La maladie d’Alzheimer de votre mère a progressivement évolué depuis son entrée en EHPAD. Désorientation, anxiété ou difficultés à reconnaître ses proches rendent désormais son accompagnement plus complexe. Vous vous demandez si une unité Alzheimer serait mieux adaptée à ses besoins. Mais peut-elle y être transférée en cours de séjour ? Découvrez les conditions à remplir, les démarches à effectuer et ce que ce changement peut apporter à votre proche.
Peut-on passer d’un secteur classique d’EHPAD à une unité Alzheimer ?
Un transfert en unité Alzheimer en cours de séjour en EHPAD peut tout à fait être envisagé lorsque les besoins du résident évoluent.
L’unité de vie protégée est un espace de petite taille installé au sein de l’EHPAD. Elle accueille notamment des personnes atteintes d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée présentant des troubles du comportement modérés.
Toutefois, un résident atteint de la maladie d’Alzheimer ne sera pas automatiquement transféré en UVP. Cette décision ne dépend pas uniquement du diagnostic de la maladie, mais également :
- Des symptômes, si ceux-ci mettent en danger sa vie ou celle des autres résidents (agressivité, fugues…) ;
- Des capacités de l’EHPAD à accompagner efficacement la personne sans désorganiser son fonctionnement ;
- Des places disponibles dans la structure spécialisée.

Dans quelles situations un transfert vers une unité Alzheimer peut-il être envisagé ?
En réalité, de nombreux facteurs sont pris en compte pour un éventuel déménagement vers une unité Alzheimer.
Les troubles cognitifs ou la désorientation s’aggravent
L’évolution de la maladie d’Alzheimer peut rendre progressivement certaines situations plus difficiles à gérer.
Le résident peut, par exemple :
- Ne plus retrouver sa chambre ;
- Se perdre dans les couloirs ;
- Avoir davantage de difficultés à comprendre son environnement ;
- Perdre certains repères temporels ;
- Nécessiter plus fréquemment une présence rassurante…
Ces changements peuvent conduire l’équipe à réévaluer l’organisation actuelle.
Les déplacements ou comportements deviennent difficiles à gérer
Certains troubles du comportement peuvent également évoluer et s’aggraver : déambulation importante, agitation, anxiété, agressivité, troubles du sommeil, opposition ou sorties répétées dans des situations potentiellement dangereuses.
Lorsque les troubles sont durables et rendent l’accompagnement dans le secteur classique moins adapté, une unité spécifique peut être envisagée.
Pour des troubles sévères du comportement altérant la sécurité ou la qualité de vie de la personne ou des autres résidents, certains EHPAD disposent d’unités d’hébergement renforcées.
Les besoins d’accompagnement évoluent
Le transfert d’un EHPAD vers une unité protégée Alzheimer peut aussi répondre à une évolution plus générale des besoins.
La personne peut nécessiter :
- Des activités et soins adaptés ;
- Un environnement plus facile à comprendre ;
- Une organisation quotidienne plus structurée et mieux accompagnée ;
- Des mesures de prévention des fugues ;
- Un espace permettant de se déplacer avec davantage de sécurité…
L’objectif est de proposer à la personne âgée un cadre correspondant mieux à ses capacités restantes et de préserver autant que possible sa qualité de vie.
Qui décide du transfert vers l’unité Alzheimer ?
Plusieurs acteurs interviennent dans la décision du transfert de l’EHPAD vers l’unité Alzheimer.
- Le médecin coordonnateur et l’équipe médico-soignante, ainsi qu’éventuellement le médecin traitant, effectuent une évaluation des troubles, du niveau de dépendance, des besoins d’accompagnement et des risques encourus par le résident. Cette évaluation peut conduire à recommander un emménagement en unité de vie protégée.
- La volonté du résident doit également être recherchée autant que possible. Le Code de l’action sociale et des familles protège notamment son droit à un accompagnement individualisé et impose sa participation à l’élaboration de son projet de prise en charge. Le contrat de séjour est lui-même élaboré avec sa collaboration. Son avis doit être écouté et, dans la mesure du possible, suivi.
- La famille peut également jouer un rôle important et être à l’initiative de la demande de transfert : elle peut signaler des changements observés, demander une réévaluation et échanger avec l’équipe sur l’intérêt d’un transfert.
La possibilité d’un transfert dépend donc de l’évaluation des besoins du résident, de la prise en compte de sa volonté, des modalités de fonctionnement de l’établissement et des places disponibles.
Comment se déroule concrètement le transfert ?
Plusieurs étapes sont nécessaires pour un emménagement en UVP :
- Une réévaluation de la situation du résident : état cognitif, comportement, autonomie, besoins de soins, rythme de vie et risques éventuels ;
- L’équipe échange ensuite avec le résident et ses proches afin d’expliquer pourquoi un changement est proposé et ce qu’il pourrait apporter.
- Il faut également vérifier si le résident remplit les critères d’accueil dans l’unité spécialisée. Il faut évidemment qu’une place y soit disponible ;
- Une fois la décision définitive, le déménagement est organisé : lorsque le transfert est interne au même établissement, il s’agit généralement d’un changement de chambre et d’équipe plutôt que d’un nouveau dossier complet d’admission ;
- L’équipe de l’EHPAD transmet toutes les informations à celle de l’UVP : traitements, habitudes, autonomie, alimentation, sommeil, comportements, centres d’intérêt et personnes de référence…
Le changement de lieu peut être perturbant pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. En général, l’équipe prépare progressivement le résident et lui fait découvrir les nouveaux espaces en amont.

Qu’est-ce que ce changement peut apporter à votre proche ?
L’intérêt d’une unité de vie protégée réside dans l’adaptation de l’environnement aux personnes présentant des troubles cognitifs.
Le résident y bénéficie ainsi :
- D’un environnement mieux adapté à la déambulation ;
- D’activités correspondant davantage à ses capacités cognitives ;
- D’un accompagnement renforcé et spécialisé ;
- De petits espaces collectifs à taille plus rassurante et conviviale.
Le transfert change-t-il le contrat, le prix ou les droits du résident ?
Un changement d’unité peut avoir des conséquences pratiques et tarifaires. Le contrat de séjour décrit notamment les conditions d’accueil, les prestations proposées et les prestations d’hébergement facultatives souscrites par le résident. Il prévoit également les modalités permettant sa révision.
Avant le transfert, la famille doit donc se renseigner sur les points suivants auprès de l’administration de l’UVP :
- Le prix de la nouvelle chambre est-il différent ?
- Des prestations particulières sont-elles facturées ?
- Le tarif d’hébergement change-t-il ?
- Un avenant au contrat est-il nécessaire ?
- Y a-t-il des conséquences sur les aides financières ?
Le transfert ne supprime aucun des droits fondamentaux du résident. Celui-ci conserve notamment son droit au respect de sa dignité, de sa vie privée, de son intégrité, de sa sécurité et, autant que possible, de ses choix.
FAQ
Un résident d’EHPAD peut-il être transféré en unité Alzheimer ?
Oui, un transfert interne peut être envisagé en cours de séjour si les besoins du résident le justifient, si son profil correspond à l’unité et si une place est disponible.
La famille peut-elle demander le transfert d’un résident en unité Alzheimer ?
Oui. La famille peut demander une réévaluation et discuter de cette possibilité avec le médecin coordonnateur et l’équipe. Elle ne peut toutefois pas imposer une admission si les critères ne sont pas remplis ou si aucune place n’est disponible.
Un résident peut-il refuser d’être transféré en unité Alzheimer ?
Un résident peut exprimer son refus d’être transféré en unité Alzheimer. Sa volonté doit être recherchée et prise en compte, notamment lorsqu’il est en mesure d’exprimer un choix.
Le diagnostic d’Alzheimer suffit-il pour entrer en unité spécialisée ?
Non. Le diagnostic est un élément important, mais l’entrée dépend aussi des troubles présentés, des besoins d’accompagnement, de l’autonomie et de l’adéquation avec le fonctionnement de l’unité.
Le transfert vers une unité Alzheimer entraîne-t-il un changement de tarif ?
Pas systématiquement. Le prix dépend de l’EHPAD, de la chambre et de ses conditions tarifaires. La famille doit demander le détail des éventuelles modifications avant le transfert.





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