Depuis que vous avez installé votre mère en UVP, vous vous demandez souvent comment se passent ses journées. Est-elle heureuse, s’occupe-t-on bien d’elle ? Derrière les portes d’une unité de vie protégée Alzheimer en EHPAD, le quotidien reste pourtant mal connu : à quoi ressemble une journée en UVP ? 

Cet article vous invite à suivre le quotidien d’une personne âgée en UVP, depuis son réveil jusqu’à la nuit.

Qu’est-ce qu’une UVP et comment fonctionne-t-elle au quotidien ?

L’unité de vie protégée dépend d’un EHPAD. Elle accueille les personnes dépendantes souffrant de troubles du comportement.

UVP : définition simple et rôle clé pour Alzheimer avancé

Une UVP est un espace au sein d’un EHPAD Alzheimer. Elle reçoit des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies similaires, dont les troubles sont trop importants pour être accompagnées dans un EHPAD classique.

L’UVP est une petite unité de 10 à 20 chambres, avec salon, salle à manger et parfois un jardin clos. Les espaces sont aménagés pour faciliter l’orientation : couleurs contrastées, repères visuels, photos, signalétique simple. 

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Senior au sein d'une UVP

Unité sécurisée : portes, jardin protégé, surveillance continue 

Dans une unité protégée Alzheimer, locaux, environnement comme encadrement humain, sont conçus pour assurer la sécurité des résidents : 

  • Des accès sécurisés : portes à badges et à digicodes, y compris pour accéder à certains espaces intérieurs,
  • L’accès à un jardin protégé permettant une déambulation encadrée,
  • Un mobilier adapté, des repères très visibles (couleurs des couloirs, signalisation intuitive),
  • Une surveillance continue effectuée par un personnel nombreux,
  • Des éclairages doux limitant les ombres anxiogènes pour des personnes souvent inquiètes.

Cet environnement sécurisé ne vise pas seulement à enfermer, mais à favoriser l’orientation et à limiter les risques liés aux troubles du comportement sévères : agitation, errance, agressivité… 

Organisation : personnel dédié, repères fixes, rythme structuré

Le fonctionnement d’un UVP repose sur un projet de soins et un projet de vie personnalisés. Le médecin coordonnateur, en lien avec le médecin traitant, les infirmiers, les aides-soignants, les psychologues et parfois l’ergothérapeute, construit pour chaque personne âgée un accompagnement sur mesure dans les semaines qui suivent son admission.

L’accompagnement des résidents comprend :

  • Un personnel nombreux (deux fois plus de soignants qu’en EHPAD classique environ), formé à la prise en charge des troubles liés à la maladie, présent à chaque moment de la journée des résidents,
  • L’introduction de repères fixes afin d’aider des personnes désorientées. Repères temporels, avec des temps de journée bien structurés et récurrents. Repères humains, une personne étant en général suivie par les mêmes soignants. Repères visuels aidant à la circulation dans l’établissement.

UVP, un lieu pensé pour rassurer et sécuriser

Une UVP est avant tout un endroit cherchant à concilier deux objectifs : protéger sans enfermer, rassurer sans infantiliser. Repères stables, visages familiers, rituels répétés et activités de soins adaptés aident les résidents atteints d’Alzheimer à se sentir en confiance, malgré la progression de leur maladie.

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Le matin des résidents en UVP : un réveil progressif et accompagné

C’est le premier temps de la journée, et l’un des plus importants. Le lever est le moment où le personnel peut jauger de l’humeur de chaque patient, de sa forme et de son état cognitif.

Le lever selon le rythme de chaque résident

En unité de vie protégée, le matin ne commence pas pour tout le monde à la même heure. L’équipe respecte autant que possible le rythme de chaque résident : certains se réveillent tôt, d’autres plus tard. Les soignants entrent doucement dans la chambre, se présentent, rappellent le lieu et le moment de la journée pour aider à l’orientation temporelle et spatiale.

Pour une personne âgée très désorientée, ce simple rappel (« Nous sommes le matin, dans votre chambre, en UVP ») est une première prise en charge des troubles cognitifs. En cas de troubles du comportement sévères au réveil (anxiété, cris), l’équipe prend le temps de rassurer, de parler doucement, parfois de mettre une musique connue.

Toilette adaptée : aide partielle ou complète

En UVP, la toilette est un moment clé : le personnel assure l’hygiène, mais aussi la surveillance de l’état général et des troubles de comportement. Les aides-soignants proposent une toilette adaptée :

  • Aide partielle pour les troubles modérés,
  • Aide complète pour les résidents atteints de maladie Alzheimer plus dépendants,
  • Respect de l’intimité et des habitudes (eau tiède, serviette préférée, parfum discret…).

Le petit-déjeuner en UVP : dans la salle commune ou en chambre

Le petit-déjeuner se déroule le plus souvent dans la salle commune de l’unité d’hébergement, parfois en chambre pour les personnes très fatigables ou trop dépendantes. 

La vie dans l’unité s’organise autour de ce moment convivial : table dressée, odeur du café, tartines, fruits. Les soignants encouragent chaque résident à faire ce qu’il peut encore faire lui-même pour maintenir l’autonomie : tenir le bol, tartiner le pain, choisir sa boisson.

Premier point de surveillance médicale

Les activités matinales de soins et de toilette permettent de repérer une douleur, une rougeur, une modification du comportement, qui peuvent signaler une infection, une chute passée inaperçue ou encore une détérioration de l’état cognitif du résident. Le fonctionnement de l’établissement prévoit un lien étroit avec l’équipe médicale pour ajuster rapidement la prise en charge.

Comment se passe la toilette pour un résident désorienté ?

Pour les personnes très dépendantes, les aides-soignantes en UVP pratiquent la toilette au lit : chaque partie du corps fait l’objet d’un lavage complet. À la fin, la personne est mise sur le côté pour la toilette du dos. Dans certaines UVP, il est possible de pratiquer une douche au lit.

Les personnes moins dépendantes sont guidées vers le lavabo et aidées pour faire elles-mêmes leur toilette, en respectant leur pudeur. Elles conservent ainsi la maîtrise sur leur rituel d’hygiène. Si la personne âgée est autonome physiquement, elle peut être assistée pour prendre une douche avec l’aide du personnel soignant.

Les activités du matin en UVP : stimulation, repères et autonomie

Les heures du matin avant le déjeuner sont consacrées à des activités destinées à stimuler les fonctions cognitives et physiques des résidents.

Ateliers sensoriels, mémoire, mobilité douce

Après le petit-déjeuner et la toilette, les personnes âgées prennent un petit temps de repos. En seconde partie de matinée, elles sont conviées à participer à des activités à but thérapeutique qui peuvent varier d’un jour à l’autre :

  • Pour freiner l’avancée des troubles cognitifs, en particulier les pertes de mémoire : ateliers mémoire, jeux de société, lecture du journal éventuellement aidée, pour les lecteurs, incitation à prendre un livre ;
  • Pour stimuler l’ensemble de leurs capacités physiques, sensorielles et intellectuelles : ateliers cuisine, couture, tricot, art-thérapie ;
  • Pour leur permettre d’entretenir leur forme physique : mobilité douce, yoga.

Il s’agit d’activités thérapeutiques, faisant partie intégrante du programme de soins adaptés pour les résidents atteints de la maladie d’Alzheimer.

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Déambulation encadrée dans un espace sécurisé

En unité Alzheimer comme partout, les personnes âgées autonomes ont besoin de marcher, de déambuler. Dans une unité de vie protégée, l’architecture est conçue pour cela : couloirs en boucle, accès direct au jardin protégé, absence d’impasses angoissantes. 

L’équipe soignante organise et accompagne des sessions de déambulation, en veillant à la sécurité des personnes âgées. Ce moment peut être l’occasion de conversations entre les aides-soignantes et leurs patients. 

Objectif : apaiser et structurer la journée

Cette approche a pour but de gérer les troubles de comportement modérés ou plus sévères sans contrainte physique, dans un environnement sécurisé. La pratique matinale de ces activités permet de : 

  • Canaliser l’agitation des personnes âgées, reposées après leur nuit, 
  • Favoriser chez elles l’estime de soi, en leur montrant qu’elles ont encore beaucoup de capacités,
  • Donner des repères temporels clairs, qui participent à l’organisation de la journée.

Les activités en unité de vie protégée en résumé

ACTIVITÉOBJECTIFBÉNÉFICE POUR ALZHEIMER SÉVÈRE
Pliage et rangement du lingeEntretenir la mémoire court termeEstime de soi, maîtrise d’une activité personnelle, repère dans le temps et l’espace, diminuer l’angoisse liée à la perte de repères
Atelier écriture et/ou narration (les seniors racontent des éléments de leur vie)Entretenir la mémoire moyen/long termeMémoire, émotions positives
Jeux de réflexion (Scrabble, Pictionary, cartes, échecs…)Entretenir les capacités cognitives, le raisonnementSocialisation, freiner la perte des capacités de raisonnement
Ateliers artistiques : poterie, peinture, dessin, collageMotricité fine, suivre des indications et les concrétiser avec des gestesEntretenir la connexion corps, capacités cognitives, ouvrir l’imaginationSocialisation
Ateliers chant, musiqueSavoir mémoriser des paroles, des musiques, se coordonner avec d’autres seniorsMémoire, socialisation, émotions positives
Danse, yoga, gymnastique douceRenforcer la mobilité et la forme physiqueFaciliter les actions en autonomie, lutter contre la dépendance
Jardinage, bricolageSavoir effectuer des tâches précises, utiliser son corps et son cerveauSatisfaction de « faire » quelque chose d’utile, freiner la perte de connexion entre corps et fonctions cognitives, réduire l’agitation et favoriser le sommeil la nuit.
Ateliers cuisineStimuler la mémoire sensorielleRaviver des souvenirs positifs et favoriser l’appétit, satisfaction de faire quelque chose d’utile, socialisation

Le déjeuner en UVP Alzheimer : un moment clé de sociabilité

Vers midi, les résidents atteints de maladie d’Alzheimer se retrouvent en salle à manger. Le repas est un temps fort du quotidien dans une UVP.

Repas adaptés : textures modifiées, alimentation surveillée

Les menus sont simples et élaborés pour correspondre aux goûts des seniors. Dans de nombreux établissements d’hébergement, la personne peut choisir entre plusieurs plats.

La maladie d’Alzheimer, associée aux effets du vieillissement, peut provoquer des problèmes de déglutition. L’alimentation proposée aux résidents est adaptée pour éviter les fausses-routes. Ainsi, les textures des plats sont modifiées : hachés, mixés, nombre d’aliments sont proposés sous des formes faciles à avaler.

Les liquides peuvent être épaissis pour rendre plus aisée leur absorption.

Accompagnement par le personnel en cas de troubles

Pendant le repas, les soignants surveillent attentivement les apports alimentaires de chaque résident, son hydratation, le rythme de prise des aliments. Ils aident ceux qui en ont besoin, sans aller trop vite, pour respecter le plaisir de manger

Le déjeuner permet aussi de repérer une baisse d’appétit qui peut être un signe de dépression ou d’aggravation de la maladie.

Les aides-soignantes interviennent également lorsque s’expriment des troubles du comportement ; refus de manger, cris, agressivité verbale envers le voisin.

Après-repas : temps calme indispensable

Après le repas, un temps calme est proposé : fauteuil relax dans le salon, musique douce, parfois sieste en chambre. Cette alternance activités/repos est indispensable pour limiter l’agitation de l’après-midi.

Après-midi : gestion des fluctuations et accompagnement personnalisé

Longue plage horaire de la fin du déjeuner à l’avant-soirée, propice aux agitations vespérales, l’après-midi peut être une épreuve pour les personnes atteintes d’Alzheimer. C’est pourquoi une partie de l’accompagnement en UVP se concentre sur l’apaisement des résidents.

Agitation de mi-journée : prise en charge et apaisement

L’après-midi est une période délicate pour les résidents Alzheimer. Après une pause postprandiale, les personnes âgées sont souvent en proie au « syndrome du coucher du soleil » : une augmentation de l’agitation, de l’angoisse, de la déambulation pouvant conduire à des troubles du comportement sévères.

C’est pourquoi, après un temps calme ou une sieste succédant au déjeuner, la seconde partie de l’après-midi connaît un accompagnement renforcé.

Les soignants peuvent inciter les résidents, après leur sieste, à pratiquer des activités calmes, mais engageantes : tri d’objets, écoute de musique, contempler des photos personnelles,…

Le personnel accompagne les patients avec des paroles douces, un toucher rassurant, afin de limiter leur agitation.

Activités adaptées : musique, jardin protégé, ateliers mémoire

En milieu d’après-midi, les résidents sont conviés à participer à des activités à but thérapeutique :

  • Promenade dans le jardin sécurisé,
  • Séances de musique ou de chant,
  • Ateliers artistiques,
  • Ateliers mémoire,
  • Temps en petit groupe pour raconter des souvenirs…

Rééducation ou séances d’expression émotionnelle (selon structures)

L’après-midi est également le temps où les UVP proposent à leurs résidents atteints d’Alzheimer des activités de stimulation :

  • Physique : des séances de rééducation pour les personnes présentant des difficultés de mobilité,
  • Sensorielle : certains hébergements mettent en place des séances d’expression émotionnelle, comme la musicothérapie ou l’art-thérapie qui participent à l’amélioration du bien-être psychologique ainsi qu’à une stimulation cognitive et neurologique.

Pourquoi l’après-midi est une période fragile pour les résidents d’UVP

Fatigue, lumière qui baisse, inoccupation : autant de facteurs qui peuvent favoriser les troubles du comportement. L’un des symptômes de la maladie d’Alzheimer est un surcroît d’agitation lorsque le jour commence à décliner. Une bonne prise en charge Alzheimer UVP repose donc sur l’anticipation : adapter le programme d’activités et renforcer la présence soignante.

Fin de journée et soirée : retour au calme, rituels et sécurité

La fin de journée est consacrée à préparer les résidents à une nuit la plus calme possible.

Préparation au coucher : repères et routine indispensable

En fin de journée, un dîner plus léger est servi. L’équipe de soignants veille à garder les mêmes repères jour après jour pour chaque résident : horaires fixes, même salle, éventuellement même table, tout ce qui peut conduire la personne au sentiment d’un environnement sécurisé

Puis viennent les rituels du soir : passage aux toilettes, brossage de dents, toilette du soir, mise en pyjama, installation en chambre avec un objet personnel et rassurant (photo, coussin, veilleuse…).

Surveillance nocturne renforcée (déambulation, angoisse)

L’hébergement en unité de vie protégée étant réservé aux personnes présentant des atteintes moyennes à sévères de maladies du type Alzheimer, il est naturel que les nuits soient rarement tranquilles. Certains résidents se lèvent, ouvrent les placards, tentent de sortir, appellent un proche disparu, en pleine désorientation nocturne.  

C’est pourquoi dans les UVP, le personnel de garde effectue des rondes régulières, surveille les systèmes d’alarme des portes et rassure les personnes en difficulté.

Quelle gestion des troubles du sommeil en unité Alzheimer ?

L’accompagnement des patients en UVP est personnalisé. À chaque résident, son projet de vie sur mesure. Si l’un d’entre eux présente des troubles du sommeil importants (déambulations, réveils angoissés avec cris, etc.), c’est sur l’ensemble de la journée qu’il est possible d’agir. 

  • Proposer plus d’exercices physiques si cela est possible, pour induire une fatigue plus intense en fin de journée,
  • Réduire la durée des siestes,
  • Augmenter la lumière naturelle (plus de sorties dans le jardin, voire à l’extérieur),
  • Effectuer des séances de luminothérapie.

Ce n’est qu’en dernière intention, lorsque tous ces ajustements n’ont pas abouti à un résultat concluant qu’il peut être envisagé de recourir à une aide médicamenteuse à base de psychotropes, sous la supervision du médecin.

Aide soignante qui aide une senior à lutter contre les troubles du sommeil avec des sorties en extérieur

Vie sociale, interactions, moments difficiles : la réalité du quotidien

Si tout est pensé en UVP pour offrir aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer un cadre rassurant, propice à leur bien-être, la vie quotidienne d’un établissement est ponctuée de moments difficiles, de situations de crises, mais également d’échanges fructueux, de rencontres, de joies.

Interactions entre résidents : entraide ou tensions

Dans une unité Alzheimer, certains résidents s’entraident spontanément, appréciant leurs présences mutuelles. On les voit se tenir la main, se porter des affaires, participer ensemble aux mêmes activités, se sourire, discuter…

Mais il peut y avoir des moments où d’autres résidents ou ces mêmes personnes, en phase de troubles sévères liées à leur maladie, peuvent devenir agressifs, crier sur leurs « amis », faire des scènes ou se replier en refusant tout contact. 

Ces troubles sont directement liés à l’atteinte du cerveau par la maladie d’Alzheimer ou des maladies apparentées. Ils nécessitent une attention constante et des modes de résolution rapides de la part du personnel soignant.

Comportements liés à la maladie : cris, refus, repli…

Selon la gravité de leur état et le degré d’avancement de la maladie, certains résidents sont plus à même que d’autres de faire des crises qui mobilisent le personnel et sont susceptibles de déstabiliser les autres patients. Chaque moment d’une journée peut ainsi générer des blocages

  • Refus de se lever, de faire sa toilette,
  • Refus de manger, de s’asseoir ou d’ouvrir la bouche lorsque c’est un aide-soignant qui accompagne la personne dans son repas,
  • Agression physique d’un autre résident,
  • Chute,
  • Tentative de fugue,
  • Hurlements,
  • Pleurs.

Comment le personnel de l’UVP gère ces situations

Face à ces problèmes quotidiens, le personnel soignant est formé et sait intervenir rapidement, de manière douce, pour débloquer une situation compliquée. 

En général, les soignants cherchent à ne pas utiliser la force, en raisonnant avec la personne, avec des explications apaisantes et des questions centrées sur le bien-être du patient. Le recours à la contention n’est acté que lorsqu’ils ne parviennent pas à dénouer la crise.

Les situations que les familles ne voient pas toujours

Les soignants portent souvent une charge émotionnelle importante. Ils accompagnent des seniors très perturbés, gèrent des situations compliquées, voire parfois dangereuses, et doivent répondre aux inquiétudes des familles.

Le rôle crucial du personnel en UVP

Une unité de vie protégée repose principalement sur deux points forts : une architecture permettant la sécurisation et la réassurance des personnes âgées Alzheimer, et un personnel les soutenant au quotidien.

Ratio soignants / résidents

Dans une unité de vie protégée pour Alzheimer, le personnel est plus nombreux que dans un établissement pour personnes âgées classiques. On y compte ainsi près de 0,8 soignant par résident.

Parmi les soignants se trouvent de nombreuses spécialités : aides-soignants, infirmiers, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, médecin gériatre… sous la responsabilité du médecin coordonnateur.

Interventions non-stop : surveillance, soins, apaisement

S’occuper de personnes âgées atteintes de troubles du comportement nécessite une surveillance constante. Il faut toujours plusieurs soignants pour vérifier que les seniors sont tous présents, les faire manger, s’occuper avec eux des actes de la vie quotidienne.

De même, une crise mobilise généralement plusieurs personnes pour parvenir à une résolution rapide.

Enfin, les équipes de garde de nuit, allégées, sont également tenues de vérifier régulièrement la présence effective des résidents dans leur chambre et leur état de santé.

Travail émotionnel et relationnel

C’est l’équipe soignante qui met en œuvre le projet de vie personnalisé élaboré pour chaque résident : heure du réveil et du coucher, prise des repas, type d’activités, aliments, temps libre, tout y est détaillé. Elle peut modifier ces consignes au gré de la situation du patient.

La mobilisation permanente des soignants n’est pas que physique : au-delà des seuls actes de soins et d’accompagnement technique, ils font un travail émotionnel et relationnel intense, en restant bienveillants.

En résumé : la journée type d’un résident en UVP

Cinq points clés 

  • Les soins du matin : lever, toilette, habillage, petit-déjeuner
  • Les activités matinales : ateliers, animations et jeux pour stimuler la mémoire et structurer la journée
  • Le repas de midi en salle de restauration, accompagné pour certains, avec des aliments évitant les fausses routes 
  • L’après-midi : sieste ou temps calme, puis activité à but thérapeutique
  • Soir : dîner léger, rituel du coucher, surveillance de nuit.

Mini-checklist pour préparer une visite ou une admission en unité Alzheimer

Avant de choisir une unité d’hébergement Alzheimer :

  • Demandez comment se déroule concrètement une journée UVP (horaires, activités, gestion des crises).
  • Renseignez-vous sur l’évaluation GIR EHPAD qui détermine le niveau de dépendance et certaines aides financières.
  • Faites également évaluer l’état psycho-cognitif de votre proche, et la gravité des troubles du comportement.
  • Si vous êtes concerné, vérifiez les aides pour maison de retraite avec de faibles ressources : ASH, APA, APL… 
  • Si vous vous heurtez à un refus d’entrée Alzheimer en UVP, élaborez avec votre famille une stratégie pour préparer votre proche à cette possibilité. 

FAQ

Comment se passe une journée en UVP ?

Une journée en UVP alterne réveil accompagné, toilette, repas adaptés, activités thérapeutiques et temps calmes, dans un environnement sécurisé. Le rythme est structuré, mais suffisamment souple pour respecter les capacités de chaque résident.

Quels types d’activités sont proposés en UVP ?

On y propose des ateliers mémoire, musique, cuisine, jardinage, gymnastique douce.

Y a-t-il plus de personnel en UVP qu’en EHPAD classique ?

Oui, en principe le ratio soignants/résidents est renforcé en unité de vie protégée, car les résidents atteints de maladie Alzheimer ont besoin de plus de surveillance, d’aide aux gestes quotidiens et de temps relationnel.

Comment les troubles du comportement sont-ils gérés ?

Les équipes utilisent d’abord l’observation, la parole rassurante, dans un environnement sécurisé stimulant, ainsi que des activités thérapeutiques pour apaiser. Les traitements médicamenteux ne viennent qu’en complément, sur prescription médicale, lorsque c’est nécessaire.

Les résidents d’UVP sortent-ils à l’extérieur ?

Oui, la plupart des UVP disposent d’un jardin protégé ou d’une terrasse sécurisée. 

Quelle différence entre UVP et unité Alzheimer classique ?

Une unité Alzheimer n’est pas toujours aussi sécurisée qu’une UVP. L’UVP accueille généralement des personnes plus désorientées ou à risque de fugue.

Qui décide d’une admission en UVP ?

La décision est prise par l’EHPAD Alzheimer, sur avis du médecin coordonnateur et du médecin traitant, après évaluation des troubles cognitifs et du comportement. 

Les repas sont-ils adaptés aux troubles Alzheimer ?

Oui, les repas en UVP sont surveillés et adaptés : textures modifiées, aide à la prise alimentaire, contrôle des boissons.

Comment se passent les nuits en UVP ?

La nuit, le personnel effectue des rondes régulières, répond aux appels, accompagne les levers nocturnes et veille à la sécurité des résidents atteints qui déambulent ou font des cauchemars. 

La famille peut-elle participer à certaines activités ?

Dans beaucoup de UVP, les familles peuvent participer à certaines activités (fêtes, goûters, ateliers), après accord de l’équipe.