un EHPAD avec un GMP élevé, il faut mobiliser plus d’infirmiers et d’aides-soignants, avoir davantage de matériel médical et planifier des soins constants. Cela explique pourquoi deux établissements peuvent avoir des tarifs très différents pour des prestations similaires.
Le PATHOS : le niveau de soins médicaux requis
Le PATHOS mesure l’intensité et la fréquence des soins médicaux dont une personne a besoin. Ce n’est pas seulement la dépendance au quotidien, mais tout ce qui relève du suivi médical.
Par exemple :
- des injections régulières ;
- une surveillance infirmière plusieurs fois par jour ;
- la gestion d’une maladie chronique instable ;
- des pansements complexes ;
- un traitement sous perfusion.
Plus les soins sont nombreux ou techniques, plus le PATHOS est élevé. Même si votre parent a un bon niveau d’autonomie dans la vie quotidienne (un GIR élevé), un PATHOS important signifie que l’EHPAD doit mobiliser davantage de soignants, ce qui pèse sur ses coûts de fonctionnement.
Les profils de soins PATHOS
Chaque résident est classé selon 13 profils, allant du suivi léger au traitement complexe nécessitant du matériel spécialisé et des soins quotidiens. Comme expliqué, plus le PATHOS est élevé, plus les ressources mobilisées augmentent, et donc le tarif dépendance.
Par exemple : une personne GIR 2 avec PATHOS faible peut recevoir un tarif dépendance similaire à 1 500 € par mois. Si le PATHOS est élevé, nécessitant des soins quotidiens, le tarif peut monter à 1 700 €, car l’EHPAD doit prévoir plus de personnel et d’équipements spécifiques.

L’impact combiné GIR – GMP – PATHOS sur le prix que vous allez payer
Ce sont les trois indicateurs ensemble qui déterminent le coût réel. Prenons l’exemple d’un établissement où la majorité des résidents sont très dépendants (GMP élevé) et ont des besoins médicaux importants (PATHOS élevé).
Un parent relativement autonome paiera davantage que dans un établissement où les résidents sont plus autonomes et nécessitent moins de soins.
Par exemple, votre parent, GIR 2 avec PATHOS élevé, sera pris en charge dans un établissement dont le GMP est élevé. Le tarif dépendance peut atteindre 1 700 € par mois.
Grâce à l’APA pour un GIR 2, la famille reçoit une aide de 900 €, mais le reste à charge reste conséquent : environ 800 €. Dans un autre EHPAD, avec un GMP plus bas et un PATHOS faible, un résident GIR 3 pourrait ne payer que 500 € après APA, pour une prestation similaire en chambre.
Peut-on faire baisser le prix ? Aides et solutions
Il existe plusieurs moyens pour réduire le reste à charge.
- L’APA est la première aide à laquelle vous pouvez prétendre et dépend directement du GIR.
- Les aides au logement (APL ou ALS) peuvent également réduire le tarif hébergement.
- Pour les familles à faibles ressources, l’ASH peut couvrir une partie du coût.
Enfin, sachez que des crédits d’impôt et réductions fiscales peuvent alléger la facture.
FAQ
Quelle différence entre GIR, GMP et PATHOS ?
Le GIR mesure la dépendance individuelle, le GMP la dépendance moyenne de l’établissement, et le PATHOS le niveau de soins médicaux requis.
Pourquoi le GMP est-il si important ?
Il influence le tarif hébergement, même si votre parent est autonome.
Le GMP change-t-il le tarif dépendance ?
Le GMP ne change pas directement le tarif dépendance, mais comme il reflète un niveau de dépendance plus élevé, il peut entraîner une augmentation du tarif.
Comment connaître le PATHOS d’un EHPAD ?
Vous pouvez demander le profil moyen des résidents à l’établissement.
Pourquoi deux EHPAD coûtent-ils des prix différents ?
La dépendance moyenne (GMP) et les besoins médicaux (PATHOS) varient d’un établissement à l’autre.
Comment est calculé le tarif dépendance ?
Il se base sur le GIR, le PATHOS et l’APA attribuée au résident.
L’APA couvre-t-elle le tarif dépendance ?
Oui, partiellement, selon le GIR et le revenu du résident.
Puis-je demander une révision du GIR ?
Oui, si l’état de santé de votre parent évolue, une réévaluation est possible.


Laissez un commentaire