Vous avez reçu le compte-rendu neurologique de votre parent avec un score MMS. Votre mère a obtenu 24/30, votre père 18/30, et vous cherchez à comprendre ce que ces chiffres signifient réellement. Faut-il y voir une maladie d’Alzheimer ? Un simple trouble de la mémoire ? Ou un signe de déclin cognitif plus important ? Pour éviter les interprétations hâtives, il est essentiel de comprendre ce que mesure réellement ce test et ce qu’il ne permet pas d’affirmer.

Qu’est-ce que le test MMS (MMSE) utilisé en neurologie ?

Le score MMS provient d’un examen appelé MMSE, pour Mini Mental State Examination, aussi connu sous le nom de test MMS ou test de Folstein. Il s’agit d’un outil d’évaluation cognitive utilisé par les neurologues, gériatres et médecins spécialisés dans les troubles cognitifs. Il a été créé dans les années 1970 par les psychiatres américains Marshal Folstein, Susan Folstein et Paul McHugh. 

Mémoire, orientation, langage : les fonctions évaluées par le MMS

Le test permet d’évaluer :

  • la mémoire immédiate ;
  • la mémoire différée ;
  • l’orientation dans le temps ;
  • l’orientation dans l’espace ;
  • l’attention et le calcul ;
  • le langage ;
  • les capacités de compréhension ;
  • certaines fonctions de raisonnement.

Par exemple, le médecin peut demander à votre proche de retenir trois mots puis de les restituer quelques minutes plus tard. Il peut également poser des questions simples sur la date du jour ou le lieu où se déroule la consultation.

Médecin qui analyse : mémoire, orientation et langage chez le senior

Quelle est la durée du test ?

Le test cognitif MMS pour une personne âgée dure entre 10 et 15 minutes. Il peut être réalisé à l’hôpital, dans un cabinet médical, en consultation mémoire ou même à domicile. Le médecin lit les consignes oralement et attribue des points en fonction des réponses obtenues.

Il est important de rappeler que le MMS n’est pas un examen destiné uniquement à la maladie d’Alzheimer. Il sert plus largement à détecter d’éventuelles difficultés cognitives nécessitant des investigations complémentaires.

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Comment est calculé le score MMS ?

Le score MMS repose sur un système de points permettant de quantifier les performances cognitives observées durant le test.

Le principe des points au test

Le MMSE est noté sur 30 points. Chaque bonne réponse rapporte un ou plusieurs points selon la difficulté de la tâche demandée. Voici les questions fréquemment posées.

  • Quelle est la date d’aujourd’hui ?
  • Dans quelle ville sommes-nous ?
  • Répétez cette série de mots.
  • Comptez à rebours de 7 en 7.
  • Écrivez une phrase complète.
  • Copiez un dessin géométrique.

À l’issue de l’évaluation, l’ensemble des points est additionné pour obtenir le score final. Par exemple, une personne qui répond correctement à la majorité des questions peut obtenir 28 ou 29 points. Une personne présentant davantage de difficultés cognitives pourra obtenir un score plus faible.

Interprétation MMSE points : ce que mesure réellement le score

Le score MMS évalue avant tout le niveau global de fonctionnement cognitif. Il permet d’apprécier :

  • la capacité à mémoriser une information (3 points) ;
  • la capacité à la restituer après un délai (3 points) ;
  • les capacités d’attention et de calcul (5 points) ;
  • les capacités de langage et de compréhension (8 points) ;
  • l’orientation dans le temps et dans l’espace (10 points) ;
  • les capacités de praxies constructives, c’est-à-dire la capacité à reproduire une figure (1 point).

En revanche, il ne mesure pas toutes les fonctions cognitives avec précision. Une personne peut obtenir un score relativement correct et présenter des difficultés importantes dans certaines situations du quotidien.

Par exemple, votre père peut obtenir 27/30 mais avoir du mal à gérer ses comptes ou organiser un déplacement.

Comment interpréter un score MMS ?

L’interprétation d’un score MMS doit toujours tenir compte du contexte médical global du patient.

Les différents seuils de score

De manière générale, les professionnels utilisent les repères suivants :

  • 27 à 30 points : fonctionnement cognitif considéré comme normal ;
  • 24 à 26 points : suspicion de trouble cognitif léger ;
  • 20 à 23 points : trouble cognitif modéré ;
  • Moins de 20 points : atteinte cognitive plus marquée.

Ces seuils restent indicatifs. L’âge, le niveau d’éducation, les habitudes culturelles ou certaines difficultés sensorielles peuvent influencer le résultat. Par exemple, une personne ayant peu été scolarisée peut obtenir un score inférieur sans présenter de démence.

Ce que le score ne permet pas de conclure

C’est un point essentiel pour les familles. Un score MMS ne constitue jamais un diagnostic à lui seul. Il ne permet pas :

  • de confirmer une maladie d’Alzheimer ;
  • de déterminer précisément la cause des troubles ;
  • d’évaluer toutes les fonctions cognitives ;
  • de prédire l’évolution future avec certitude.

Un score de 22/30 peut être observé dans plusieurs situations très différentes. Le neurologue utilise donc ce résultat comme un élément parmi d’autres dans son raisonnement diagnostique.

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Différence MMS et diagnostic Alzheimer

Le MMS est souvent associé à la maladie d’Alzheimer, mais leur relation est plus nuancée qu’il n’y paraît.

Le MMS comme outil de dépistage

Le test aide le médecin à repérer des signes compatibles avec un trouble cognitif. Il constitue un outil de dépistage et d’orientation. Dans le cadre d’une suspicion d’Alzheimer, il permet :

  • d’objectiver certaines difficultés cognitives ;
  • de suivre leur évolution dans le temps ;
  • d’évaluer l’efficacité de certaines prises en charge.

Le neurologue peut ainsi comparer plusieurs scores réalisés à quelques mois d’intervalle.

Pourquoi un mauvais score ne signifie pas forcément Alzheimer

De nombreuses situations peuvent entraîner une baisse du score MMS. Parmi les causes possibles :

  • une dépression ;
  • une fatigue importante ;
  • certains médicaments ;
  • une hospitalisation récente ;
  • une maladie neurologique autre qu’Alzheimer ;
  • des troubles de l’audition ou de la vision.

Par exemple, une personne très anxieuse durant la consultation peut perdre plusieurs points sans souffrir d’une maladie neurodégénérative. C’est précisément pour cette raison qu’un score faible ne permet jamais de conclure seul à une maladie d’Alzheimer. 

Pour mieux comprendre les différences entre Alzheimer et d’autres pathologies pouvant provoquer des symptômes similaires, vous pouvez consulter cet article : Maladies neurologiques ou psychiatriques : comment éviter une confusion avec Alzheimer ?

Quels examens complètent le MMS pour poser un diagnostic ?

Le MMS constitue généralement une première étape dans l’évaluation cognitive. Pour établir un diagnostic fiable, plusieurs examens complémentaires peuvent être nécessaires.

IRM ou scanner cérébral

L’imagerie médicale permet de rechercher certaines anomalies cérébrales. Elle aide notamment à identifier :

  • un accident vasculaire ancien ;
  • une atrophie cérébrale ;
  • une autre pathologie neurologique.

Bilan neuropsychologique complet

Le bilan neuropsychologique est beaucoup plus approfondi que le MMSE. Il analyse en détail :

  • la mémoire ;
  • l’attention ;
  • les fonctions exécutives ;
  • le langage ;
  • le raisonnement.

Ce bilan peut durer plusieurs heures.

Senior qui fait un bilan neuropsychologique complet

Analyses biologiques

Certaines maladies peuvent provoquer des troubles cognitifs réversibles. Des prises de sang permettent par exemple de rechercher :

  • une carence en vitamine B12 ;
  • un trouble thyroïdien ;
  • certaines infections ;
  • des déséquilibres métaboliques.

Observation clinique globale

Le neurologue tient également compte :

  • des symptômes décrits par la famille ;
  • de l’autonomie au quotidien ;
  • de l’évolution des difficultés ;
  • des antécédents médicaux.

L’ensemble de ces éléments contribue au diagnostic final.

Que faire après un score MMS faible ?

Découvrir un score MMS faible peut être déstabilisant pour votre proche comme pour la famille. La première étape consiste à attendre l’interprétation complète du neurologue. Selon la situation, plusieurs actions peuvent être proposées :

  • réalisation d’examens complémentaires ;
  • consultation mémoire spécialisée ;
  • mise en place d’un suivi neurologique ;
  • accompagnement psychologique ;
  • adaptation du quotidien.

Si les difficultés deviennent importantes, des solutions d’aide à domicile peuvent également être envisagées afin de préserver la qualité de vie de votre parent. L’objectif n’est pas uniquement de poser un diagnostic, mais aussi d’organiser un accompagnement adapté aux besoins réels de la personne concernée.

Si votre proche a reçu un score MMS préoccupant, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une étape dans un processus d’évaluation plus large. Seule une analyse médicale complète permet de comprendre l’origine réelle des troubles cognitifs observés.

FAQ – Troubles cognitifs, Alzheimer et score MMS

Le MMS suffit-il pour diagnostiquer Alzheimer ?

Non. L’interprétation du test MMS ne suffit pas à établir un diagnostic de maladie d’Alzheimer : le MMS est un outil de dépistage et d’évaluation cognitive, qui doit être complété par d’autres examens médicaux et une analyse globale de la situation du patient.

Un score bas est-il toujours grave ?

Non. Un score faible peut être influencé par de nombreux facteurs comme la fatigue, l’anxiété, le niveau d’éducation ou certaines maladies non liées à Alzheimer.

Peut-on améliorer son score MMS ?

Dans certains cas, oui. Une meilleure prise en charge médicale, le traitement d’une dépression ou la correction d’une cause réversible peuvent entraîner une amélioration du score.

Qui fait passer le test MMSE ?

Le test peut être réalisé par un neurologue, un gériatre, un médecin spécialisé en consultation mémoire ou un professionnel formé à l’évaluation cognitive.

Le score MMS évolue-t-il dans le temps ?

Oui. Le score peut rester stable, s’améliorer ou diminuer selon la cause des troubles cognitifs. C’est pourquoi les médecins utilisent régulièrement le MMS dans le suivi des patients.