L’entrée en EHPAD de votre mère l’an dernier a représenté pour elle un gros effort financier : sa pension relativement modeste ne suffisant pas à couvrir les frais de l’établissement, vous participez également à ceux-ci. Si vous pensez avoir fait le tour des aides sociales, on vous a parlé d’éventuels avantages fiscaux pour les personnes âgées hébergées en EHPAD. Votre parent a-t-il la possibilité d’en bénéficier ? Voici un guide détaillé et clair pour comprendre les dispositifs fiscaux applicables en 2026 aux personnes âgées en maison de retraite.
Crédit d’impôt pour les frais d’hébergement en EHPAD
Il existe bien un dispositif permettant à certains résidents d’EHPAD de diminuer le montant des impôts qu’ils ont à acquitter. Toutefois, celui-ci ne profite pas à tous. Voici pourquoi.
Crédit d’impôt ou réduction d’impôt ?
Les frais d’hébergement et de dépendance en EHPAD donnent droit à une réduction fiscale, et non à un crédit d’impôt.
La réduction d’impôt diminue le montant de l’impôt à payer. Elle ne concerne donc que les personnes âgées payant des impôts. Un résident qui n’est pas imposable, quant à lui, n’est pas concerné. C’est la grande différence avec un crédit d’impôt qui, lui, peut être remboursé même sans impôt à payer.
Si la question du crédit d’impôt en EHPAD a été discutée à l’Assemblée nationale, elle n’a toujours pas abouti en 2026.

Ce que couvre la réduction d’impôt en EHPAD
Le dispositif actuel n’est donc pas universel, puisqu’il ne s’applique qu’aux personnes imposables et payant des impôts.
Pour en bénéficier, il faut par ailleurs que la personne âgée soit située en France ou dans un autre État de l’Espace économique européen.
Elle concerne les dépenses liées :
- à l’hébergement (logement, repas, services hôteliers) ;
- à la dépendance (aide aux gestes du quotidien).
Comment fonctionne la réduction d’impôt en 2026 ?
Un résident d’EHPAD peut prétendre à une réduction d’impôt de 25 % des dépenses réellement supportées par le résident, après déduction des aides perçues (APA, APL, etc.).
Cette réduction est également plafonnée à un montant de dépenses de 10 000 € par an, soit une réduction maximale de 2 500 €.
Exemples de calcul de la déduction fiscale en EHPAD
| Éléments de comparaison | Résident A | Résident B |
| Niveau de dépendance | GIR 4 (perte d’autonomie moyenne) | GIR 2 |
| Pension mensuelle | Non précisée | 850 € |
| Dépenses dépendance | 350 €/mois (450 € facturés – 100 € d’APA) | Non précisé |
| Dépenses hébergement | 1 400 €/mois | Non précisé |
| Dépenses totales EHPAD | 1 750 €/mois | Non précisé |
| Dépenses annuelles EHPAD | 21 000 € | Non précisé |
| Imposable | Oui | Non |
| Impôt sur le revenu avant réduction | 4 000 € | 0 € |
| Dépenses retenues pour la réduction d’impôt | 10 000 € (plafond annuel) | Aucune |
| Taux de réduction d’impôt | 25 % | Sans objet |
| Montant de la réduction d’impôt | 2 500 € | 0 € |
| Impôt après réduction | 1 500 € | 0 € |
| Éligible à l’ASH | Non mentionné | Oui |
| Bénéficie de la réduction d’impôt EHPAD | Oui | Non (car non imposable) |
Résultat : le résident A bénéficie de la réduction d’impôt maximale de 2 500 €, tandis que le résident B, bien qu’éligible à l’ASH, ne bénéficie d’aucune réduction d’impôt puisqu’il n’est pas imposable.
LIRE AUSSI : Quelle partie du loyer d’un EHPAD est déductible des impôts ?
Déduction fiscale pour l’aide à un parent en EHPAD
Dans de nombreux cas, la famille aide leur parent à financer son hébergement en EHPAD. Cela peut également leur ouvrir droit à une déduction d’impôt.
Principe de la déduction pour obligation alimentaire
Les enfants qui aident un parent en EHPAD peuvent, dans certains cas, déduire les sommes versées pour couvrir les frais d’hébergement. Ils doivent pour cela agir au titre de l’application de l’obligation alimentaire, en particulier lorsque le résident bénéficie de l’ASH.

Conditions d’application
Cette déduction fiscale concerne les situations où le parent ne dispose pas de ressources suffisantes pour payer seul son établissement et où l’enfant ou les enfants sont tenus de l’aider au titre de l’obligation alimentaire. Leur contribution est alors assimilée à une pension alimentaire. Celle-ci ne peut subvenir qu’aux besoins essentiels de la vie courante (nourriture, logement, santé…).
Elle n’est pas conditionnée uniquement à l’existence d’une aide sociale comme l’ASH.
Le montant déductible correspond aux sommes effectivement versées et justifiées, dans la limite de leur caractère raisonnable au regard des besoins du bénéficiaire.
Deux cas sont alors possibles :
- Soit l’enfant verse le montant déterminé à son parent, qui paiera ensuite l’établissement ;
- Soit l’enfant verse directement le montant à l’établissement, et le résident n’a pas à le déclarer dans sa déclaration de revenus.
Réduction ou crédit d’impôt pour services à la personne liés à l’EHPAD
En général, une personne hébergée en EHPAD ne fait pas appel à des services à la personne autres que ceux dispensés dans l’établissement.
Par contre, prenons le cas d’un couple, dont l’un reste à domicile avec des aides à domicile. Ce dernier peut bénéficier d’un crédit d’impôt sur les services à la personne qui lui sont nécessaires : ménage, entretien du logement, etc. Ce crédit est égal à 50 % des dépenses engagées, dans les conditions prévues par la réglementation fiscale.
Comment déclarer correctement ces avantages fiscaux ?
Voici les points essentiels à connaître pour déclarer une réduction d’impôt en EHPAD.
Documents nécessaires
Avant de remplir la déclaration, le résident doit s’assurer de disposer des pièces justificatives nécessaires :
- L’attestation de l’EHPAD : elle doit préciser les frais d’hébergement, les dépenses liées à la dépendance, les aides perçues et le montant effectivement payé par le résident ;
- Les justificatifs de paiement mensuels : relevés bancaires, factures mensuelles, attestations des différentes aides sociales (APA, APL, ASH…).
Les enfants aidants doivent conserver les preuves de versement au parent ou à l’établissement.
Déclaration sur la feuille d’impôt
Une fois ces pièces récupérées, il suffit de déclarer les dépenses liées à la dépendance et à l’hébergement en les reportant dans les cases 7CD pour les frais de dépendance, et 7CE pour les frais d’hébergement.
- Dans la déclaration en ligne, à l’étape 3, il suffit de cocher la case « Réductions et crédits d’impôt » dans la section « charges » pour accéder aux cases 7CD et 7CE.
- Si la personne fait encore une déclaration papier, elle doit reporter les frais dans les cases 7CD et 7CE du formulaire annexe n° 2042 RICI, dédié aux réductions et crédits d’impôt.
FAQ
Peut-on cumuler APA et réduction d’impôt ?
Oui, il est possible de percevoir l’APA et de bénéficier d’un avantage fiscal. Mais l’APA doit être déduite des dépenses déclarées. Seul le reste à charge réellement payé peut être pris en compte.
Les frais d’EHPAD sont-ils toujours déductibles ?
Non. Les frais d’EHPAD déductibles des impôts doivent correspondre à des dépenses d’hébergement et de dépendance réellement supportées. Les aides perçues doivent être retirées.
Le crédit d’impôt est-il remboursé même sans impôt ?
Un crédit d’impôt est remboursable, même si la personne ne paie pas d’impôt. Mais les frais d’EHPAD ouvrent droit à une réduction d’impôt. Si la personne n’est pas imposable, elle ne récupère donc pas de somme au titre de cette réduction.
Quels justificatifs faut-il fournir ?
Il faut conserver l’attestation fiscale de l’EHPAD, les factures, les justificatifs de paiement, les notifications d’APA, d’APL, d’ALS ou d’ASH, ainsi que les preuves de versement en cas d’aide versée par les enfants.
Existe-t-il un plafond annuel ?
Oui. Pour la réduction d’impôt EHPAD 2026, le montant maximum de dépenses retenues est de 10 000 euros par an. Le taux de réduction étant de 25 %, son montant maximal est de 2 500 euros par an.





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