La maladie de Parkinson de votre père restait jusqu’à présent maîtrisable, et il pouvait continuer une vie autonome chez lui. Malheureusement, son évolution vous conduit à rechercher un établissement où il serait accompagné et soigné. S’il n’existe pas de maison de retraite dédiée à cette maladie, il pourra bénéficier d’une bonne prise en charge en EHPAD. Découvrez dans ce guide combien coûte une maison de retraite Parkinson, quelles sont les aides financières pour Parkinson, ainsi que les droits qu’ouvre cette maladie.

Parkinson et entrée en maison de retraite : à quel moment l’envisager ?

La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative évolutive. Au début, la personne peut continuer à vivre à domicile avec des aides adaptées.

Une maladie évolutive

Les spécialistes estiment que la maladie de Parkinson comporte 5 stades ou phases, qui commencent par des symptômes légers, voire inaperçus, et vont jusqu’à une invalidité sévère. Elle commence plusieurs années avant l’apparition des premiers signes visibles. 

Ces premiers symptômes sont : 

  • Des troubles du sommeil
  • Une phase dépressive,
  • Des problèmes de constipation
  • Une grande fatigue,
  • Des douleurs musculaires.

Les signes moteurs apparaissent ensuite avec des tremblements au repos, un ralentissement des gestes.

Avec le temps, les troubles moteurs s’aggravent :

  • Rigidité des membres,
  • Tremblements persistants,
  • Chutes,
  • Troubles de la mémoire
Senior avec des troubles moteurs qui s’aggravent

Vers une perte d’autonomie

Les 3 premiers stades laissent une certaine autonomie à la personne âgée atteinte de Parkinson. Elle est capable d’effectuer seule la plupart des actes de la vie quotidienne : se lever, se coucher, faire sa toilette, s’habiller, se faire à manger, etc.

Mais progressivement, ces actes deviennent de plus en plus difficiles à réaliser. C’est le début du stade 4, qui implique d’importantes mesures d’accompagnement. 

Cette perte d’autonomie doit être évaluée sur l’échelle AGGIR, afin de permettre l’accès à des aides financières. Lorsque la personne ne peut plus accomplir seule les actes essentiels (toilette, repas, déplacements), le maintien à domicile devient difficile.

Maintien à domicile vs établissement

Aux premiers stades de la maladie, la personne peut rester à son domicile, en étant accompagnée. Cela nécessite l’appel à des aides techniques et une adaptation du logement

Lorsqu’un tel dispositif devient trop lourd à gérer, l’entrée en établissement spécialisé peut sécuriser la personne et, le cas échéant, soulager le couple.

Tarifs d’une maison de retraite avec Parkinson : combien prévoir ?

Le tarif d’un EHPAD pour Parkinson dépend de plusieurs facteurs.

Le coût de l’hébergement

Le tarif de l’hébergement en EHPAD est souvent la part la plus importante de la facture. Il couvre en effet : 

  • Le prix de la chambre et de son entretien,
  • Les services : blanchisserie, restauration, 
  • La charge des locaux communs : salons, jardin extérieur…
  • Une partie des activités et animations proposées par l’établissement.

Le coût de l’hébergement varie selon :

  • La localisation de la structure : les endroits les plus coûteux sont les grandes métropoles, ainsi que des sites attractifs comme la Côte d’Azur ;
  • Son statut : les EHPAD publics sont en général moins chers que les EHPAD privés ;
  • Son niveau de confort et d’équipements.

L’accompagnement de la dépendance

Le tarif dépendance est directement lié au niveau de GIR auquel est évalué le résident. Plus la perte d’autonomie est forte, et plus le tarif est élevé.

Les soins spécifiques

À un stade avancé de la maladie, les personnes âgées ont besoin de soins et de traitements spécifiques. Elles se voient proposer un accompagnement adapté à leur condition : séances de kinésithérapie, d’ergothérapie, d’orthophonie…

Par ailleurs, un suivi neurologique est assuré.

La prise en charge en unités spécialisées

De nombreux EHPAD disposent d’unités spécialisées consacrées aux troubles cognitifs. Ces espaces assurent un environnement plus sécurisé et un personnel renforcé aux résidents qui sont ainsi mieux accompagnés.

On estime avant déduction d’éventuelles aides financières, le prix mensuel d’un EHPAD Parkinson entre 2 400 et 3 400 euros.

Aides financières pour Parkinson en établissement

Il existe plusieurs aides sociales qui permettent de réduire sensiblement le coût de l’accompagnement de la maladie de Parkinson.

L’APA (Allocation personnalisée d’autonomie)

L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) est versée par le conseil départemental. Elle est attribuée sans condition à toute personne âgée de 60 ans et plus évaluée GIR 4 à GIR 1 sur l’échelle de la dépendance.

Son montant dépend : 

  • Du niveau de GIR ;
  • Des ressources de la personne.

L’aide sociale à l’hébergement (ASH)

Si les ressources du résident ne sont pas suffisantes pour payer l’ensemble des frais de l’EHPAD, il est possible de bénéficier de l’ASH, délivrée par le conseil départemental. Celle-ci couvre le reste à charge après déduction du paiement du résident, des autres aides et, éventuellement, de la contribution des obligés alimentaires.

L’ASI ou allocation supplémentaire d’invalidité

L’ASI concerne les personnes reconnues en invalidité générale réduisant leur capacité de travail ou de gain d’au moins 2/3. Cette allocation est accessible aux personnes avant l’âge de la retraite, et dont les ressources mensuelles sont inférieures ou égales à 914,85 €. L’ASI comble la différence entre les revenus et ce montant.

Cependant, les personnes atteintes de Parkinson et hébergées en EHPAD sont généralement plus âgées et ne peuvent plus bénéficier de l’ASI.

Elles peuvent alors prétendre à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), accessibles aux personnes dont les revenus mensuels ne dépassent pas 1 043,59 €.

Les aides au logement

Enfin, l’aide personnalisée au logement (APL) ou l’aide au logement social (ALS) sont accessibles aux résidents d’EHPAD sous conditions de ressources.

Invalidité et pension avec Parkinson : quels droits ?

Les personnes atteintes de Parkinson peuvent bénéficier d’une pension d’invalidité et, sous certaines conditions, d’une retraite anticipée adaptée à leur incapacité.

Accès à l’AAH et critères d’incapacité

La maladie de Parkinson peut ouvrir droit à une pension d’invalidité. Le patient doit être reconnu comme handicapé par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

En dessous de 65 ans, un taux d’incapacité est de 80 % (ou 50 à 79 % s’il n’est pas en mesure de travailler et une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi reconnue par la CDAPH (MDPH)) donne accès à l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Elle permet de recevoir la différence entre le montant de sa pension ou sa rente et 1 033,32 €.

Toutefois, à partir de 65 ans, celle-ci cède la place à l’ASPA (voir plus haut).

Senior avec Parkinson qui a accès à l'AAH

Retraite anticipée et conversion de la pension d’invalidité

Une maladie de Parkinson précoce peut entraîner une incapacité durable à exercer un travail. Dans certains cas, une retraite anticipée est possible.

Si l’invalidité est reconnue par la Caisse d’assurance maladie, la personne peut demander un départ anticipé à la retraite. Toutefois, pour cela, il faut qu’elle ait été reconnue handicapée très jeune et qu’elle ait travaillé et cotisé avec son handicap. Il est alors possible de partir en retraite à 60 ans au titre d’une carrière « longue » (au moins 5 trimestres validés avant l’âge de 20 ans) ou au titre de la pénibilité.

La reconnaissance d’incapacité s’effectue à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Lorsqu’une pension d’invalidité est déjà versée, elle est automatiquement transformée en pension retraite à l’âge légal.

Droits du conjoint : couple, ressources et cumul

Dans un couple dont l’un des conjoints est atteint de la maladie de Parkinson, le conjoint non malade dispose de certains droits spécifiques. 

Quel impact sur les revenus du couple ?

L’entrée en maison de retraite du conjoint atteint de la maladie de Parkinson peut modifier l’équilibre financier du couple. Les dépenses au titre de la dépendance du malade qu’il reste à domicile ou qu’il vive en EHPAD grèvent le budget du couple malgré les aides sociales.

Le cumul des aides

Le conjoint atteint de la maladie de Parkinson peut cumuler différentes aides :

  • L’APA à domicile ou l’APA en établissement s’il est en EHPAD,
  • L’aide au logement,
  • L’ASPA.

S’il est hébergé en EHPAD, il peut également recevoir, sous conditions, l’ASH.

La protection du conjoint

Vivre avec une personne atteinte de la maladie de Parkinson demande beaucoup d’efforts de la part du conjoint. À domicile, le malade a besoin d’un accompagnement qui ne repose pas sur les seules épaules de son conjoint. Les aides financières existent pour ce faire.

Par ailleurs, la personne non malade n’a pas à supporter seule la charge financière de la maladie de son conjoint Parkinson. Les conditions de ressources ainsi que les montants délivrés par les aides pour l’accompagnement du malade garantissent un revenu minimal pour son conjoint.

Parkinson à domicile : aides avant l’entrée en établissement

Les nombreuses années qui précèdent un éventuel placement en maison de retraite Parkinson laissent au malade de Parkinson tout loisir pour se maintenir à domicile, en grande partie grâce à l’allocation personnalisée autonomie.

Aménagement du domicile et aides techniques

Un plan personnalisé est établi lors de l’évaluation du niveau de dépendance de la personne âgée. Il liste l’ensemble des aides dont a besoin le malade pour vivre bien à son domicile. Cela passe en particulier par des aides techniques

  • Fauteuil roulant ;
  • Déambulateur, canne ; 
  • Lit médicalisé

Et par l’aménagement du logement :

  • Installation d’une douche à l’italienne,
  • Pose de barres d’appui,
  • Rampe lumineuse…

Recours à des services à domicile

Qu’il vive seul ou en couple, le malade de Parkinson doit pouvoir être accompagné dans les actes de la vie courante qui lui posent des difficultés. Il peut ainsi faire appel à des services d’aide à la personne, financés en partie par l’APA ;

  • Assistance pour les repas ;
  • Aide à la toilette ;
  • Ménage ;
  • Accompagnement pour des déplacements extérieurs…

FAQ

Combien coûte une maison de retraite pour une personne atteinte de Parkinson ?

Le montant avant déduction des aides sociales varie selon l’établissement et le niveau de dépendance. Il est en moyenne dans une fourchette entre 2400 et 3 400 euros par mois.

Quelles aides financières peut-on obtenir avec Parkinson ?

APA, ASI, Aide sociale à l’hébergement, Aides au logement, ASPA selon les ressources et l’âge.

Peut-on bénéficier d’une pension d’invalidité avec Parkinson ?

Oui, si la capacité de travail est réduite. La pension d’invalidité est versée par la caisse d’assurance maladie jusqu’aux 65 ans du malade. C’est l’ASPA qui prend le relais.

La maladie de Parkinson permet-elle une retraite anticipée ?

Oui, en cas d’incapacité reconnue et selon les trimestres validés.

Peut-on rester à domicile avec des aides adaptées ?

Oui, aux premiers stades de la maladie, grâce au plan personnalisé d’aide en partie financé par l’APA.