Votre maman de 75 ans commence à présenter des difficultés pour marcher. Son médecin traitant a suggéré une évaluation de son niveau de GIR. Vous trouverez dans ce guide de quoi comprendre simplement ce qu’est le GIR, comment fonctionne la grille AGGIR, comment il est calculé, et surtout ce que cela peut changer concrètement dans la vie de votre proche.

Définition : qu’est-ce que le GIR ?

Le GIR (Groupe Iso-Ressources) permet d’évaluer le degré de perte d’autonomie d’un senior. L’évaluation repose sur la grille AGGIR (Autonomie gérontologie groupe Iso-Ressources). 

Il est utilisé pour déterminer l’éligibilité et le montant de l’allocation personnalisée autonomie

6 niveaux de GIR existent, mais seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA. Plus le chiffre est bas, plus la perte d’autonomie est importante :

  • GIR 1 = dépendance très lourde
  • GIR 4 = perte d’autonomie plus légère, mais réelle
évaluation du GIR d'un senior à domicile

À quoi sert le GIR concrètement ? 

Pour les familles, le GIR peut sembler abstrait. En réalité, il a des conséquences très concrètes sur le quotidien du senior, l’organisation des soins et le financement de sa prise en charge.

Pourquoi évalue-t-on le GIR ?

Le GIR permet :

  • D’évaluer la perte d’autonomie d’un senior et de détecter des pathologies jusqu’alors non identifiées ; 
  • De déterminer l’éligibilité à l’APA ;
  • D’adapter l’aide à domicile ;
  • Ou d’orienter le senior vers une maison de retraite médicalisée ou des solutions intermédiaires d’hébergement extérieur.

À quels moments le GIR est-il évalué ?

Le GIR est évalué :

  • Après une hospitalisation ;
  • Lorsque l’état de santé du senior se détériore, rendant plus compliqué son maintien chez elle ;
  • À l’entrée en EHPAD, si l’évaluation n’a pas été réalisée auparavant.

Ce que le GIR permet ou non

Le GIR permet :

  • D’obtenir l’APA  ;
  • De rendre possible le maintien du senior à son domicile ;
  • D’ouvrir éventuellement les portes d’une maison de retraite.

Par contre, le GIR n’a pas d’incidence sur d’autres aides pour personnes âgées (MaPrimeAdapt’, ASPA…) ou sur les aides au logement (APL).  

La grille AGGIR : comment est calculé le GIR ? 

Le calcul du GIR repose sur un outil officiel : la grille AGGIR. 

Qui remplit la grille AGGIR ?

Il existe, au sein de chaque département, une équipe médico-sociale chargée de la dépendance. Elle est composée de médecins, infirmiers et travailleurs sociaux.

L’évaluation s’effectue chez le senior. Cela permet de la réaliser dans son environnement et de comprendre ses besoins.

À l’issue de cette visite, l’équipe du conseil départemental :

  • Affecte un GIR au senior,
  • Propose un plan personnalisé, comprenant un certain nombre de mesures destinées à aider le senior à rester chez lui.

Quels sont les critères observés sur la grille AGGIR ?

La grille AGGIR évalue la capacité du senior à réaliser seule les actes essentiels de la vie. Deux types de variables sont analysés : les activités discriminantes et les activités illustratives.

Les actions essentielles évaluées sont au nombre de dix : 

  • La cohérence ;
  • La toilette corporelle ;
  • L’habillage et le déshabillage ; 
  • L’aptitude à s’alimenter ;
  • L’hygiène urinaire et fécale ;
  • Le sens de l’orientation (dans le temps, dans le moment, dans l’espace) ;
  • Les transferts à domicile (lit, fauteuil) ;
  • Les déplacements intérieurs : degré de mobilité sans ou avec appareillage ; 
  • Les déplacements extérieurs : capacité de déplacement hors de chez soi sans moyen de transport ;
  • La communication à distance.

Les sept variables illustratives évaluant l’attitude du senior devant un certain nombre de tâches (gestion, cuisine, ménage, transports, achats…) sont, quant à elles, utilisées pour élaborer le plan personnalisé.

Comment se fait le calcul du GIR ?

Chaque capacité dans les actions essentielles est évaluée selon trois modalités :

  • fait seul,
  • fait partiellement,
  • ne fait pas.

Ces réponses sont ensuite traitées par un algorithme officiel, qui détermine le GIR du senior.

Tableau des niveaux GIR : de GIR 1 à GIR 4 

Pour aider à comprendre, voici un tableau synthétique des quatre niveaux de dépendance GIR donnant accès à l’APA.

NIVEAU DE GIRDEGRÉ D’AUTONOMIEAIDE NÉCESSAIRESITUATION FRÉQUENTE
GIR 1Dépendance totaleAide permanente jour et nuitPersonne confinée au lit ou au fauteuil
Capacités cognitives très altérées
GIR 2Dépendance lourdeAide quotidienne pour la plupart des actions Personne disposant encore de capacités mentales ou motrices partielles, mais très dégradées
GIR 3Dépendance modéréeAides régulières, plusieurs fois par jour, en particulier pour les soins corporels Personne pouvant se déplacer mais ayant besoin d’aide dans certains actes du quotidien 
GIR 4Perte d’autonomie légèreAide ponctuelle pour certains actesPersonne capable de se déplacer mais nécessitant des aides pour le lever/coucher ou la toilette

GIR 1 : dépendance très lourde 

Le GIR 1 correspond au niveau de dépendance le plus élevé

L’état de dépendance

La personne âgée en GIR 1 :

  • Est généralement alitée ou en fauteuil,
  • Présente fréquemment des troubles cognitifs sévères,
  • Ne peut pas réaliser seule les activités essentielles du quotidien,
  • Nécessite une présence humaine permanente, de jour comme de nuit.

Les aides nécessaires en GIR 1

L’accompagnement d’un senior en GIR 1 est permanent, et concerne tous les moments de sa journée : la toilette, l’alimentation, les déplacements éventuels, la surveillance constante (nuit et jour).

GIR 1 et EHPAD

Dans la grande majorité des situations, le GIR 1 conduit à une orientation vers une maison de retraite médicalisée ou une unité spécialisée.

GIR 2 : dépendance lourde 

Le GIR 2 correspond à une dépendance lourde, certaines capacités restant encore présentes.

L’état de dépendance

Un senior évalué en GIR 2 peut : 

  • Être confinée au lit ou au fauteuil, mais disposer de fonctions cognitives qui ne sont pas gravement altérées ;
  • Conserver une capacité de déplacement, mais voir ses fonctions intellectuelles très dégradées.

Les aides nécessaires en GIR 2

Le senior en dépendance lourde doit être accompagné quotidiennement :

  • Pour l’hygiène corporelle,
  • Pour l’habillage,
  • Pour les repas,
  • Elle peut se déplacer le cas échéant, mais accompagnée. 
  • Elle nécessite une surveillance régulière.

GIR 2 : maintien à domicile ou EHPAD ?

Pour de nombreuses familles, le GIR 2 est le moment où la maison de retraite médicalisée devient une option sérieuse. En effet, le maintien à domicile se heurte à :

  • Une fatigue des aidants qui s’accumule et devient ingérable,
  • Des risques qui augmentent,
  • La lourdeur du dispositif d’aides à mettre en place.

GIR 3 : dépendance modérée 

Évalué en GIR 3, un senior est autonome, mais ne peut pas assurer seul toutes les actions du quotidien.

L’état de dépendance en GIR 3 

Un senior en dépendance modérée :

  • Peut souvent se déplacer seule dans son logement,
  • Peut manger seule,
  • Conserve ses capacités intellectuelles,
  • Mais a besoin d’aide pour la toilette, l’habillage, parfois les transferts (lit/fauteuil).

Les aides nécessaires

En pratique, cela signifie :

  • Une aide régulière pour la toilette,
  • Une aide pour préparer les repas,
  • Parfois une aide pour la prise de médicaments,
  • Et un accompagnement pour les sorties.

GIR 3 : maintien à domicile, établissement ?

Le maintien à domicile est souvent possible, à condition que le senior :

  • Ait des aides à domicile régulières,
  • Dispose d’un logement adapté,
  • Soit soutenue par ses proches et sa famille.

Toutefois, la maison de retraite médicalisée est envisagée lorsque le senior vit seul et socialement isolé, ou quand son logement n’est plus adapté.

GIR 4 : perte d’autonomie légère 

C’est le premier niveau ouvrant droit à l’APA. 

L’état de dépendance

Un senior en GIR 4 :

  • Peut se déplacer seule,
  • Peut manger seule,

mais commence à présenter des difficultés pour :

  • La toilette,
  • L’habillage,
  • Certains gestes précis.

Cela peut se traduire par :

  • Une fatigue accrue,
  • Un risque de chute,
  • Des oublis,
  • Une lenteur dans les gestes.

Le senior peut vivre seul, mais avec de l’aide ponctuelle.

GIR 4 et résidence

Le maintien à domicile est la solution la plus fréquente pour les personnes GIR 4. Elles restent encore autonomes et il est relativement simple d’organiser :

  • De l’aide à domicile, avec des intervenants réguliers pour certaines tâches (repas, coucher…),
  • Éventuellement de la téléassistance,
  • Des aménagements du logement simples.

GIR et aides financières : ce qu’il faut savoir 

L’APA est réservée aux personnes classées GIR 1 à 4. Si un senior est en GIR 5 ou 6, elle ne peut pas avoir droit à l’APA ni être hébergée en maison de retraite médicalisée. 

Le principe de l’APA

L’APA finance l’aide à domicile, l’aide humaine, l’aménagement du logement ou une partie du coût en maison de retraite médicalisée.

Son montant dépend :

  • Du niveau du GIR : un plafond maximal de dépenses est fixé pour chaque niveau de GIR ;
  • Des besoins évalués ;
  • Des ressources du senior.

Ainsi, il n’y a pas de montant universel pour l’APA, mais un montant spécifique à chaque situation. 

seniors découvrant le montant de l'aide APA en fonction de leur GIR

L’APA à domicile

L’APA à domicile est attribuée aux personnes âgées GIR 4 ou moins qui souhaitent rester chez eux. Elle permet de financer une partie du plan personnalisé.

Le plafond maximal de dépenses autorisées en 2026 est de : 

  • 2 080,33 € par mois un senior en GIR 1,
  • 1 682,30 € pour GIR 2,
  • 1 215,99 € pour GIR 3,
  • 811,52 € pour GIR 4.

En règle générale, le plafond doit couvrir les dépenses occasionnées par le plan personnalisé.

Le montant réel versé aux personnes âgées dépend de leur revenu mensuel. Si celui-ci est inférieur ou égal à 933,89 €, elles n’ont rien à payer dans la limite du plafond de dépenses présenté ci-dessus. Au-delà de ce montant, la participation des seniors croît progressivement de 0 à 90 % du plan d’aide.

L’APA en établissement

Les établissements médicalisés facturent un volet dépendance selon le niveau de GIR. C’est ce volet que l’APA en établissement permet de financer en partie. La part de l’APA dépend du GIR et des ressources du senior. 

En 2026, les personnes âgées disposant de : 

  • Moins de 2 846,71 € de revenus mensuels ne paient que le tarif dépendance GIR 5-6, assez faible (de l’ordre de moins de 200 € par mois) ;
  • Au-delà de ce montant, les résidents paient le tarif GIR 5-GIR 6 auquel s’ajoute jusqu’à 80 % du tarif dépendance pour leur GIR.

GIR et EHPAD : à partir de quel niveau est-ce nécessaire ? 

Il n’existe pas de seuil légal pour entrer en maison de retraite, l’admission dépend surtout des pratiques des établissements.

GIR 1-2 : EHPAD souvent indispensable

En GIR 1 et 2, la dépendance est lourde. Le besoin d’une surveillance constante et d’un accompagnement permanent fait que la maison de retraite médicalisée est très souvent la solution la plus sécurisante pour le senior comme pour les proches.

GIR 3-4 : décision au cas par cas

En GIR 3 et 4, la situation des personnes âgées est tributaire :

  • De l’environnement,
  • De la possibilité de mettre en place un plan personnalisé efficace,
  • De la présence d’aidants,
  • De l’évolution de la dépendance,
  • De l’épuisement éventuel des proches.

GIR 5-6 : pas d’EHPAD par défaut

En GIR 5-6, la perte d’autonomie est faible. La maison de retraite médicalisée n’est a priori pas la réponse naturelle. C’est pourquoi une grande majorité d’établissements médicalisés ne les acceptent pas.

Peut-on contester ou faire réévaluer un GIR ?

L’évaluation s’effectue à un moment précis, lors de l’apparition ou de l’aggravation de symptômes préoccupants. Mais celle-ci n’a rien d’immuable, et il est donc tout à fait possible et naturel de pratiquer des réévaluations.

Quand demander une réévaluation du GIR ?

Il est pertinent de faire vérifier la situation lorsque :

  • La perte d’autonomie du senior s’aggrave visiblement,
  • Le senior connaît une dégradation sensible de ses capacités mentales,
  • La situation dans le logement devient dangereuse,
  • Ou, à l’inverse, quand on constate une amélioration de son état de santé.

Comment demander une réévaluation du GIR ?

La demande doit être effectuée par courrier auprès de l’équipe médico-sociale du Conseil départemental qui suit le senior.

Le courrier doit indiquer :

  • Les nom, prénom et coordonnées du demandeur,
  • Sa qualité (lien de parenté avec le bénéficiaire),
  • Les nom, prénom, coordonnées et date de naissance du bénéficiaire,
  • Le motif précis de la demande.

Le courrier doit être accompagné :

  • D’un certificat médical venant à l’appui de la demande,
  • Les factures des services utilisés par la personne au titre de sa dépendance,
  • Les justificatifs de ressources à jour.

La demande peut être étudiée en urgence si la situation du bénéficiaire l’exige. 

Une visite pour une nouvelle évaluation est alors programmée dans un délai relativement court après réception de la demande (quelques semaines). Le délai de traitement de la demande peut aller d’une à deux semaines s’il y a une situation d’urgence, à 2 mois maximum.

Peut-on contester un GIR ?

Une contestation est possible si vous estimez que le GIR ne reflète pas la situation réelle. La contestation doit intervenir dans les deux mois suivant l’attribution.

Il faut adresser un courrier recommandé avec accusé de réception au Président du conseil départemental, expliquant les raisons et joignant les justificatifs. Le conseil départemental peut proposer un recours amiable. Si nécessaire, il est possible de saisir le tribunal administratif dans les deux mois après le rejet, avec courrier motivé et éventuellement nouvelle expertise.

FAQ : tout comprendre sur le GIR 

Qu’est-ce que le GIR ?

Le GIR est un classement sur une échelle de 1 à 6 qui mesure la perte d’autonomie d’un senior. 

Comment est calculé le GIR ?

Il est calculé à partir de la grille AGGIR par une équipe médico-sociale.

Quelle est la différence entre GIR 1 et GIR 2 ?

GIR 1 correspond à une dépendance totale, GIR 2 à une dépendance lourde, mais partielle.

Le GIR donne-t-il droit à des aides ?

Oui, les GIR 1 à 4 permettent de bénéficier de l’APA.

À partir de quel GIR l’APA est-elle accordée ?

À partir du GIR 4 et jusqu’au GIR 1.

Le GIR est-il définitif ?

Non, il peut être réévalué si la situation de la personne âgée évolue.

Le GIR est-il le même à domicile et en EHPAD ?

Oui, la grille est la même, seul le contexte change.

Peut-on demander une réévaluation du GIR ?

Oui, à tout moment, si la perte d’autonomie s’aggrave.