Vous avez déposé une demande d’APA pour votre mère en pensant qu’elle allait enfin la soulager, ou vous permettre, en tant qu’aidant, de respirer un peu. Mais la réponse tombe : refus d’APA. Incompréhension, découragement, sentiment d’injustice… Vous avez l’impression que la réalité du quotidien n’a pas été pleinement prise en compte. Rassurez-vous : dans de nombreux cas, un refus n’est ni définitif ni irréversible. Encore faut-il comprendre ce qu’il signifie vraiment et comment y réagir. Découvrez les raisons les plus courantes d’un refus d’APA et les démarches possibles pour faire valoir votre situation.
Refus d’APA : de quoi parle-t-on vraiment ?
L’APA, qui accompagne près de 1,3 million de bénéficiaires en France, est l’une des aides financières les plus importantes pour soutenir les personnes âgées confrontées à une perte d’autonomie.
Il arrive cependant qu’elle soit refusée. On distingue trois réalités de cas de figure pour un refus d’Allocation Personnalisée d’Autonomie :
- le refus pur et simple, lorsque le département estime que les conditions d’attribution ne sont pas remplies.
- l’ajournement, lorsque la situation est jugée temporaire ou insuffisamment stabilisée (par exemple après une hospitalisation).
- le dossier est incomplet, ce qui empêche toute décision favorable tant que certaines pièces manquent.
Une grande partie des « APA refusées » relève de ces deux derniers cas. Cela signifie qu’il est souvent possible d’agir, à condition de bien comprendre les raisons du refus.
Les raisons les plus fréquentes de refus de l’APA
Voici les raisons d’un refus d’APA.
1. Un GIR jugé insuffisant (GIR 5 ou 6)
C’est la cause la plus courante de refus d’APA. L’APA est réservée aux personnes classées en GIR 1 à 4 selon la grille AGGIR. Si votre proche est évalué en GIR 5 ou 6, l’aide est automatiquement refusée.
La logique du département repose sur ce principe : l’APA finance la perte d’autonomie, pas les difficultés ponctuelles ou le confort de vie.
Or, certaines limitations (fatigue, lenteur, douleurs, troubles légers) ne suffisent pas, sur le papier, à caractériser une dépendance. Un refus d’APA en GIR 5 ou 6 est donc tout à fait normal.
En effet, l’APA comporte des inconvénients à connaître, et le fait qu’elle soit sélective en est un.

2. Des ressources jugées trop élevées
Contrairement à certaines aides sociales, avoir des revenus élevés n’empêche pas de toucher l’APA. La personne âgée peut donc en faire la demande quel que soit son revenu.
Ce qui varie selon les ressources, c’est le montant que le bénéficiaire doit verser pour contribuer à l’aide : l’APA finance une partie des dépenses liées à l’accompagnement, mais plus les revenus sont élevés, plus la contribution personnelle peut être importante.
Parfois, le département peut juger que l’aide devient moins pertinente lorsque la participation à charge est élevée, mais cela ne constitue pas un refus au sens strict. Dans la plupart des cas, ce que certaines familles interprètent comme un « refus d’APA selon les ressources » n’est en réalité qu’une incompréhension du mode de calcul.
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3. Un dossier APA incomplet ou mal rempli
Un refus d’APA pour un dossier incomplet est frustrant, mais courant. Il peut s’agir de pièces manquantes (avis d’imposition, certificat médical), ou d’informations incohérentes entre les documents fournis.
Il arrive aussi que le formulaire APA soit mal rempli. Une erreur de date, une rubrique mal renseignée ou une signature oubliée peuvent bloquer l’instruction du dossier. Là encore, ce n’est pas une remise en cause du besoin, mais un obstacle administratif.
Conseil : n’hésitez pas à vous faire aider par un assistant social, une association d’aidants ou le service médico-social de votre département pour remplir correctement le formulaire.
4. Une évaluation à domicile défavorable
Pour savoir si votre parent peut bénéficier de l’APA, une visite à domicile est indispensable. C’est à ce moment-là que le niveau de dépendance est évalué. Le professionnel de santé observe les gestes du quotidien, pose des questions précises et se base sur ce qu’il voit, ainsi que sur ce que vous lui montrez.
Les familles commettent souvent la même erreur : vouloir « bien faire ». Le logement est rangé, le proche est aidé juste avant la visite, certaines difficultés sont minimisées. Ainsi, la situation paraît plus autonome qu’elle ne l’est réellement, et l’APA est refusée.
Montrez et expliquez clairement au professionnel de santé lors de la visite ce que votre proche ne peut plus faire seul au quotidien. L’objectif est que sa situation soit correctement comprise et qu’il puisse être classé dans le bon GIR.
5. Une situation jugée temporaire ou non stabilisée
Après une hospitalisation récente, une chute ou un épisode aigu (infection, fracture, poussée brutale d’une maladie chronique), le département peut considérer que la perte d’autonomie n’est pas encore vraiment installée. Dans ce cas, le dossier est ajourné.
Pour les professionnels de santé qui évaluent votre proche, la distinction entre convalescence et perte d’autonomie durable est essentielle. Si son état ne s’améliore pas, vous pouvez faire une nouvelle demande d’APA.
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Que faire après un refus d’APA ?
Votre dossier APA vient d’être refusé et vous ne savez pas quoi faire : voici comment réagir.
Vérifier le motif exact du refus
La première étape consiste à lire attentivement la notification. Elle précise toujours la raison de la décision. Ce document est nécessaire pour savoir s’il est possible de faire un recours APA, de corriger un dossier ou de redéposer une demande.
Faire un recours APA : quand et comment
Il vous faut faire un recours administratif préalable obligatoire (Rapo). Le recours s’adresse directement au président du conseil départemental. Il doit être formulé dans les deux mois qui suivent la notification de refus. Le délai de recours pour un dossier APA doit être respecté.
Pour contester un refus d’APA, il est indispensable d’apporter des éléments nouveaux :
- certificat médical détaillé ;
- précisions sur le quotidien ;
- témoignages d’aidants.
Un recours mal argumenté ou simplement émotionnel, sans faits concrets, a peu de chances d’aboutir. Si la contestation écrite n’est pas suffisante, vous pouvez engager un recours contentieux auprès du tribunal administratif.

Redéposer un dossier APA corrigé
Dans certaines situations, redéposer un dossier APA est plus efficace qu’un recours. C’est notamment le cas lorsque le refus est lié à un dossier incomplet ou à une situation qui a évolué. Renforcer les éléments médicaux, détailler précisément les actes de la vie quotidienne devenus difficiles, et mieux préparer l’évaluation peuvent faire toute la différence.
Comment éviter un refus d’APA dès la première demande
Le secret réside dans la préparation. Le dossier APA de votre parent doit refléter la réalité, sans dramatisation, mais sans minimisation non plus. Il doit être le plus complet possible.
Anticiper la visite à domicile est essentiel : expliquer à votre proche qu’il n’a pas à « faire bonne figure », préparer une liste des difficultés rencontrées, et être présent lors de l’évaluation si possible.
Il est important de se renseigner en amont pour comprendre les critères d’évaluation du département. L’objectif est de savoir comment bien se préparer pour la visite. Il vaut mieux fournir trop de détails que pas assez.
FAQ
Pourquoi l’APA peut-elle être refusée ?
Un refus d’APA est possible lorsque le GIR est insuffisant, que le dossier est incomplet, ou que si la situation de votre proche est jugée temporaire.
Peut-on toucher l’APA après un premier refus ?
Oui, de nombreuses situations évoluent favorablement après un recours ou un nouveau dépôt de dossier.
Un refus d’APA est-il définitif ?
Non, un refus d’APA n’est jamais définitif si la situation change ou si des éléments nouveaux sont apportés.
Comment contester une décision de refus d’APA ?
Il est possible de faire un recours gracieux dans les délais, en fournissant des justificatifs précis et actualisés.
Combien de temps pour faire un recours APA ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de refus d’APA.
Peut-on redéposer un dossier APA après un refus ?
Oui, et c’est parfois la solution la plus simple et la plus efficace. Cela permet de corriger les informations manquantes, de détailler davantage le quotidien de votre proche ou d’intégrer de nouveaux éléments médicaux.





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