L’aggravation des troubles liés à la maladie d’Alzheimer chez votre parent a conduit la direction de son EHPAD à suggérer un transfert dans une unité d’hébergement renforcée. Cela vous inquiète car, derrière la notion d’UHR, les familles ont souvent peur de trouver une unité fermée voire une mise à l’écart de leur proche. En réalité, il s’agit d’un hébergement pensé pour protéger, calmer, et mieux accompagner une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cet article vous dévoile tout ce qu’il faut connaître sur l’UHR.

UHR en EHPAD : définition simple 

Une UHR est une structure spécialement conçue pour la prise en charge des personnes âgées souffrant de troubles cognitifs et comportementaux importants.

L’unité d’hébergement renforcée, la structure dédiée aux seniors Alzheimer

Une unité d’hébergement renforcée (UHR) est un espace spécialisé, intégré à un EHPAD, conçu pour accueillir des résidents atteints de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Cette structure est réservée aux personnes présentant des troubles sévères du comportement

L’unité ne peut accueillir qu’un nombre limité de personnes, entre 10 et 20 en général. Elle est aménagée pour limiter les risques (fugue, chutes, stress) et pour offrir un accompagnement plus intensif et plus continu des patients, notamment sur les moments « sensibles » de la journée. 

Les principales caractéristiques d’une UHR

Une UHR se caractérise en particulier par : 

  • Un environnement sécurisé et où il est aisé de se repérer : espaces protégés, circulation guidée, espaces bien reconnaissables… ;
  • Une équipe soignante renforcée par rapport à un établissement classique, formée à la prise en charge des troubles du comportement, et plus disponible au quotidien ;
  • Des soins et des activités thérapeutiques spécifiques pour aider les résidents à freiner l’avancée de leur maladie et à trouver un certain équilibre dans leur vie quotidienne. 
Senior en UHR

Ce qui distingue l’UHR d’un EHPAD classique

Dans un établissement classique, l’objectif est d’accompagner les personnes âgées dépendantes dans leurs tâches de tous les jours (toilette, repas, promenades…) en leur rendant la vie plus simple et en leur offrant des moments de socialisation. Mais l’organisation des EHPAD ne permet pas toujours de gérer des manifestations violentes et des crises d’anxiété.

En UHR, l’architecture, le personnel tout comme l’organisation des journées et les activités proposées sont davantage centrés sur les troubles du comportement.

À retenir

L’UHR propose un accompagnement adapté et un environnement sécurisé pour les personnes âgées souffrant de troubles du comportement sévères liés à Alzheimer.

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Pourquoi certaines personnes atteintes d’Alzheimer sont orientées en UHR 

Toutes les personnes âgées atteintes d’Alzheimer ne sont pas hébergées en UHR. Le profil des résidents est tributaire de plusieurs caractéristiques bien identifiables.

L’UHR, un hébergement adapté à des profils bien spécifiques

L’orientation vers une unité d’hébergement renforcée est évoquée lorsque les troubles du comportement d’une personne atteinte d’une dégénérescence cognitive deviennent trop envahissants ou trop risqués dans un EHPAD classique.

Les symptômes pouvant susciter un placement en UHR sont, par exemple : une déambulation permanente, des tentatives de fugues répétées, des moments d’agressivité de la personne contre elle-même ou contre des tiers, une forte confusion, des crises d’angoisse intenses, des cris, un refus de soins avec mise en danger, etc.

Ainsi, une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé, devenue fortement dépendante, mais ne présentant pas ce type de troubles, ne sera pas orientée vers une UHR. Il en va de même pour les formes légères de la maladie, gérables dans un EHPAD classique.

Les personnes accueillies en UHR présentent à la fois : 

  • Des troubles cognitifs importants,
  • Des troubles du comportement fréquents, sévères, imprévisibles,
  • Qui nécessitent absolument un environnement plus sécurisant et un suivi 24 h/24.

Les objectifs concrets de la prise en charge en UHR 

L’UHR n’a pas vocation à enfermer, mais bien plutôt d’offrir un cadre adapté aux malades pour leur permettre : 

  • De mieux les protéger ;
  • De voir les situations de crise diminuer en quantité comme en intensité ;
  • De maintenir une qualité de vie plus stable, avec moins de stress et plus de repères ;
  • De réduire le recours aux contentions et de limiter l’escalade médicamenteuse en s’appuyant sur un cadre thérapeutique et des activités et des soins adaptés. 

Bon à savoir 

L’admission et l’orientation en UHR se font sur avis médical (souvent via le médecin coordonnateur de l’établissement, en lien avec le médecin traitant), en recherchant autant que possible le consentement de la personne. 

Comment fonctionne une UHR en EHPAD au quotidien 

Les spécificités d’une UHR se retrouvent à la fois dans l’organisation des journées des résidents et dans la qualité du personnel encadrant.

L’environnement et l’organisation de l’unité 

En pratique, une UHR accueille un nombre limité de résidents, pour permettre un accompagnement humain en permanence. On compte en moyenne 14 résidents par UHR en France. Ils ne sont jamais plus de 20 dans un établissement.

L’espace est élaboré pour rassurer les personnes âgées et leur garantir un environnement sûr et bienveillant : circuits de circulation simples et facilement identifiables, nombreux repères visuels, accès sécurisés… 

L’objectif est de faciliter le quotidien des patients tout en les protégeant. Ainsi, les UHR présentent :

  • Des repères fixes, bien visibles, faciles à décrypter : les zones (couloirs, espaces communs, restauration, etc.) sont dotées, chacune, d’une couleur différente ; l’organisation de la journée repose sur des rituels précis (lever, toilette, activités, restauration…) généralement pratiqués aux mêmes horaires ;
  • Un cadre architectural et décoratif pensé pour réduire les éléments déclencheurs de stress et d’agitation : bruit, attente, lumières vives, stimulations trop fortes ;
  • Une organisation de la journée qui prend en compte les moments à risque de crise (fin d’après-midi, toilette, coucher).

L’équipe qui accompagne les résidents 

En UHR, l’équipe de soignants est pluridisciplinaire : aides-soignants, infirmiers, psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens, kinésithérapeutes, etc. selon les structures. Elle est encadrée et coordonnée par le médecin coordonnateur de l’établissement. Celui-ci évalue régulièrement l’état de santé des résidents et l’évolution de leur maladie.

Tout le personnel de l’équipe a été formé à la prise en charge des personnes atteintes de troubles comportementaux et neurodégénératifs. Au-delà de gestes techniques, le travail des soignants et des encadrants est en effet très relationnel. Il est en effet nécessaire, pour chaque patient :

  • D’observer ce qui déclenche leurs crises ;
  • D’ajuster l’approche par des mots simples, des gestes doux, un rythme lent ou toute autre méthode qui convient à la personne ;
  • De soigner et sécuriser les résidents sans les infantiliser.
Membre de l'équipe médicale en UHR qui s'occupe des seniors

Quelles activités et prises en charge en UHR ?

Si l’unité UHR garantit normalement la sécurité de ses résidents, elle ne se résume pas à ce rôle. Elle vise principalement le maintien des fonctions physiques et cognitives des personnes âgées.

Activités et pratiques de stimulations : des soins primordiaux

Soins comme activités reposent essentiellement sur des approches non médicamenteuses, intégrées au quotidien. Chaque résident bénéficie d’une panoplie d’activités dont le seul but est de l’aider à renforcer ses capacités. Par exemple :

  • Stimulation sensorielle (toucher, textures des aliments, odeurs, musique, lumière douce) ;
  • Activités motrices simples (marche encadrée, ballon, étirements, gymnastique douce) ;
  • Ateliers de gestes du quotidien (plier, trier, mettre la table…) ;
  • Médiation animale, jardin thérapeutique, cuisine thérapeutique…

La routine au cœur de l’accompagnement des résidents

Le rôle des routines en unité d’hébergement renforcée est central :

  • Le lever est progressif et respectueux du rythme de chacun.
  • La toilette, les repas et les temps calmes sont organisés à des horaires réguliers.
  • Des activités adaptées ponctuent la journée.
  • Le dîner est léger, suivi du temps du coucher.

Ces repères quotidiens rassurent les résidents et contribuent à réduire leur anxiété. En conséquence, ils sont un excellent moyen de prévenir des crises liées à des troubles du comportement.

UHR, PASA, unité classique en EHPAD : quelles différences ?

La multiplication de types de structures pouvant prendre en charge des personnes Alzheimer suscite la confusion dans de nombreuses familles : PASA, UHR, unité Alzheimer classique… Voici en résumé ce qui caractérise ces différents établissements.

UHRPASAUNITÉ CLASSIQUE
Profil des résidentsAlzheimer ou apparenté avec des troubles du comportement sévèresAlzheimer ou apparenté avec des troubles modérésPersonne âgée dépendante, dont Alzheimer avec des troubles légers voire modérés
Objectif de l’établissementSécuriser, permettre une qualité de vie apaisée, stabiliser les pertes de capacités cognitivesStimuler les capacités cognitives et physiques, ralentir les pertes liées à la maladie, renforcer le lien socialAccompagner la dépendance, permettre une bonne qualité de vie, vie sociale
Type d’accompagnementPrise en charge renforcée et permanente, équipe pluridisciplinaire nombreuse, environnement sécurisé, activités mémorielles, cognitives et socialesPrise en charge de jour uniquement, accompagnement thérapeutique, activités collectivesAccompagnement de la dépendance aux moments difficiles (lever/coucher, toilette, repas), activités cognitives et sociales
Niveau de sécurisationUnité très sécurisée : accès contrôlés, surveillance constante, prise en charge de la violence par un personnel forméPas de mesures de sécurité importantesSécurisation modérée : les résidents peuvent aller et venir, mais doivent avoir une permission pour sortir.
Activités proposéesActivités intégrées au quotidien (stimulations sensorielles…), activités et animations collectives : travail sur la mémoire, les fonctions cognitives, gymnastique douce…Ateliers thérapeutiques collectifs centrés sur la mémoire et les fonctions cognitives, certaines animations type yogaActivités collectives selon la nature de la dépendance : capacités cognitives, physiques, détente…

Il existe également des USLD (unités de soins de longue durée). Il s’agit d’un dispositif hospitalier, très médicalisé, pour des états de santé lourds et instables. Il n’est pas centré sur la maladie d’Alzheimer, mais sur des pathologies très invalidantes.

Ce que l’UHR change concrètement pour le malade Alzheimer et sa famille 

L’UHR offre de réels bénéfices aux patients atteints de troubles sévères du comportement et à leur famille.

Les bénéfices des UHR pour les malades et leurs familles

Pour le résident, l’UHR permet globalement une vie quotidienne moins anxiogène et plus confortable :

  • Moins de crises liées à la peur et à la désorientation ;
  • Moins de risques de chutes et d’errance dangereuse ;
  • Un accompagnement bienveillant et adapté à sa condition.

Pour la famille, l’UHR change aussi la relation :

  • Vous retrouvez votre proche plus apaisé lors de vos visites ; 
  • Vous comprenez mieux ses troubles et la manière de les prendre en charge, car l’équipe vous explique les déclencheurs et les stratégies qui marchent ;
  • Vous êtes associé au projet de vie et pouvez aider votre parent de manière efficace.

Ce que l’UHR ne garantit pas 

La maladie d’Alzheimer est incurable, et évolutive. Ainsi, malgré une prise en charge renforcée et parfaitement adaptée, l’UHR : 

  • Ne guérit pas les malades ;
  • Ne supprime pas les troubles cognitifs ni les épisodes d’agitation, mais permet de mieux les gérer.

FAQ 

Une UHR est-elle une unité fermée ?

Souvent, c’est une unité sécurisée avec accès contrôlé pour éviter les fugues et accidents. L’objectif est la protection et l’apaisement, pas l’isolement ni l’enfermement.

Combien de temps un résident reste-t-il en UHR ?

Cela dépend de l’évolution des troubles et du projet de soins. Certains y restent durablement, voire jusqu’à la fin de vie, d’autres peuvent être réorientés si leur état se stabilise ou, au contraire, se dégrade.

Peut-on refuser une orientation en UHR ?

Vous pouvez discuter de la proposition, demander des explications et un second avis. En pratique, l’équipe cherche le consentement et construit la décision avec la famille. Toutefois, en général, il est judicieux de faire confiance aux avis des praticiens.

L’UHR coûte-t-elle plus cher ?

En général, oui par rapport à une unité classique d’EHPAD, du fait d’un encadrement renforcé. Le tarif dépendance et certains services de l’hébergement peuvent varier selon les établissements et le statut (public/privé). Demandez un devis détaillé et vérifiez ce qui est inclus.

L’UHR est-elle réservée aux stades sévères d’Alzheimer ?

Elle vise surtout les troubles du comportement sévères, pas uniquement un « stade ». Une personne peut être très désorientée, mais calme, et ne pas relever d’une UHR.

Peut-on revenir en unité classique après une UHR ?

Oui, c’est parfois possible si les troubles diminuent et si l’unité classique peut assurer la sécurité de la personne âgée. Cela se décide au cas par cas avec l’équipe.