La perte d’autonomie récente de votre mari a donné lieu à une évaluation officielle de son état. Après une visite de l’équipe médico-sociale du département, son degré de dépendance a été mesuré à GIR 3. Vous savez qu’il s’agit d’un niveau de dépendance significatif, mais vous souhaitez avoir des détails. Vous trouverez dans ce guide les réponses à vos interrogations sur la gravité d’une dépendance en GIR 3, les décisions que celle-ci peut impliquer, ainsi que les aides financières pour permettre à votre mari de poursuivre une vie décente.

GIR 3 : définition et position dans la grille AGGIR

Le GIR (Groupes Iso-Ressources) est un outil permettant d’évaluer l’autonomie des personnes âgées et de déterminer leur niveau de dépendance.

Où se situe le GIR 3 parmi les niveaux de dépendance ?

Il existe six niveaux de GIR établis sur la base de la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso Ressources).

Le GIR 3 se situe à un niveau intermédiaire. Il concerne des personnes ne pouvant plus assurer seules certains actes de leur vie quotidienne, dont la mobilité est réduite. Leur condition nécessite des aides régulières, plusieurs fois par jour, en particulier pour les soins corporels.

Différence entre GIR 2, GIR 3 et GIR 4

  • Les GIR 1 et GIR 2 correspondent à une dépendance lourde à totale,
  • Le GIR 3 marque une perte d’autonomie réelle pour une dépendance modérée,
  • Le GIR 4 correspond à une autonomie plus partielle.

Le GIR 3 correspond donc à une situation encore évolutive, mais déjà fragile.

Pourquoi le GIR 3 marque une perte d’autonomie réelle ?

En GIR 3, la perte d’autonomie est bien réelle et impacte directement le quotidien et la sécurité de la personne âgée. Les seniors rencontrent :

  • Des soucis importants de mobilité : déplacements et transferts sont difficiles, voire impossibles sans aide ;
  • Des troubles physiques qui les empêchent de réaliser certains actes de la vie quotidienne.

Par contre, leurs capacités cognitives, même si elles peuvent être légèrement altérées, restent bonnes.

senior en GIR 3 avec une infirmière à domicile pour prendre les médicaments

Niveau de dépendance en GIR 3 : ce que la personne peut encore faire

En GIR 3, la personne âgée dispose encore d’une certaine autonomie.

Actes de la vie quotidienne partiellement réalisables

Une personne GIR 3 peut encore :

  • Se déplacer sur de courtes distances chez elle, si l’environnement est adapté à sa condition ;
  • Manger seule si les repas sont préparés ;
  • Lire, regarder la télévision, jouer ; 
  • Rester plusieurs heures sans présence.

Difficultés fréquentes : toilette, déplacements, repas

Les difficultés fréquentes liées à une dépendance GIR 3 concernent principalement :

  • La toilette et l’hygiène
  • Les déplacements et transferts : sortir du lit, s’asseoir, se coucher, etc.
  • L’impossibilité de préparer ses repas.

Un degré GIR 3 de perte d’autonomie rend l’aide humaine indispensable, même si elle n’est pas permanente.

Risques si l’aide est insuffisante

Sans assistance suffisante, la personne âgée en GIR 3 s’expose à :

  • Des chutes à son domicile, 
  • Un début de dénutrition,
  • Un risque d’isolement et de dépression.

Ces facteurs peuvent conduire à une aggravation rapide du niveau de dépendance.

Aides financières disponibles pour un GIR 3

Le GIR n’est pas uniquement la détermination d’un niveau de dépendance. Un niveau entre GIR 1 et GIR 4 ouvre aussi droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Montant de l’APA pour un GIR 3

Le montant APA dépend :

  • Du niveau de GIR de la personne âgée,
  • Ainsi que de ses ressources.

Pour une personne en GIR 3 et disposant de revenus mensuels inférieurs à 933,89 €, le montant maximal de l’allocation personnalisée d’autonomie est de 1 211,99 € par mois en 2026.

APA à domicile : ce qui est réellement finançable

Lorsque le senior en GIR 3 reste à domicile, il bénéficie de l’APA et d’un plan d’aide personnalisé. L’ensemble des aménagements et services nécessaires à son maintien chez lui y sont répertoriés. 

L’APA à domicile couvre tout ou partie de l’ensemble des frais du plan d’aide, à savoir : 

  • L’aménagement du logement : douche italienne, rampes, sols antidérapants…
  • Les dispositifs matériels : fauteuil roulant, déambulateur, monte-escalier…
  • Les heures d’auxiliaire de vie et de services à la personne pour la toilette, le portage de repas, l’aide au coucher, au lever…

Impact des ressources sur le reste à charge

Plus les revenus sont élevés, plus le reste à charge augmente. 

Chez les personnes aux revenus mensuels supérieurs à 933,89 €, l’allocation autonomie ne couvre pas l’intégralité des besoins. Un reste à charge subsiste, qui peut varier, selon les revenus, de 1 % à 90 % du plafond de l’aide.

Maintien à domicile en GIR 3 : jusqu’où est-ce réaliste pour la personne âgée ?

Permettre à un senior GIR 3 de rester chez lui est souvent la première option envisagée.

Conditions indispensables pour rester à domicile malgré la perte d’autonomie

Plusieurs éléments doivent être réunis pour rendre viable le maintien à domicile :

  • Un logement sécurisé et adapté,
  • Une organisation fiable des services d’aide,
  • La présence régulière d’un proche.

Rôle des auxiliaires de vie et services d’aide à domicile

Les auxiliaires de vie jouent un rôle central dans le maintien d’une autonomie chez les personnes GIR 3. Grâce à l’APA domicile, il est possible de financer :

  • L’aide à la toilette,
  • L’aide aux repas,
  • L’entretien du logement,
  • Une présence « sociale »,
  • L’accompagnement aux déplacements.

Signaux indiquant que le domicile atteint ses limites

La perte d’autonomie peut devenir plus marquée, rendant très difficile une vie à domicile. Certains signes doivent alerter les aidants :

  • Des chutes répétées,
  • Une mobilité encore réduite,
  • Des problèmes cognitifs préoccupants : désorientation, oublis dangereux (gaz, portes…),
  • Des crises d’angoisse,
  • Un isolement social sévère,
  • Des épisodes dépressifs,
  • L’épuisement des aidants.

GIR 3 et EHPAD : quand l’entrée devient une option pertinente

L’entrée en EHPAD est en général réservée aux GIR 1 à 4.

Profil des personnes en GIR 3 accueillies en EHPAD

Les résidents d’EHPAD en GIR 3 sont souvent des personnes : 

  • Isolées lorsqu’elles étaient chez elles,
  • Sans proches disponibles,
  • Présentant des troubles et symptômes difficiles à gérer à domicile.
femme senior en GIR 3 isolée qui choisit l'entrée en EHPAD

Différences de prise en charge par rapport au domicile

L’établissement apporte une réponse collective et sécurisée à la perte d’autonomie de la personne :

  • Une présence humaine continue,
  • Un ensemble de services contribuant à son bien-être : aides dans tous les actes de la vie quotidienne, restauration, animations et activités,
  • Une socialisation permanente, rompant l’isolement,
  • Un encadrement médical adapté.

Impact du GIR 3 sur le tarif dépendance

Les EHPAD facturent un tarif hébergement (chambre, services hôteliers, activités…) et un tarif dépendance, dédié à la perte d’autonomie. 

Le tarif pour GIR 3GIR 4 est inférieur à celui des GIR 1 et 2, mais supérieur aux GIR 5 à 6.

L’APA permet de réduire ce coût, mais un reste à charge subsiste, en fonction des ressources de la personne :

  • Inférieures à 2 846,71 € par mois, elle ne paie que le ticket modérateur (tarif GIR 5-GIR 6) ;
  • Au-delà, elle s’acquitte du ticket modérateur + entre 1 % et 80 % du tarif GIR 3-GIR 4.

Évaluation GIR 3 : comment elle est faite et peut évoluer ?

La détermination du niveau de GIR est une procédure officielle relevant du département.

Rôle de l’équipe médico-sociale dans l’évaluation

L’équipe médico-sociale, mandatée par le Conseil départemental, se déplace au domicile du senior pour évaluer sa situation. Elle s’appuie sur la grille AGGIR et ses nombreux critères.

Critères observés lors de l’évaluation AGGIR

L’évaluation porte notamment sur :

  • La mobilité,
  • L’alimentation,
  • L’hygiène,
  • Les capacités cognitives.

Réévaluation possible et évolution vers GIR 2 ou GIR 4

Lorsqu’on constate un changement d’autonomie chez la personne âgée, il est naturel de réévaluer son niveau de GIR.

GIR 3 : comment prendre la bonne décision pour la suite ?

Une personne GIR 3 à domicile doit pouvoir anticiper les étapes suivantes, sans attendre une situation d’urgence.

Anticiper avant la dégradation de l’autonomie

Réfléchir à un futur placement en établissement bien avant que celui-ci devienne indispensable, permet à la famille comme au senior de :

  • Comparer sereinement les avantages du domicile et de l’EHPAD,
  • Préparer le senior à un déménagement, 
  • Repérer les établissements les mieux adaptés,
  • Préparer un budget pour un placement en EHPAD, avec les aides possibles.

Éviter les décisions dans l’urgence

Lorsque la perte d’autonomie de la personne s’aggrave brutalement, les choix deviennent plus difficiles. Préparer en amont permet de préserver la qualité de vie de la personne âgée et de ses proches et d’organiser un transfert en douceur vers un établissement.

S’entourer des bons interlocuteurs

Décider d’un placement en EHPAD est une décision émotionnellement difficile. Il est important de prendre l’avis des membres de la famille, des équipes médicales, et de se faire accompagner par des travailleurs sociaux pour faire ce choix, et trouver le meilleur établissement possible.

FAQ — Questions clés sur le GIR 3

Qu’est-ce que le GIR 3 exactement ?

Le GIR 3 correspond à une dépendance modérée nécessitant une aide quotidienne une partie de la journée.

Quel est le montant de l’APA pour un GIR 3 ?

Ce montant dépend des revenus mensuels de la personne.

Peut-on rester à domicile avec un GIR 3 ?

Oui, si l’aide est suffisante et bien organisée. Mais le maintien à domicile reste fragile.

À partir de quand un EHPAD devient-il préférable en GIR 3 ?

Lorsque la sécurité n’est plus garantie ou que l’entourage est épuisé.

Quelle différence entre GIR 3 et GIR 4 ?

Le GIR 3 implique une aide quotidienne plus lourde que le GIR 4, avec une perte d’autonomie plus marquée.

Le GIR 3 peut-il évoluer avec le temps ?

Oui. Une réévaluation est possible et le GIR peut évoluer selon l’état de la personne âgée.