La première facture que votre père a reçue après son installation en EHPAD vous a fait un choc. Vous n’aviez pas anticipé le coût global de l’hébergement. Vous pouvez l’aider à payer le reste à charge, mais vous cherchez des idées pour le réduire, sans que votre parent perde en confort au quotidien. N’êtes-vous pas passé à côté d’une aide à laquelle votre proche est éligible ? Avez-vous bien étudié la facture ? Il y a parfois des erreurs ou des services payants… Cet article vous explique les cinq moyens de diminuer le coût de la facture en EHPAD tout en garantissant à une personne âgée des conditions d’accueil optimales.

1. Faites le point sur toutes les aides auxquelles votre proche peut avoir droit

C’est le premier réflexe à avoir, car plusieurs aides financières pour les résidents d’EHPAD, dont certaines sont cumulables, peuvent diminuer le reste à charge.

Vérifiez l’APA en établissement

L’Allocation personnalisée d’autonomie prend en charge une partie du tarif dépendance pour les résidents dont le niveau de perte d’autonomie est évalué en GIR 1, 2, 3 ou 4. Le GIR est déterminé au sein de l’établissement à l’aide de la grille AGGIR.

Senior et son aidante qui regardent l'APA

Pensez aux aides au logement

Il est tout à fait possible de bénéficier d’une aide au logement dans un établissement pour personnes âgées. Attribuées sous conditions de ressources par la Caisse d’allocations familiales, ces aides permettent de réduire en partie le coût de l’hébergement de l’EHPAD.

L’APL, l’aide personnalisée au logement, est accessible lorsque l’établissement est conventionné. Dans les autres cas, le résident peut éventuellement bénéficier de l’ALS. Leur montant dépend notamment des ressources du résident et des tarifs de l’établissement.

Vérifiez l’éligibilité à l’ASH

Lorsque les ressources d’un résident ne lui permettent pas de payer l’entièreté de son hébergement après déduction des autres aides financières, celui-ci peut prétendre à l’aide sociale à l’hébergement (ASH), sous certaines conditions.

L’ASH est délivrée par le conseil départemental et obéit à des règles spécifiques, notamment en matière d’obligation alimentaire et de récupération sur succession.

Avant l’admission dans un établissement, il est donc judicieux de vérifier si celui-ci dispose de places habilitées à l’ASH.

Enfin, pensez à refaire le point après une baisse de ressources, une modification du GIR ou tout autre changement de situation : les droits du résident et les montants des aides peuvent évoluer au cours du séjour.

2. Comparez les tarifs et les prestations avant de choisir l’EHPAD

Deux établissements situés dans une même zone géographique peuvent afficher des prix différents. Il faut entrer dans les détails et ne pas se contenter de comparer uniquement le montant mensuel annoncé.

Une chambre individuelle peut être plus coûteuse qu’une chambre double. La superficie, certains équipements ou les caractéristiques de la chambre peuvent également expliquer les écarts de prix d’hébergement.

Il faut ensuite vérifier l’ensemble des prestations incluses dans le tarif annoncé. Tous les EHPAD doivent notamment fournir :

  • La mise à disposition d’une chambre ;
  • la restauration ;
  • l’entretien des espaces ;
  • le linge de lit et de toilette ainsi que l’entretien du linge personnel ;
  • les animations collectives ;
  • l’accès aux moyens de communication.

En revanche, coiffure, pédicure, prestations esthétiques ainsi que certains services supplémentaires peuvent être facturés séparément.

Il faut donc disposer d’une vision complète des tarifs pratiqués dans les établissements qui vous intéressent. Un EHPAD légèrement plus cher, mais mieux adapté à l’autonomie, aux habitudes ou plus facile d’accès pour la famille peut parfois constituer un meilleur choix qu’un établissement moins coûteux, mais moins adapté.

LIRE AUSSI : Peut-on négocier le tarif d’une maison de retraite ?

3. Vérifiez régulièrement la facture et les frais supplémentaires

Une fois le résident installé, il est indispensable de vérifier la facture de l’EHPAD chaque mois :

  • Le tarif hébergement appliqué ;
  • le tarif dépendance ;
  • les prestations optionnelles validées par votre parent ;
  • les éventuels frais ponctuels ;
  • les déductions liées aux aides ;
  • les périodes d’absence ou d’hospitalisation.

Pour chaque détail marquant une différence par rapport à la facture précédente, il est nécessaire d’en trouver la justification. Un appel au service comptable de l’EHPAD doit permettre de résoudre rapidement le problème.

Afin de pouvoir vérifier l’exactitude de la facture, il faut conserver toutes les factures, les notifications d’APA, les justificatifs d’aides au logement et les attestations fiscales. Ces documents pourront être utiles pour vérifier le reste à charge et, éventuellement, contester les sommes demandées par l’établissement.

Senior et son aidant qui regardent la facture de l'EHPAD

4. Pensez aux avantages fiscaux liés aux frais d’hébergement

La fiscalité peut également permettre, dans certains cas, de diminuer le coût annuel d’un séjour en EHPAD.

Le principe de la réduction d’impôt

Une personne domiciliée fiscalement en France et accueillie dans un établissement pour personnes dépendantes peut, si elle est imposable, bénéficier d’une réduction d’impôt sur une partie des frais d’EHPAD.

En 2026, la réduction correspond à 25 % des dépenses éligibles, dans la limite de 10 000 € de dépenses par personne hébergée et par an. L’avantage fiscal peut donc atteindre au maximum 2 500 € par résident par an.

Cette réduction est liée à la déclaration des revenus. Elle ne fait donc pas directement baisser la facture EHPAD chaque mois.

Quelles dépenses sont prises en compte ?

La réduction d’impôt porte sur les dépenses effectivement supportées au titre de la dépendance et de l’hébergement. Il faut auparavant déduire les allocations et aides reçues pour ces mêmes dépenses, notamment :

  • L’APA ;
  • l’ASH ;
  • les allocations logement.

Cet avantage fiscal permet ainsi de réduire le coût annuel net du séjour, dans les limites du plafond applicable.

5. Adaptez les prestations aux besoins réels du résident

Les établissements pour personnes âgées proposent un certain nombre de services optionnels et payants :

  • Bien-être : coiffure, pédicure, massages, soins esthétiques…
  • Entretien : certaines prestations concernant le linge délicat ou le marquage du linge ;
  • Loisirs et restauration : repas pour les invités, sorties ou activités payantes ;
  • Communication : téléphone, télévision ou accès internet selon les établissements.

Une revue de chacune des prestations peut être effectuée avec le résident, pour connaître son intérêt et ses besoins. Il est ainsi possible d’économiser sur certains services dont la valeur ajoutée pour le senior est très faible, tout en conservant ceux qui contribuent réellement à son bien-être et à son confort.

FAQ

Comment réduire le prix d’un séjour en EHPAD ?

Vérifiez si le résident bénéfice de toutes les aides financières auxquelles il est éligible, comparez les établissements, contrôlez les factures mensuelles, pensez à l’avantage fiscal et supprimez éventuellement les prestations optionnelles inutiles.

Quelles aides peuvent diminuer la facture d’un EHPAD ?

Les principales sont l’APA, l’APL ou l’ALS et l’ASH. Elles peuvent se cumuler.

Peut-on négocier le tarif d’un EHPAD ?

Il n’est pas possible de négocier les prix dans les établissements publics, car ceux-ci sont fixés de manière identique pour tous les résidents dans un but d’égalité de traitement. Certains établissements privés peuvent consentir à des réductions, mais ce sont des cas assez rares.

Quelles dépenses d’EHPAD donnent droit à une réduction d’impôt ?

Les dépenses d’hébergement et de dépendance effectivement supportées, après déduction des aides, peuvent ouvrir droit à une réduction de 25 %, dans la limite de 10 000 € de dépenses annuelles.

La facture d’EHPAD diminue-t-elle en cas d’hospitalisation ?

Oui. Le tarif dépendance n’est pas dû pendant la durée de l’hospitalisation. Le coût de la chambre reste à payer, intégralement les trois premiers jours, puis une déduction de 20 € par jour est appliquée, correspondant au prix des repas.