Voici près de trois ans que votre père vit en EHPAD. Jusqu’à présent, tout se passait bien. Mais depuis quelques semaines, vous constatez qu’il mange beaucoup moins et laisse régulièrement son assiette presque pleine. Les aides-soignantes vous le confirment : son appétit a diminué. Face à ce changement, vous vous inquiétez et vous vous demandez comment réagir. Une perte d’appétit chez une personne âgée ne doit pas être banalisée, surtout lorsqu’elle se prolonge. Quelles peuvent en être les causes ? Comment aider votre proche à retrouver l’envie de manger ? Découvrez les solutions à mettre en place avec l’équipe de l’EHPAD.

Une baisse d’appétit chez une personne âgée en EHPAD doit-elle inquiéter ?

Une journée durant laquelle votre proche mange moins que d’habitude n’est pas un problème en soi. Une fatigue passagère, des plats peu appréciés, un petit problème gastrique peuvent temporairement réduire l’appétit. 

La situation devient plus préoccupante lorsque la perte d’appétit persiste ou s’aggrave au fil des jours. Dans ce cas, il faut notamment surveiller :

  • Une perte de poids ;
  • Une faiblesse inhabituelle ;
  • Une diminution des activités ;
  • Une tendance à la déshydratation ;
  • Des difficultés à marcher ou à se lever.

En effet, la dénutrition affaiblit l’organisme. Elle peut entraîner une diminution de la masse musculaire, favoriser les chutes et les infections et accélérer la perte d’autonomie. 

Chez les personnes de 70 ans et plus, la HAS retient notamment comme critère de dénutrition une perte de poids d’au moins 5 % en un mois ou 10 % en six mois. Ce critère doit être associé à un critère étiologique pour poser le diagnostic.

Une perte d’appétit persistante doit donc être signalée à l’équipe de l’EHPAD.

Senior en perte de poids

Pourquoi votre proche mange-t-il moins en EHPAD ?

Le vieillissement peut modifier la sensation de faim, le goût et l’odorat ou la perception de la satiété. Mais l’âge ne suffit pas à expliquer à lui seul une forte et brutale baisse d’appétit.

De nombreuses causes peuvent en être à l’origine :

  • Des problèmes bucco-dentaires, qui provoquent des douleurs, des difficultés à mâcher ou à avaler ;
  • Des troubles de la déglutition : de fausses routes à répétition peuvent ainsi détourner la personne âgée de l’envie de manger ; 
  • Des problèmes digestifs chroniques : constipation, aérophagie, douleurs abdominales… ; 
  • Une maladie chronique, une nouvelle pathologie, une grande fatigue ;
  • Des troubles cognitifs  ; 
  • Un état dépressif qui conduit à ne « plus avoir de goût pour rien » ;
  • Les effets secondaires de traitements médicamenteux ;
  • Des repas qui ne correspondent pas aux goûts ou aux habitudes alimentaires du résident.

C’est pourquoi il est nécessaire de trouver la cause première de la perte d’appétit de la personne âgée, afin de la traiter et d’aider le senior à mieux manger.

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Que peut mettre en place l’EHPAD pour lui redonner envie de manger ?

Si la baisse d’appétit peut être occasionnée par de nombreux éléments, stimuler l’appétit est un levier sur lequel l’établissement peut agir.

Adapter les repas à ses goûts et à ses capacités

Dès l’admission d’un résident, le personnel qui l’accompagne pendant ses repas peut s’intéresser à ce que la personne âgée aime manger.

L’équipe peut notamment tenir compte des :

  • Habitudes alimentaires,
  • Plats préférés,
  • Aversions et interdits alimentaires.

Compte tenu de son état de santé et de ses capacités à mastiquer et à déglutir, il est possible de privilégier certaines textures et d’en bannir d’autres, afin de faciliter la prise d’aliments.

Par ailleurs, le personnel présent lors des repas dans le restaurant de l’établissement comme en chambre peut également accompagner et aider le résident lorsque son niveau de dépendance le nécessite : couper les aliments, installer correctement les couverts ou l’aider à porter les aliments à la bouche, par exemple.

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Rendre les repas plus agréables

La prise d’un repas ne dépend pas seulement du contenu de l’assiette. La personne âgée doit pouvoir se sentir bien et détendue pour profiter au mieux de ce moment important.

Cela passe par : 

  • Un environnement calme, convivial, peu bruyant ;
  • Une table agréable, bien mise, avec de la vaisselle rappelant plus un restaurant qu’une cantine ;
  • Le respect du rythme de chacun : les maladies, les affections, la dépendance ralentissent la capacité de porter les aliments à la bouche. Il est nécessaire de laisser tout son temps aux résidents afin qu’ils puissent terminer leur assiette ;
  • L’accent mis sur le plaisir du repas : inutile de forcer la personne à finir son assiette. Une présentation du plat appétissante et colorée, des portions adaptées à son appétit, une présence rassurante lorsqu’elle a besoin d’aide sont beaucoup plus efficaces pour donner envie de manger.

Enrichir l’alimentation lorsque les apports sont insuffisants

Lorsque la personne mange peu, augmenter la taille des portions est rarement une bonne solution. Au contraire, cela risque de la décourager. L’aider à bénéficier d’une meilleure nutrition repose sur plusieurs leviers possibles :

  • Adapter la composition des repas : proposer les plats préférés de la personne, privilégier des aliments riches en protéines, boissons lactées…
  • Proposer au cours de la journée des collations supplémentaires : entre petit-déjeuner et déjeuner, au goûter, après le dîner. Le fractionnement des prises peut permettre à la personne de manger plus, au total ; 
  • Éventuellement, si le déficit nutritionnel est important, introduire des compléments alimentaires, sur prescription médicale.

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Senior avec une alimentation adaptée pour retrouver l'appétit

Que peut faire la famille si son proche laisse toujours son assiette pleine ?

Lorsqu’un proche du résident constate qu’il mange peu et laisse plus de la moitié de son assiette au repas, il doit immédiatement en parler au personnel. 

Une famille peut parfois remarquer un changement que l’équipe de soignants n’a pas encore identifié comme inhabituel, surtout s’il est récent. En informant les professionnels, le proche doit leur poser des questions sur le rapport récent du senior au repas. 

  • Mange-t-il moins à tous les repas ou seulement à certains ?
  • A-t-on constaté une perte de poids ?
  • Des adaptations ont-elles déjà été testées ?
  • Mange-t-il mieux lorsqu’il est accompagné ?
  • Existe-t-il une douleur ou un problème dentaire ?
  • Une évaluation nutritionnelle a-t-elle été réalisée ?

Il est important de partager avec l’équipe ce que l’on connaît des habitudes et plaisirs alimentaires de la personne âgée : petit-déjeuner préféré, desserts appréciés, aliments refusés, horaires ou rituels…

Quand faut-il demander une évaluation médicale ?

Une consultation ou une évaluation par l’équipe médicale devient particulièrement importante lorsque le manque d’appétit persiste ou s’accompagne de signes physiques, par exemple lorsqu’on constate :

  • Une perte de poids rapide ou continue sur plusieurs semaines, voire des mois ;
  • Une fatigue inhabituelle et durable ;
  • Une faiblesse croissante : difficultés à se lever, à se déplacer… ;
  • Des difficultés à avaler, de fausses routes à répétition, un refus de boire… ;
  • Des plaintes pour des douleurs de la bouche pendant les repas ;
  • Un refus alimentaire persistant.

Le médecin de l’EHPAD ou le médecin traitant peut rechercher la cause de cette baisse des apports et évaluer le risque de dénutrition. Chez une personne âgée, une perte de poids importante ou rapide doit notamment conduire à rechercher une éventuelle dénutrition.

En EHPAD, cette prise en charge permet d’intervenir avant que la dénutrition et la perte de poids n’entraînent une fonte musculaire importante.

FAQ

Pourquoi une personne âgée ne mange-t-elle plus en EHPAD ?

Une baisse d’appétit peut être liée à l’âge, une maladie, des médicaments, des problèmes dentaires, des troubles de déglutition, une dépression ou même des repas inadaptés à ses goûts.

Que faire si mon parent ne mange presque plus en EHPAD ?

Signalez rapidement le changement à l’équipe, demandez si son poids diminue et vérifiez si une cause médicale, dentaire ou nutritionnelle a été recherchée.

Comment stimuler l’appétit d’une personne âgée ?

Adapter les goûts et textures, proposer de petites portions, enrichir les repas, ajouter des collations et rendre le moment du repas plus agréable peuvent aider.

À partir de quand parle-t-on de dénutrition chez une personne âgée ?

Le diagnostic repose sur plusieurs critères médicaux. Une perte d’au moins 5 % du poids en un mois ou 10 % en six mois constitue notamment un signal important chez les plus de 70 ans.

L’EHPAD peut-il adapter les repas d’un résident qui ne mange plus ?

Oui. Selon les besoins, l’établissement peut adapter les textures, enrichir l’alimentation, proposer des collations et organiser une aide à la prise alimentaire.